Ecrire le cinéma - la loufoquerie délicieuse du Grand Budapest Hotel

Publié le 3 Avril 2014

Grand Prix du Jury au dernier festival de Berlin, The Grand Budapest Hotel a de quoi ravir tout public.

 

Le récit est plutôt et facile à suivre :

 

Le film retrace les aventures de Gustave H, l'homme aux clés d'or d'un célèbre hôtel européen de l'entre-deux-guerres et du garçon d'étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d'un tableau volé, œuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d'un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation.

Alors pourquoi tant de magie, de lyrisme, de loufoquerie ?

Parce que ce film est comme la lecture d’un livre.

 

Jugez plutôt :

1/ On commence par voir une jeune femme, dans un décor encore quelque peu réaliste, qui s’installe au pied de la statue d’un écrivain et ouvre un livre

2/ On plonge dans le récit, qui commence par l’explication du narrateur. Ce récit nous est montré tel qu’il pourrait être perçu par la lectrice, et emprunte déjà au burlesque.

3/ Vous suivez ? Parce qu’on plonge encore. Le narrateur nous emmène à l’époque où il s’est rendu au Grand Budapest Hôtel et où il a rencontré un homme...

4/ qui lui délivre un récit extraordinaire. Et c’est ce récit auquel on assiste.

 

Histoire de Monsieur Gustave concierge du Grand Budapest Hôtel => raconté par son lobby boy une ou deux générations plus tard => retranscrit par un écrivain client de l’hôtel => lu par une jeune fille.

Ecrire le cinéma - la loufoquerie délicieuse du Grand Budapest Hotel

Imaginez le transfert d’informations et son lot d’imaginaire, entre chaque intermédiaire. J’ai l’impression que Wes Anderson, le réalisateur, s’est amusé de cela et s’est mis à la place de la lectrice, avec ces questions :

 

De quelle couleur serait l’hôtel ? A quoi ressemblerait Monsieur Gustave ? Quelles têtes ont les personnages ? etc.

 

Il lui a suffi de transformer tous ses fantasmes en réalité visuelle : en transformant chaque plan filmé pour qu’il ressemble à un tableau poétique et burlesque, en faisant interpréter ses personnages par des acteurs parmi les plus grands du moment (Ralph Fiennes, Edward Norton, Adrien Brody, Mathieu Almaric, Willem Dafoe, Jude Law, Owen Wilson, Bill Murray… je ne mentionne pas Léa Seydoux car je trouve qu’elle a la même gueule et le même jeu que dans plein d’autres films, style La Belle personne ou Les Adieux à la reine), et en tournant des scènes tellement invraisemblables qu’elles en deviennent des bijoux…

Ecrire le cinéma - la loufoquerie délicieuse du Grand Budapest Hotel

Exemple de l’évasion de la prison :

1/ Les fugitifs creusent un tunnel (je ne dis pas avec quoi, mais disons que ça reste crédible)

2/ Ils se retrouvent, en descendant sous terre, dans le dortoir des gardiens qu’ils doivent traverser (mouais…)

3/ Ils sont sur le toit ! En creusant un tunnel, je trouve que c’est vraisemblable.

4/ Ils arrivent jusqu’à leur complice par une bouche d’égout (après être descendu d’un toit, donc).

 

Voilà voilà.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #A la croisée des arts

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