Mises à prix littéraires - le cru 2014 rend hommage à des femmes

Publié le 12 Novembre 2014

Avant de fêter le Beaujolais nouveau, enivrons-nous de littérature avec le cru 2014 des principaux prix littéraires.

Quand on parle d'Haïti pour autre chose que les catastrophes naturelles

L’Haïtienne Yanick Lahens a reçu ce lundi le prix Femina pour Bain de lune.

Ce roman me tente beaucoup alors que j'en ai lu peu sur le livre et son auteure jusqu'à présent. Mais dès que l'écrit touche à un territoire, et d'autant plus un territoire meurtri, ma curiosité est titillée (ce n'est pas pour rien que je voue un culte à Laurent Gaudé).

C'est en tout cas une très bonne nouvelle pour la littérature Haïtienne, comme l'explique Emile Rabaté, un compagnon de route assez spécialisé sur le sujet (la culture en Haïti), et journaliste à libération.

Le Renaudot à David Foenkinos pour « Charlotte Salomon »

David est un homme mais la peintre à qui il rend hommage correspond à l'un de ces destins tragiques que seule l'Histoire vraie peut nous fournir: une juive allemande assassinée à 26 ans alors qu'elle était enceinte, en 1943.

Pour l'auteur, cette histoire lui a inspiré un livre bien différent, dans le style, de ce qu'il a eu l'habitude d'écrire jusqu'à présent (dont La Délicatesse).

Mises à prix littéraires - le cru 2014 rend hommage à des femmes

"Charlotte est écrit comme en vers libres, chaque courte phrase étant suivie d’un retour à la ligne

(« J’éprouvais la nécessité d’aller à la ligne pour respirer.

Alors j’ai compris qu’il fallait l’écrire ainsi. »)"

LE Goncourt à Lydie Salvayre, pour Pas pleurer

Alors là, je ne sais pas pourquoi, mais ça me tente moins. Notons toutefois que c'est rare qu'une femme soit primée au Goncourt, et que deux femmes figuraient parmi les 4 finalistes (l'autre est Pauline Dreyfus, avec Ce sont des choses qui arrivent, chez Grasset).

"Durant l’été 1936, quand éclate la guerre civile espagnole, alors qu’il est à Majorque, l'écrivain Georges Bernanos, catholique, monarchiste, compagnon de Maurras, est révulsé par les atrocités de la nuit franquiste, qui lui inspireront Les Grands Cimetières sous la lune (1938). Pendant ce même été, Montse, la mère de la narratrice, a 15 ans et vit à Barcelone l’émerveillement d’une révolution libertaire, elle, la « mauvaise pauvre », naguère montrée du doigt par les notables de son village catalan. Soixante-quinze ans plus tard, Montse raconte cette époque à sa fille, la narratrice, autour d’une anisette."

Un prix pour personne, en guise de coup de gueule

De l'humour pour un coup de gueule salvateur. Le site Virilo s'en donne à coeur joie pour expliquer les raisons de cette remise de prix à "personne" ou plutôt à l'"ennui".

Les revendications pour les prochaines rentrées littéraires sont nombreuses et plus ou moins loufoques mais j'adhère à certaines :

1 – On exige la libération immédiate des trois bons écrivains encore retenus en otage chez Grasset : Sorj Chalandon, Amin Maalouf, sans oublier Sorj Chalandon

2 – On exige plus d’images dans les livres. Au moins dans les mauvais

3 – On exige que les livres craquent les coutures de leur format (sons / vidéos / interaction). Le cinéma n’a pas cessé d’être cinéma en passant à la couleur

4- On demande à Eric Zemmour d’arrêter d’écrire des phrases comme celle-ci pour obtenir le Prix Trop Virilo : L’objectif n’est plus : ‘Tu seras un homme mon fils !’, mais plutôt : ‘Tu seras une femme, mon fils !’. Eric, ON NE TE DONNERA PAS CE PRIX. Alors arrête, tu vois bien que derrière tu crées des polémiques qui te dépassent

5- A l’instar des rouleaux de carton, on souhaite des livres dissolubles dans les toilettes pour leur donner, sinon une deuxième vie, une fin utile

6- On demande gentiment à Chevillard de publier au moins un roman par an

7- On exige que les couvertures des livres des grandes maisons d’édition soient variées, et qu’ils cessent de cacher leur pingrerie et leur immobilisme derrière une quelconque tradition

8- On souhaite le bannissement des photos d’écrivains avec la mine rêveuse, la main au menton

9- On exige, non, on demande… OK, on supplie d’arrêter avec l’autofiction

10 – Du Kindle au Kinder : On aimerait bien un petit jouet en plastique à monter, en lien avec le thème du bouquin. Les livres de plus de 500 pages pourraient être assortis d’une petite flasque d’alcool à déguster. Il faut bien du courage, parfois

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Compagnons de route

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