Une Italie de mafia comme ça, ça nous manque

Publié le 10 Octobre 2013

En voyant l'Italie d'aujourd'hui, le récit de la mafia fait par Robert Saviano, les pitreries de Berlusconi et ses sbires, on peut se prendre de nostalgie pour les anciennes histoires. Celles avec les méchants qui avaient de la classe.

Ou les vrais ripoux sur lesquels on ne pouvait pas tromper, et qui avaient presque de charisme à n'avoir aucun scrupule...

On entend ce discours pour les films de gangsters, avec un cinéma qui tente de rendre hommage à la génération qui avait encore des codes de conduite.

Si je suis en général sceptique quand j'entends ce type de discours, j'ai totalement ressenti cela à la lecture de Romanzo Criminale.

Résumé :

Le Libanais, le Froid, le Dandy, le Buffle, Patrizia : une belle brochette de malfrats a fait main basse sur Rome à la fin des années 1970. Pendant vingt ans, la "bande de la Magliana" mettra la capitale en coupe réglée. Loge P2, terrorisme noir, assassinats, corruption de politiciens, services secrets - rien ne lui échappe. Un roman épique passionnant sur l'une des plus puissantes organisations criminelles jamais démantelées en Italie.

Quelques extraits (piqués par ci par là sur Internet car je n'ai malheureusement pas le bouquin sous les yeux pour les sélectionner moi-même):

- Tu es une femme sur le seuil, Patrizia. Tu es là parce que tu ne sais pas quoi faire. Tu te sens prisonnière et tu voudrais te libérer. Mais la liberté est la chose la plus coûteuse qui existe au monde. Même avec tout le fric du Dandy, tu n'arriverais pas à te la payer. Tu n'en ferais rien. C'est trop difficile pour toi. Comme pour n'importe qui, d'ailleurs.

Il se pencha sur le morpion et lui murmura son nom à l'oreille. L'autre commença à trembler.
- Tu as entendu parler de moi ? lui demanda-t-il d'une voix douce.
Le Morpion hocha la tête. L'homme sourit. Délicatement, il plaça le canon sur le front du garçon et lui tira entre les yeux. Indifférent aux pleurs, aux bruits de pas, aux sirènes qui approchaient, il tourna le dos et, pointant l'arme contre cette putain de lune, hurla, avec tout le souffle qu'il avait dans le corps :
- Moi, j'étais avec le Libanais !

Bref, tout ça donne envie de voir le film, non?

Une Italie de mafia comme ça, ça nous manque

Giancarlo De Cataldo est en tout cas un historien, en plus d'être un auteur de policier-thriller. On frissonne, on apprend un tas de trucs et on resitue dans l'histoire contemporaine l'époque des années de plomb, l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades Rouges, les liens entre le banditisme, les politiques, la mafia, les terroristes politiques et les flics...

Chacun doit choisir son camp. Rares sont ceux qui se sortent indemnes de leur parcours.

Des perdants magnifiques, dans un monde où si on parvient à fuir à l'autre bout du monde, comme le plus vulgaire des fugitifs et sans le sou est une grande victoire.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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