Philosophie sur la grève des trains

Publié le 16 Juin 2014

Pour une fois, j'ai été directement "victime" de la grève de la SNCF puisque j'ai dû annuler mon week-end du 13-14-15 juin.

Oui, ça m'énerve que mes plans soient contrariés. Oui c'est pénible de le savoir au dernier moment. Et oui, on a facilement le sentiment d'être pris en otage lorsque la grève est faite par la SNCF, la RATP et tutti quanti parce que dans le principe, il est "tellement facile" de se faire davantage entendre quand la grève qu'on mène emmerde tout le monde...

(parce que les manifestations menées par les profs de sport ou les forestiers n'ont pas vraiment le même impact...)

MAIS, et ce n'est pas toujours le cas, cette fois je comprends parfaitement pourquoi il y a grève. Et comprendre la raison d'une déconvenue du style "on m'a supprimé mon train" permet de mieux l'accepter, plutôt que de prendre le partie de pester immédiatement contre un responsable.

Ci-dessous un article d'un gréviste (relayé par Daniel Schneiderman sur le site Arrêt sur Images), qui explique très bien le pourquoi du comment de la grève. Il y a certainement des points à relativiser, des éléments à vérifier. Mais ça permet de mettre les points sur les "i".

Car les cheminots ne sont peut-être pas les plus mal lotis, mais on est très loin déjà de ce que beaucoup d'entre nous dénoncent comme des privilèges. La retraite à 55 ans, salaire revalorisé pour pénibilité etc. On est bien plus proche du mythe que de la réalité sur ces questions là.

"La communication sur les motifs d’une grève relève des organisations syndicales et elles n’ont pas les moyens d’une entreprise en terme de communication. Toutefois, elles communiquent occasionnellement sous forme de tracts ou de rencontres avec les voyageurs ou leurs associations. Par ailleurs, Google est votre ami pour trouver les sites des syndicats et y trouver de l’information. Par contre, vous y trouverez plutôt des tracts destinés aux cheminots et ce ne sera pas forcément très compréhensible pour vous. En résumé, l’information n’est pas aussi accessible que lorsqu’elle est diffusée par le service com d’une entreprise mais elle peut être trouvée."

Alors effectivement, les bacheliers sont les victimes "collatérales" de cette grève qui se poursuit. Mais à quoi cela sert-il d'interroger des bacheliers et leurs parents pour appréhender l'ampleur de la catastrophe (55 000 lycéens potentiellement concernés par la grève)? Moi aussi, quand j'ai passé mon bac, j'ai pensé que c'était la période la plus importante de ma vie.

Là, je me dis que la grève aujourd'hui n'est pas plus néfaste que celle d'hier, de vendredi ou de mercredi dernier, ni même de demain... Par contre, j'ai un autre avis quand il s'est agit de faire grève au niveau d'Air France pendant la période de Noël (choisir une période de grève en fonction de l'affluence des passagers, là c'est plus problématique).

Ainsi, à l'heure de la philosophie (toute la presse a relayé rapidement les sujets donnés ce matin aux trois sections principales), je me pose d'autres questions:

- Est-ce que seul le plus mal loti a le droit de dénoncer une injustice?

- Peut-on faire passer le refus d'absence de choix individuel et temporaire devant une revendication collective?

- Se mettre à la place d'autrui est-il une nécessité morale?

Philosophie sur la grève des trains

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

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