Le féminisme sera pour toutes et tous ou ne sera pas.- pourquoi c'est si compliqué?

Publié le 29 Octobre 2013

Ce billet n'a pas seulement vocation à défendre mon chéri chroniqueur, qui s'est fait attaquer récemment sur Twitter.

LECON NUMERO 1

En fait, je commence presque à comprendre ceux qui n'aiment pas le féminisme et les féministes.

Ils ont tort, car, et je vais encore me répéter mille pardons, le féminisme c'est vouloir l'égalité des sexes (pas le fait d'être identique, non, mais les mêmes droits).

Par contre, on observe une multitude de concepts plus ou moins flous qui fragmentent le féminisme, et le divisent en plusieurs camps.

On a le féminisme abolitionniste, qui considère que des activités comme la prostitution ou la pornographie sont par nature néfastes pour les femmes et qu'il faut les interdire.

On a le féminisme pro-sexe qui considère que tout ce qui nuit aux femmes dans ces domaines aujourd'hui n'est pas à condamner d'office mais à transformer pour que les femmes s'y retrouvent également (une pornographie attirante pour les deux sexes et des droits pour les prostituées, sachant que même si l'écransante majorité des prostituées sont des femmes, il y a aussi des hommes dans cette catégorie).

Là, on peut s'y retrouver et on peut débattre. On peut être un peu d'accord avec les deux camps selon les sujets, en plus.

Mais là où on ne s'y retrouve plus, c'est quand on parle de slut shamming, rape culture et mansplanning entre autres. Déjà, garder les termes anglais montre, en tout cas pour moi, une certaine volonté de conserver les idées féministes comme relevant d'une élite. En gros, le féminisme n'est pas généralisable, et les heureuses élues ont le droit de mettre une étiquette sur chaque discours mettant en jeu les femmes, que ce soit pour les attaquer ou pour les défendre.

Un article décrit des hommes qui prennent plus de place que les femmes dans le métro? C'est forcément macho. Un autre tente de trouver des solutiosn pour se défendre face à des tentatives du viol? C'est de l'appel au viol car on le légitime en expliquant comment réagir... Un homme veut parler de féminisme? Il se prend un TA GUEULE sur Twitter, réseau social qui me dégoute au plus haut point.

Toutes ces polémiques à deux balles discréditent totalement le féminisme. Qui n'appartient à personne.

Le féminisme sera pour toutes et tous ou ne sera pas.

Le féminisme sera pour toutes et tous ou ne sera pas.- pourquoi c'est si compliqué?

LECON NUMERO 2

Twitter? Voyons ce que permet de faire Twitter et à quel poit ce réseau social peut pervertir tout idée d'échanges.

Après, on y trouve peut-être quelques avantages, mais tant que les points ci-dessous persisteront, je continuerai de condamner ce réseau social:

1- 140 signes... 140 signes pour exprimer une idée. A bas la littérature, le journalisme, l'édito, l'essai... Vive la com et la culture du slogan totalement dénaturé et créé pour faire le buzz plus que pour partager une idée.

2 - Instantanéité... Oh génial on peut commenter Danse avec les stars sur Twitter! Ou comment plonger en plein dans l'idée d'Andy Wahrol du quart d'heure de gloire dans une vie (concept qui amena Lady Gaga à la postérité). Là, pour être lu en quelques secondes par un people à la télé, on est prêt à lécher des culs et user de superlatifs exagérés

3 - Trash ... Combien de polémiques inutiles, sans intérêt, qui nous occupent alors qu'on devrait se préoccuper d'autres sujets, juste pour une phrase sur Twitter? Ah Nadine Morano n'existerait même plus si on donnait à Twitter la place qu'il mérite en tant que réseau social dans l'actualité...

4 - Se donner un rôle. On réagit sur ce qu'on veut, on relaie ce qu'on veut, on écrit ce qu'on veut. Comme sur Facebook. Sauf que là, on n'a pas des amis mais des "abonnés" qui veulent suivre notre bonne parole et nous aduler ou nous clasher. Combien de personnes ne disent/font absolument pas la même chose sur Twitter et dans la vraie vie?

5 - Insulte publique ... C'est tellement facile. On ne prend même plus la peine de commenter un article qui ne nous plait pas directement pour que l'auteur le voit (à la base, le but est d'être lu par l'auteur de l'article). Non, on partage l'article en l'accompagnant d'une insulte bien sentie pour montrer que nous, oui NOUS, on sait de quoi on parle. Quel plaisir d'attaquer quelqu'un devant tous ses abonnés qui vont ricaner sans savoir de quoi je parle. Est-ce que je le ferais vraiment en public?

Bref, la chronique de David Courbet ci-dessous sera une bonne illustration de ce que je dénonce. Je suis assez radicale et nombreux ne seront pas d'accord, c'est normal. Mais plutôt que de me relayer sur un quelconque réseau pour faire l'intéressant en m'insultant, commentez cet article, écrivez-moi directement, en plus de 140 signes histoire de construire des arguments.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Compagnons de route, #Exutoire, #Je prends ma plume...

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