Sciences Po Aix - le scandale qu'on ne peut étouffer

Publié le 4 Novembre 2014

Ce n’est évidemment pas le site idéal pour communiquer sur cette polémique que d’aucuns jugeront trop locale ou stérile.

Mais en tant qu’ancienne étudiante de cet institut, je rejette totalement l’attitude de nos officiels qui nous censurent ou nous menacent lorsqu’on demande de la transparence dans la gestion d’une école, censée elle-même apprendre à conduire de manière responsable une entreprise ou une administration.

Sciences Po Aix - le scandale qu'on ne peut étouffer

ON REFUSE LA LOGIQUE « DIPLOMES A VENDRE »

Pour resituer très brièvement le scandale aixois, le directeur est mis en cause dans une opération de marchandage de diplômes à tout va. Via des partenariats montés avec de nombreuses écoles dans le monde, les étudiants de ces établissements peuvent avoir la mention Sciences Po Aix sur leur diplôme, moyennant des frais de scolarité plus ou moins élevés (jusqu’à 23 000 euros à Genève apparemment). A la limite, pourquoi pas. Sauf que ces étudiants ne verront jamais la tête d’un des enseignants de Sciences Po Aix. Ils n’auront qu’un contact avec celui placé auprès du directeur pour développer les partenariats, et qui est tout sauf un enseignant chercheur.

Pour plus de détails, c’est juste en-dessous.

ON DEMANDE DE LA TRANSPARENCE…

Et cette demande est totalement méprisée. Un audit indépendant semble impossible. L’association des anciens diplômés s’exprime en notre nom à tous pour voler au secours du Directeur. Et on se rend compte que le scandale peut être étiqueté par un chiffre : 389.

« Sur 534 étudiants inscrits en 2013/2014 dans ce master, 389 ont en fait été formés “hors les murs »

ON NE CRACHE PAS DANS LA SOUPE

Qu’on ne nous dise pas qu’on méprise la valeur de notre diplôme et qu’on crache dans la soupe. C’est ce que tentent de faire véhiculer comme message les apôtres de l’équipe de Direction. En tant qu’ancienne diplômée, je suis contente, avec le recul, de la formation que j’ai suivie. Les cours sont de qualité et les conditions d’études nous permettent de faire nos preuves et de sortir de l’institut avec un diplôme qui vaut quelque chose. Bien sûr, cela ne va pas sans quelques critiques, plus ou moins profondes. Mais là n’est pas la question.

On peut se demander, quand on sort d’un « Sciences Po », qu’est-ce qui fait le plus notre attrait pour les employeurs entre notre propre talent et cette fameuse « étiquette » si prisée. On est parfois sceptique. Mais on a une certaine confiance envers les qualités et compétences qui nous ont été inculquées pour croire que l’étiquette ne fait pas tout.

Or, avec cette politique, c’est la direction de Sciences Po Aix qui joue sur l’étiquette à 100% et crache justement dans la soupe des générations précédentes qui se sont évertuées à construire (ou tenter de) une formation de qualité.

ON NE MARCHANDERA PAS NOTRE SILENCE ET NOTRE SOUTIEN

On nous dit que l’acharnement médiatique desservira Sciences Po Aix et à fortiori notre diplôme et notre parcours. Qu’il faut au contraire faire front ensemble contre l’adversité, afin que nos éminents directeurs et président d’association des anciens, dont la légitimité est contestée depuis belle lurette, puissent garder leurs fesses toutes douces sur des fauteuils trop confortables, et leur égo surdimensionné intact. C’est d’ailleurs cette « crise médiatique ayant placé Sciences Po sous un tir croisé et nourri »* qui fait que les institutionnels se bougent. Autrement, ils n’auraient rien fait.

Mais on s’en fout que Christine Lagarde soit la présidente de Conseil d’administration et qu’elle soutienne le directeur. Idem pour le vice-président Patrick Ollier, ou la ministre Najat Vallaud-Belkacem.

S’il faut remettre en cause les postes des directeurs et présidents, et si c’est le prix à payer pour avoir une gestion transparente d’une « grande école en Provence » et être fiers d’en sortir et d’en devenir les ambassadeurs, je n’ai aucun scrupule, oui, à réclamer « la tête de Duval ». Il ne s’agit pas d’attaquer personnellement un individu, mais d’exiger que les problèmes soient réglés à leur juste mesure.

Je me souviens trop bien d’un cas bien moins important, mais qui m’avait impactée directement avec neuf autres étudiants, et pour lequel nos élus étudiants ont tenté de nous convaincre de nous écraser et de « négocier » quelque chose en réparation du préjudice subi. On n’a pas craqué, on a lancé un recours en tribunal administratif et on a gagné. Sciences Po Aix n’est pas un monde à part avec ses propres lois et ses décrets. La « grande école en Provence » n’est pas une baronnie.

ON NE SE LAISSERA PAS INTIMIDER

Sur le site de Sciences Po Aix, version Intranet pour les inscrits et anciens diplômés, le Directeur se vante de pouvoir (je ne trouve plus ce communiqué donc je cite de mémoire) « se réserver le droit de prendre les dispositions nécessaires pour mettre un terme à toute insinuation malveillante sur l’Institut de la part des étudiants ». Vous ne trouvez pas ça magnifique ?

De même, un site obscur (et mal écrit, au passage) se permet de donner le nom, l’adresse et le pedigree d’un ancien étudiant qui a osé s’élever officiellement contre le scandale. On est où là ?

