Les philosophes et le communisme: revenir aux sources des textes pour comprendre

Publié le 28 Mars 2014

D’habitude, en fin de semaine, c’est culture et divertissement… oui mais bon, je me suis mise à lire mon premier « Philosophie magazine » et ai choisi le hors-série sur Les philosophes et le communisme. Histoire de remettre quelques idées en place.

Vu le climat actuel et les élections municipales, pourquoi ne pas partager quelques extraits ?

Eclairages.

Point de départ

Marcel Gauchet : « Pour vous [Alain Badiou], il faut sortir radicalement du capitalisme […] Je crois que nous pouvons parvenir à brider le capitalisme, à briser sa domination aujourd’hui incontestable, et ce à l’intérieur du modèle démocratique. Un modèle qui demande à être réinventé en profondeur, mais qui doit être maintenu coûte que coûte ».

 

Cette citation marque le grand doute qui doit habiter de nombreuses personnes quant au questionnement sur le positionnement politique…

 

Les quatre notions clés développées par Marx :

Aliénation et travail : la division du travail est néfaste car « l’homme n’y déploie par une libre activité physique et intellectuelle mais mortifie son corps et son esprit ».

Internationalisme

Lutte des classes

Fétichisme de la marchandise

Le duel grec originel

Platon : « Tiennent la première place la cité, la constitution et les lois les meilleures, où se réalise le plus possible pour toute la cité le vieux dicton qui veut que « vraiment tout est commun entre amis ».

 

Aristote : « Il est manifeste que si elle avance trop sur la voie de l’unité, une cité n’en sera plus une, car la cité a dans sa nature d’être une certaine sorte de multiplicité ».

La question de l’URSS

Marcel Gauchet : « Il faut soigneusement distinguer entre le mot communisme comme idée, projet philosophique et social, et le communisme comme expérience historique, menée par les régimes qui se sont réclamés de ce nom. »

 

Alain Badiou : « Pour bien expliquer le basculement de l’URSS vers le terreur, il faut bien pointer une sorte de monstruosité dialectique : le marxisme-léninisme, qui est une invention de Staline, prétend réaliser les fins dites communistes par les moyens d’un Etat coercitif, à son tour justifié par la nécessite « transitoire » d’une dictature du prolétariat… »

 

Antonio Gramsci : « La révolution ne s’est pas contentée de remplacer un pouvoir par un autre, elle a créé une nouvelle atmosphère morale, elle a instauré la liberté de l’esprit ».

 

Louis Althusser : « La faiblesse de la Russie tsariste résultait de l’accumulation et de l’exaspération de toutes les contradictions historiques possibles en un seul Etat ».

 

Victor Serge : « Quel effroyable chemin avons-nous fait en ces trente ans ! l’évènement le plus chargé d’espoir, le plus grandiose en notre temps, semble s’être retourné tout entier contre nous. Des enthousiasmes inoubliables de 1917, que reste-t-il ? Beaucoup d’hommes de ma génération, qui furent des communistes de la première heure, ne nourrissent plus envers la Révolution que des sentiments de rancœur. »

Les philosophes et le communisme: revenir aux sources des textes pour comprendre

Féminisme et communisme ?

Alexandra Kollontaï (première femme ministre au monde en Russie en 1917, qui obtient le droit à l’avortement en 1920, le droit de vote pour les femmes, l’égalité de salaire…) :

Après avoir décrit le cas d’un homme respecté qui fricote avec la cuisinière et qui n’en verra pas sa réputation affectée, « A présent, imaginez une autre situation. Une femme, respectée de la société bourgeoise, se lie d’amitié avec son valet de chambre et, pour parfaire le scandale, l’épouse. Comment la société bourgeoise réagira-t-elle face au comportement de cette femme jusque là respectée ? Ils la respecteront avec méprit, bien sûr ! »

Points de discorde

Hegel : « Il est fort possible que l’individu subisse une injustice – mais cela ne concerne pas l’histoire universelle et son progrès, dont les individus ne sont que les serviteurs, les instruments ».

 

Freud : « Les œuvres de Marx ont, en tant que sources de révélation, remplacé la Bible et le Coran […] Tout comme la religion, le bolchevisme fournit à ses croyants, pour les dédommagements de leurs souffrances, de leurs privations actuelles, la promesse d’un au-delà meilleur où nul besoin ne restera insatisfait. »

 

Le caractère systémique du communisme, réduisant à néant l’individualité, fait naître de sacrés doutes sur la possibilité d’établit un Etat communiste, pour peu qu’on adhère aux idées communistes.

La propriété et l’argent : deux points qui me convainquent

Marx et Engels : « Vous nous reprochez de vouloir abolir une forme de propriété qui ne peut exister qu’à la condition que l’immense majorité en soit privée ». « C’est précisément parce qu’elle n’existe pas pour ces neuf dixièmes qu’elle existe pour vous ».

 

Marx sur la chrématistique (décrite également par Aristote) : « La circulation simple commence par la vente et finit par l’achat ; la circulation de l’argent comme capital commence par l’achat et finit par la vente ». Ce sont les échanges M-A-M (marchandise, argent, marchandise) contre les échanges A-M-A dont « le but déterminant est la valeur d’échange ».

 

Ces deux sujets me semblent d’actualité, au moins autant qu’aujourd’hui qu’à l’époque. Ces remarques/citations sont à prendre en compte, communistes ou non. Nous sommes beaucoup à ne pas l’être, communistes, mais c’est pas parce que c’est Marx qui l’écrit que c’est faux…

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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Jao Aliber 20/06/2016 03:00

La propriété commune des moyens de production signifie la libre utilisation des moyens de production par l'individu et donc nécessairement l'activité de l'individu doit être libre.Aujourd'hui nous avons atteint ce stade: la cause du chômage est dû à la spécialisation ossifiée des travailleurs qui ne peuvent sortir de ce fléau qu"en supprimant la subordination de l'individu à la division du travail.

La propriété privée et la subordination à la division du travail sont des expressions identiques c'est à dire que l'exploitation de l'homme par l'homme ne peut finir que lorsque le travail de l'homme devient libre, que lorque qu'il n'est plus obligé d'être spécialiste de ceci ou de cela.Je rappelle que ce stade est atteint au point qu'il engendre des millions de chômeurs que Marx appelle "armée industrielle de réserve" ou "surpopulation relative".