Dino Buzzati - auteur de fables modernes

Publié le 21 Novembre 2013

San Pellegrino nous a donné une savoureuse eau pétillante, mais pas que...

Dino Buzzati est l'un de mes écrivains préférés. Ne serait-ce que pour Le Désert des Tartares, oeuvre psychologique et pleine de suspense alors que, concrètement, il ne se passe rien.

Le lire en italien est d'ailleurs un régal car le langage reste assez simple pour que toutes les nuances soient saisies.

Il choisit des thèmes toujours proches de fables, mais sans jamais basculer dans la leçon de morale.

Le temps qui passe, l'attente vaine d'un évènement qui ne viendra peut-être jamais, la paranoïa, les paradoxes liés à la nature humaine (si on se sent malade, alors on le devient de plus en plus)... Tout cela dans des histoires courtes, qui se lisent comme des contes modernes.

Dino Buzzati - auteur de fables modernes

Après avoir lu Dodici racconti (12 histoires), je confirme mon impression: Dino Buzzati parvient à nous faire voir l'absurdité de certaines situations, créées de toutes pièces par l'homme.

Quelques une de ses sentences:

Quel poids, la présence de Dieu, quand on ne la désire pas!

Le Chien qui a vu Dieu

Ainsi va la vie, notre destin n’est qu’à deux pas, semblable au grand serpent. Nous observons tout autour de nous, avec défiance, et nous ne voyons rien…

La grosse couleuvre

Le temps passait, toujours plus rapide ; son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s' arrêter même un seul instant, même pas pour jeter un coup d'oeil en arrière. " Arrête ! Arrête ! " voudrait-on crier, mais on se rend compte que c'est inutile. Tout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages ; et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entraîné dans ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s'arrête jamais.

Le Désert des Tartares

Je crois qu'il serait étrange que nos meubles, nos objets, nos habits, une fois que nous sommes partis pour le grand voyage, soient soudainement dépouillés de tout cet amour que, même sans y penser, nous leur avons porté si longtemps. Et qu'ils ne le fassent pas rayonner autour d'eux, surtout lorsqu'ils se trouvent seuls et que la présence des étrangers ne s'oppose pas à ce modeste enchantement.

Nouvelles inquiètes

Tout ce qui est dans le monde inanimé nous fascine, les bois, les plaines et les fleuves, les montagnes, les océans, les vallées, les steppes, plus encore, plus encore, les villes, les palais, les pierres, plus encore, le ciel, le vent de la montagne, les tempêtes, plus encore, la neige, plus encore, la nuit, les étoiles, le vent, toutes ces choses indifférentes et vides par elles-mêmes, se chargent d'une signification humaine dans la mesure où, sans que nous en prenions conscience, elles contiennent un pressentiment de l'amour.

Un Amour

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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