9 - Publication de Corpus - Partie 3 Pièces détachées

Publié le 8 Novembre 2013

C'est reparti pour la dernière ligne droite!

Cette troisième partie, consacrée au puzzle qu'est le corps, explore les rapports et les émotions de tout ce qui nous constitue.

Pour la première pastille que je vous présente, les textes ont été écrits par Inès (que je présenterai plus en détails avec son autorisation) et moi-même.

Que fait-on de ses dix doigts?

Quelle est la place du petit orteil?

Voilà des questions un peu absurdes qui amènent à des paragraphes d'écrits pour donner une histoire ou une réflexion.

Pour faire quelques gros plans sur les petites choses de la vie.

Texte d'Inès:

Cliffff… la cigarette est allumée. Je dois faire attention à ce que la fumée n'aille pas directement me picoter les yeux. Je la pose sur le coin droit de mes lèvres et inspire une petite bouffée. Je dois être attentive à ce que les cendres ne tombent pas sur le clavier. Décrire nos mouvements et ce qu'ils nous inspirent, c'est un exercice bien étrange que Hélène me donne là… et forcément, quelle est la première chose que je fais devant ce défi ? M'allumer une cigarette. Ca me rappelle le livre sur la philosophie bouddhiste que j'avais lu il y a trois ans pendant l'été 2010. Il évoquait l'importance de prendre conscience de ses mouvements et des éléments extérieurs qui venaient interagir avec notre corps. Un exercice auquel je m'étais volontiers donnée pendant un certain temps jusqu'à ce je finisse par être prise par d'autres pensées. Car au final, cela revient à contrôler ses pensées, et combien j'aime les laisser vagabonder à leur propre gré. C'est ce que j'aime dans la cigarette. C'est comme une clé pour ouvrir une salle secrète dans laquelle je suis libre de penser à n'importe quoi. C'est faire une pause dans une vie bien remplie où je dois toujours anticiper. C'est le bienfait de la pause cigarette au travail. Je prends le temps de sortir pour fumer mais au final ce n'est qu'une excuse pour m'évader 3 minutes dehors, reposer mon regard et penser à autre chose qu'au planning à respecter, qu'aux clients qui râlent et aux fournisseurs qui ne respectent pas les délais.

Pourtant, la cigarette me dégoûte souvent. Je me brûle, abîme mes vêtements, je sens mauvais, je tousse, et par dessus tout elle me coupe l'appétit. Mais j'aime tout de même cette sensation de pression sur le bout de la langue lorsque j'aspire délicatement.

Quelle étrange sensation contradictoire… à la fois fumer détend et provoque du stress. C'est prendre le temps de se détendre. Mais pour fumer, on regarde sa montre pour savoir si ce n'est pas trop tôt pour s'en allumer une nouvelle, on se dit que si l'on ne fait pas attention on aura un trou dans son budget à la fin du mois, sans compter les risques que ce petit plaisir implique pour la santé.

Je ne pense à rien de particulier quand je fume. Je laisse libre court à mes pensées. Une réelle liberté rythmée par l'absorption de fumée.

Le lien n'est pas forcément évident, mais en imaginant cette partie et son agencement, entre toutes les contributions, je souhaitais ramener le sujet à "ces petites choses de la vie".

Tout comme l'a fait à sa façon Françoise Héritier dans son livre que je recommande fortement Le Sel de la vie:

« Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie. » F. H.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #Compagnons de route

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