La loi de la jungle au pays d'Amazon

Publié le 21 Octobre 2014

On pourrait écrire un bouquin sur Amazon. Et ne pas le vendre via Amazon. Cette entreprise me débecte, en tout cas pour les objets littéraires. Cela, je pense que tout lecteur régulier de ce blog l'aura compris. L'écriture n'est pas une marchandise directe.

D'ailleurs, ma plateforme de blog a décidé d'occuper le plus d'espaces possibles sur mon blog pour y mettre de la publicité. Sachez que cela s'est fait totalement contre mon gré. Je compte me renseigner davantage mais je vous propose déjà une solution en tant qu'utilisateur. Tous les détails sont ci-dessous. Pour les plus novices en informatique, la première solution semble la plus simple et est inoffensive.

Parenthèse terminée.

Passons aux choses sérieuses, avec cet article qui m'énerve.

UN TITRE RACOLEUR POUR UNE ARNAQUE DANS L'INFORMATION

Quelques témoignages seulement, notamment d'une personne qui a commercialisé avec succès un livre via Amazon, suffisent pour mettre en avant un titre aussi racoleur que:

"En passant par Amazon, votre premier roman a une chance de cartonner"

Ah ouais... Rien que ça. Mais si on va plus loin, le premier témoignage évoque des ventes en quelques mois de 8500 exemplaires, avec un prix de vente à 2,99 € et 70% donc pour l'auteur. Ca fait une coquette somme de 17000 euros en peu de temps. C'est certes un bon résultat. De là à parler de carton...

Là où c'est malsain, c'est qu'on précise que les auto-publications sur Kindle sont davantage vendues que les bouquins de Trierweiler ou Zemmour. C'est sans doute qu'on oublie de dire que ces derniers se vendent presque exclusivement en papier et que leur nombre de ventes sur Kindle est sans doute ridicule par rapport à leur notoriété.

Ensuite, dans les autres exemples cités, on a notamment une écrivaine dont le roman s'est écoulé à plus de 500 exemplaires depuis le 2 août. Certes, c'est un très bon résultat dans le monde de l'auto-publication, et j'envie ce volume personnellement. Mais si cet exemple fait partie de ceux qu'on appelle "phénomènes"... Je renie d'autant plus le titre de l'article.

UN SYSTEME AMAZON ABSOLUMENT PAS DENONCE

On a pourtant un magnifique témoignage qui permet de mettre en lumière les techniques d'Amazon pour exercer son régime tyrannique:

1/ L'élimination de tous les métiers de fabrication d'un livre

« J’ai pensé à l’envoyer aux maisons d’éditions traditionnelles, mais il allait falloir attendre six mois, pour une réponse probablement négative... Et mon roman est léger, divertissant : l’été était la période idéale pour le lire. »

Avec Amazon, c'est plus simple. Pas de comité de lecture on dirait, un auteur qui doit être pluridisciplinaire et assure la quatrième de couverture et le design. Et quid de la relecture?

2/ Une mécanique perverse pour le prix de vente

« Là, j’ai fait beaucoup de recherches. J’ai choisi 2,99 euros par livre, parce que c’est le prix le plus bas proposé par Amazon pour pouvoir, en tant qu’auteur, toucher 70% des revenus des vente.»

En gros, un livre, ça ne vaut rien, mais Amazon prend quasiment un tiers sans n'avoir rien fait. Et grossit son pourcentage dès qu'on veut augmenter le prix.

3/ Un mélange des genres et une concurrence entre livres amateurs et professionnels

Un livre amateur, pourquoi pas. C'est ce que j'ai choisi. Sans barrière pour accéder à une maison d'édition (un monde très flou pour les jeunes pousses comme moi). MAIS sur un site qui permet l'auto-publication et ne mélange pas les genres. Or, Amazon mélange les livres professionnels et amateurs. Quelque part, ce système trompe le lecteur aussi. Car passer par un comité de lecture et tout un processus d'édition et de lecture reste un gage de qualité. Ainsi, Amazon met en concurrence des livres amateurs à moins de 3€ et des livres édités à plus de 8€ (je parle pour les diffusions en dématérialisé).

AVANTAGEUX POUR L'AUTEUR, JUSQU'A QUAND?

On a vu ce que ça a donné, la politique de livraison gratuite qui met à mal le monde du livre et les libraires indépendants.

On a eu aussi vent de la guerre avec Hachette pour "voler" la fidélité des auteurs, considérés comme un gage de légitimité pour exercer dans le distribution de livres.

Mais ces auteurs risquent de devenir à terme, les otages d'un acteur qui, une fois ses concurrents éliminés, va revoir à la baisse les avantages pour lesquels s'enthousiasment nos écrivaines de l'article du Nouvel Obs.

En tant qu'auteur/écrivain, il est donc nécessaire de se positionner. Pour la plupart, ils n'ont pas le choix puisque les éditeurs passent tous par Amazon pour vendre. C'est donc aux lecteurs d'agir. Pour nous, acteurs de l'auto-publication, on peut également réfléchir à pourquoi on écrit (ce n'est pas pour l'argent, sinon on rate sa vie), et pour qui.

Tout auteur ou lecteur qui achète un livre via Amazon (sur Kindle ou en papier) cautionne ça:

- un livre dans un carton

- un carton dans une allée

- une allée dans un hangar

- un hangar parmi des milliers

- ...

La loi de la jungle au pays d'Amazon

Ainsi que des mauvaises conditions de travail. A vous de voir.

Et pour rester dans l'auto-publication, je vous donne l'occasion de retrouver l'ensemble des liens pour découvrir et lire Requiem à 4 mains gauches.

- Frise chronologique du roman

- Episode 1: Aurore ou le commencement

- Episode 2: La promesse manquée

- Episode 3: Ma soeur Anne

- Livre disponible en version papier

- Livre disponible en version numérique

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Mes écrits : Poids Plume

Repost 0
Commenter cet article