A la recherche de l'anticyclone des acçores

Publié le 18 Août 2014

Ceux qui ne sont pas en vacances, qui ne surveillent pas la météo ou qui ont toujours du beau temps ne comprendront pas le titre.

Mais si comme moi vous êtes (l'une et l'autre de ces propositions pouvant être cumulées):

- Francilien et que vous devez regarder la météo chaque soir pour le lendemain afin de tout anticiper

- Vacancier frustré de ne pas avoir trouvé le soleil en montagne, à la mer et à l'étranger (vous ne faites pas partie des chanceux qui ont choisi comme destination la Bretagne cette année).

Alors vous saisissez tout de suite le sujet.

A la recherche de l'anticyclone des acçores

Qu'est-ce qu'un anticyclone?

Un anticyclone est une zone de circulation atmosphérique autour d'un centre de haute pression. Leur sens de rotation est lié à la force de Coriolis : ils tournent dans le sens horaire dans l' hémisphère nord et dans le sens anti-horaire dans l' hémisphère sud. C'est ce qui définit également la circulation anticyclonique . La formation d'un anticyclone se nomme anticyclogénèse et sa dissipation anticyclolyse. À une assez bonne approximation près, on peut dire que la force et la direction du vent sont influencés, d'une part par la force horizontale de pression atmosphérique et d'autre part par la force de Coriolis. Dans les quelques premières centaines de mètres au-dessus du sol, la force de friction agit aussi sur le vent de manière significative.

Bon, qu'est-ce que la force de Coriolis?

La force de Coriolis est une force inertielle agissant perpendiculairement à la direction du mouvement d'un corps en déplacement dans un milieu (un référentiel) lui-même en rotation uniforme, tel que vu par un observateur partageant le même référentiel.

Si ce n'est toujours pas très clair, voilà une émission de France Inter qui date de mai 2013.

Pourquoi est-ce que cet anticylcone a bousillé nos vacances?

Extrait d'une interview très sérieuse de La Croix (car la météo est un sujet très sérieux, surtout en vacances!):

La Croix : La France connaît un nombre d’épisodes orageux cet été, ces phénomènes sont-ils inhabituels ?

Frédéric Nathan : « L’été 2014 est relativement classique en ce qui concerne les orages. Ces épisodes orageux, sont engendrés par l’air frais en réserve au nord de l’Europe qui rencontre les masses d’air chaudes du nord de l’Afrique. En ce qui concerne la pluviométrie, celle-ci demeure relativement élevée pour cette période estivale, et les températures sont nettement en dessous des normales de saison. Tout cela peut s’expliquer par l’absence de l’anticyclone des Açores, qui protège habituellement la France des perturbations venant de l’Océan Atlantique. »

Comment peut-on expliquer le grand nombre de précipitations cet été en France et plus particulièrement dans l’Est de la France ?

F. N. : L’été est très maussade, cette année, parce que l’anticyclone des Açores a boudé le ciel français, et s’est assez peu montré. C’est ce qui explique les fortes pluies, le temps maussade et le faible ensoleillement dans les régions de l’Est et du Sud Ouest, notamment. À Strasbourg, il est tombé près de 200 mm de précipitations au mois de juillet, ce qui est un record absolu. Dans la nuit du 20 au 21 juillet, il est tombé dans cette ville près de 66 millimètres de pluie, soit pratiquement l’équivalent d’un mois de précipitations.

En l'attendant... que faire?

Lire, par exemple, tranquille et à l'abri, puisque c'est bientôt le 22 août et le Ray's Day.

Aller dans la librairie L'Anticyclone des Açores à Bruxelles.

Se documenter davantage en lisant le livre dédié (publié en 2003).

Apprendre des poèmes sur la pluie et le mauvais temps pour trouver une alternative aux poèmes de Saint John Perse de Christian Clavier dans Les Bronzés.

Pluie

Il pleut. J'entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l'averse ;
Le deuil de l'air afflige les oiseaux.

La bourbe monte et trouble la fontaine,
Et le sentier montre à nu ses cailloux.
Le sable fume, embaume et devient roux ;
L'onde à grands flots le sillonne et l'entraîne.

Tout l'horizon n'est qu'un blême rideau ;
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;
Sur le pavé sonore et bleu des routes
Il saute et luit des étincelles d'eau.

Le long d'un mur, un chien morne à leur piste,
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;
La terre est boue et le ciel est brouillard ;
L'homme s'ennuie : oh ! que la pluie est triste !

René-François SULLY PRUDHOMME

Par un mauvais temps

Elle a mis, depuis que je l'aime
(Bien longtemps, peut-être toujours),
Bien des robes, jamais la même ;
Palmire a dû compter les jours.

Mais, quand vous êtes revenue,
Votre bras léger sur le mien,
Il faisait, dans cette avenue,
Un froid de loup, un temps de chien.

Vous m'aimiez un peu, mon bel ange,
Et, tandis que vous bavardiez,
Dans cette pluie et cette fange
Se mouillaient vos chers petits pieds.

Songeait-elle, ta jambe fine,
Quand tu parlais de nos amours,
Qu'elle allait porter sous l'hermine
Le satin, l'or et le velours ?

Si jamais mon coeur désavoue
Ce qu'il sentit en ce moment,
Puisse à mon front sauter la boue
Où tu marchais si bravement !

Alfred de MUSSET

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

Repost 0
Commenter cet article