Les Lectures de Noël - Une pépite et une déception

Publié le 17 Janvier 2014

Parmi mes dernières lectures (cela fait bien longtemps que je n'ai pas abordé de bouquin sur ce blog, si bien que je ne donne pas l'impression d'une grande lectrice...), il en est deux sur lesquelles j'aimerais écrire quelques mots.

Le Bouquiniste Mendel - Stefan Zweig

Les Editions Sillage font de très beaux objets, je vous conseille d'aller vers eux

Les Editions Sillage font de très beaux objets, je vous conseille d'aller vers eux

Le livre comprend 59 pages.

59 pages de récit passionnant, avec une écriture très fine et très stylisée. On reconnaît l'auteur de 24 Heures de la Vie d'une femme, qui nous livre très vite au cours de la lecture des personnages avec un vécu palpable, des émotions crédibles et des ambiances complètes.

Voici le synopsis, qui reflète très bien l'histoire. Merci donc à ma soeur de m'avoir offert ce petit bijou!

"Jakob Mendel est un personnage hors norme, une bible du savoir et possède une mémoire incroyable. Installé dans un café, il rencontre les gens dans ce lieu improbable et communique ainsi sa passion pour la littérature, la philosophie et bien sûr l'objet livre. Mais la première guerre mondiale va bouleverser le quotidien immuable de ce bouquiniste."

La Carte et le territoire - Michel Houellebecq

Les Lectures de Noël - Une pépite et une déception

Je n'y arrive pas. J'avais lu Les Particules élémentaires, parce qu'on m'avait dit que c'était LE livre de Houellebecq. Et j'avais été assez déçue.

C'était brillant, mais l'écoeurement prenait largement le dessus.

Ici, on a affaire à un exercice qui reprend les mêmes principes qui m'avaient marquée dans Les Particules élémentaires, et que j'avais appréciés:

- Un anti-héros qui n'aime pas la vie, alors que celle-ci lui donne quelques belles occasions

- une alternance entre le récit, la réflexion intime du personnage et des éléments de documentation type "notice wikipédia" sur des objets, des faits ou des personnages.

Cela donne un style unique, très appréciable, tout à fait lisible, et avec une réflexion acérée sur l'être humain qui se débat (ou pas) dans notre société.

Mais il y a beaucoup d'éléments qui m'ont déplu:

- Houellebecq apparaît dans le roman (ça, c'est pas grave), se décrit comme un misanthrope blessé et met en scène son propre meurtre comme s'il était le personnage le plus important du monde

- Le titre La Carte et le territoire ne reflète pour moi pas du tout le roman dans sa globalité (l'idée de la carte Michelin qui fascine le héros au point qu'il fait des oeuvres d'art en photographiant les cartes est très bien, mais on passe trop vite à autre chose)

- les femmes sont décrites comme des objets, physiquement et de plein pied, tandis qu'il s'agit de parler de la personnalité d'un homme pour achever la description.

Bref, Houellebecq, c'est pas pour moi. Un extrait tout de même si ça peut vous tenter.

" Dans la cuisine, quelques pas derrière lui, le chauffe-eau émit une succession de claquements secs. Il se figea, tétanisé. On était déjà le 15 décembre.

Un an auparavant, à peu près à la même date, son chauffe-eau avait émis la même succession de claquements, avant de s’arrêter tout à fait. En quelques heures, la température dans l’atelier était tombée à 3 °C. Il avait réussi à dormir un peu, à s’assoupir plutôt, par brèves périodes. Vers six heures du matin, il avait utilisé les derniers litres du ballon d’eau chaude pour une toilette sommaire, puis s’était préparé un café en attendant l’employé de Plomberie en général – ils avaient promis d’envoyer quelqu’un dès les premières heures de la matinée."

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #.

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