Du sexisme dans la littérature jeunesse

Publié le 25 Novembre 2014

Ah, voilà un sujet intarissable, pour les multiples camps :

- Ceux qui s'offusqueront des deux cas que je vais traiter

- Ceux qui ne s'offusqueront que du premier des deux cas

- Ceux qui s'offusqueront de l'autre des deux cas

- Ceux qui ne s'offusqueront d'aucun des deux cas

A l'heure où dire que les hommes et les femmes sont sur un pied d'égalité devrait relever de l'évidence même, et faire rire tant cette vérité est facile à déclarer et sans aucune prise de risque pour celui qui la prononce, on se rend compte que ce n'est pas si évident que cela.

Deux actus ces jours-ci m'ont interpellée. La première ne me choque pas, et je m'interroge plutôt sur l'excès de dénonciation auquel on fait parfois face. Par contre, la deuxième m'énerve au plus haut point. C'est pourquoi je suis demandeuse de réactions, en cas de désaccords surtout.

Représenter des chaussures rouges à talons... c'est sexiste?

Tous les parisiens et banlieusards auront vu cette affiche dans le métro, faisant la publicité du salon de la littérature jeunesse à Montreuil (à partir de demain, 26 novembre).

Du sexisme dans la littérature jeunesse

J'y ai vu, personnellement (et quand j'étais suffisamment réveillée pour y penser), la représentation d'une petite qui a hâte de grandir. Peut-être trop peu efficace pour les jeunes, qui ne verront pas forcément le lien avec la littérature jeunesse, elle sera certainement parlante pour les adultes qui se reconnaitront quelques années auparavant.

Seulement voilà, l'affiche est accusée de sexisme ordinaire. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi, réellement. Représenter un accessoire féminin n'est pas forcément réducteur pour l'image des femmes et des petites filles... Je crois...

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Comme une envie d'arracher les cheveux de Barbie

On ne pouvait pas s'attendre à une révolution féministe de la part de Barbie. Mais quand la marque prétend s'adapter à la société et pond cette merde de bouquin, il y a de quoi s'interroger sérieusement...

Du sexisme dans la littérature jeunesse

Dans la série des "Barbie can be a...", Martel a choisi le mériter d'informaticienne. Jusque là, tout va bien. Sauf qu'en réalité, la pauvre gourde ne sait rien faire. C'est tout juste si elle est capable de concevoir le design de son programme informatique, pour lequel deux amis MASCULINS seront sollicités afin d'apporter la touche informatique (de faire tout le boulot en somme).

Mais en plus, elle a besoin d'aide pour envoyer un email!

Martel s'est excusé. Et c'est encore pire pour moi. Au lieu d'essayer de trouver une justification, l'entreprise reconnaît que l'auteur de l'histoire, le dessinateur, l'éditeur, le relecteur, le service com, les chefs de produits, et la direction n'ont rien trouvé de mal à véhiculé ce genre d'image de gourdasse éternelle.

Pour aller plus loin...

Un peu de réflexion s'impose, pour dépasser les polémiques. Voici une étude intéressante de l'association Cemea (Mouvement national d'éducation nouvelle).

Implications dans le développement des enfants
Les implications engendrées, notamment pour les filles, par la sous-représentation et
la moindre valorisation des personnages de sexe féminin sont multip
les.

Moins de modèles pour les filles
Tout d’abord, le fait que les personnages de filles soient moins nombreux et moins
valorisés que les personnages de garçons engendre un moindre choix en matière de
lecture pour les filles. En effet, les enfants préfèrent lire un livre dont le personnage
principal est du même sexe qu‘eux-mêmes. Par voie de conséquence, cet éventail
plus restreint de modèles d’identifications et de références peut provoquer une
baisse de l’es
time de soi.

Sexe masculin = sexe par défaut
Nous avons vu plus haut que dans les livres pour enfants, les jeunes garçons sont
dessinés de manière asexuée, donnant du sexe masculin la représentation du sexe
par défaut. Dès l’âge de 5 ans, les enfants ont intégré cette représentation. En effet,
dans une recherche, des enfants ont eu pour tâche de donner des prénoms à des
illustrations issues de la littérature enfantine et représentant des enfants dessinés de
manière asexuée. Les enfants interrogés, les garçons comme les filles, ont très
majoritairement attribué le sexe masculin à c
es personnages

Finalement, que faire?

Cet article expose la sexualisation croissante des personnages et récits, et parle d'une offre alternative en termes de littérature jeunesse.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

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