Enfin, cette sentence, toujours tirée de ce même site, et qui me permet de clore ce billet :

« A chacun de prendre la mesure de l’intérêt supérieur de Sciences Po Aix. »

On est entièrement d’accord. Sauf que l’intérêt supérieur de Sciences Po Aix passe par une vraie résolution du problème, et non par une tentative d’étouffer l’affaire.

* Citation du communiqué de l’Association des Diplômés : Après deux semaines d’une crise médiatique ayant placé Sciences Po sous un tir croisé et nourri, il a été décidé de réunir un Conseil d’administration extraordinaire de l’association des Diplômés

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Je prends ma plume...

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Ancien de SPX 06/11/2014 13:19

Si et seulement si "Défendons SPX" est réellement une entité montée par quelques étudiants (des 1A?) et non un comité fictif piloté par LA Direction de l'IEP, dans ce cas vous me faîtes vraiment de la peine à répéter la voix de votre (brave) maître...

Vouloir défendre un diplôme, une formation, d'accord: c'est d'ailleurs notre volonté à toutes et tous. Sauf que cette fois-ci c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase: sans vouloir être méprisant envers les "nouveaux", mais des 5 ans que j'ai réalisé à Aix, je peux vous dire qu'il y en a eu des problèmes avec la direction. Outre les cocktails dispendieux, les voyages d'affaires payés aux frais de la princesse, l'affaire mentionnée dans l'article où, en raison d'un retard de l'administration dans la transmission des dossiers pour des mutualisations de 5A dans des écoles prestigieuses (et reconnues), les étudiants n'avaient pas pu effectuer leur choix (le tribunal a d'ailleurs condamné SPX et sa direction) et maintenant le scandale des diplômes vendus contre rémunération, trop c'est trop.

Vous dîtes aussi dans l'un de vos commentaires de défense de l'indéfendable que l'argent récolté par les diplômes en carton de l'étranger sert à payer les profs (ce qui est faux, voir réponse plus haut, car l'IEP n'est pas encore privé) et vos chouettes tablettes que le monde entier vous envie (Apple, Samsung? mmmm) et donc que c'est pas si mal. Si votre défense est plus que maladroite car totalement égoïste, elle soulève aussi un point intéressant, qui est primordial dans cette affaire: accabler un seul homme n'est pas LA solution (et n'a pas été la revendication de ce billet comme l'a précisé son auteure) mais on voit les dérives de tout un système, celui de la LRU (qui fut d'ailleurs à l'origine de la première grève de l'histoire de l'IEP, menée par quelques "obscurs gauchistes" à l'époque). A partir du moment où l'Etat se désengage, cela pousse vers une privatisation rampante de l'enseignement supérieur, poussé à conclure des partenariats avec des grosses boîtes (comme les si vertueuses qui ont pour siège social le Luxembourg en ce moment?) ou des écoles privées pour vendre à prix d'or des diplômes seulement basés sur une marque, un logo "Sciences Po Aix", et rien d'autre. Du vent donc. Mr Duval a été poussé à établir de telles conventions pour ramener du fric à la maison, voilà tout. Après, l'audit dira si oui ou non il a une grande part de responsabilité là dedans ou non. Mais il n'empêche que quand un scandale éclate dans toute administration ou entreprise, il est de la responsabilité de son capitaine de justement prendre ses responsabilités et assumer les erreurs commises.
Par contre si on va dans votre sens de "oh mais ça nous rapportait de l'argent" alors que le processus n'est en rien légal, je vous invite à monter une boîte à partouze dans le Grand Amphi (qui pourrait être rentabilisé la nuit), revendre de la coke-shit place des Cardeurs et monter un Cercle de jeux aixois dans le hall d'entrée... Avec tout l'argent récolté, l'IEP arrivera bien à vous acheter à chacun les dernières tablettes et l'Iphone 9, et vous pourrez continuer de vous satisfaire de "faire saliver toutes les autres écoles"...

Quant à votre argument de publier les données personnelles d'une personne qui a osé être à l'origine d'un autre mouvement des Anciens (et non pas l'asso officielle qui ne souhaite pas mordre le maître qui l'a si bien nourrie) en critiquant le manque de mobilisation contre le scandale actuel, il ne tient absolument pas la route mais s'apparente tout simplement à des procédés fascistes (vous pourrez demander la définition du terme auprès de Mesdames Daviaud ou Doudet). Quel est l'intérêt de savoir que telle personne habite telle adresse à Aix en Provence, manque son téléphone et une photo de lui avec "wanted" pour appeler carrément au lynchage?
Une chose est sûre, c'est que cette personne a eu le courage de se désigner auprès de tous par son vrai nom, et non de se cacher derrière un sulfureux terme de "Défendons SPX" dont on ne connaît rien de ses prétendus membres!

PS: même si vous n'êtes "qu'en" 1A, cela ne vous empêche pas de savoir parler français. Merci de bien vous relire, car ça pique vraiment les yeux. Et c'est davantage sur ce point que sur les magouilles que la réputation de votre cher IEP et de votre formation est en jeu...

Défendons SPX 05/11/2014 11:31

Nous invoquons notre droit de réponse.

Madame,
vous écrivez: "un site obscur (et mal écrit, au passage) se permet de donner le nom, l’adresse et le pedigree d’un ancien étudiant".
Permettez-nous de répondre à cette critique :
- il n'y a pas, à notre sens, de plus obscur que les motivations de votre acharnement à demander la tête de M Duval, alors qu'il a mis fin à toutes les conventions contestées et s'est engagé à plus de transparence. Nous comprenons qu'il y a derrière tout ça une amertume et de revanche de certains anciens (vous dites d'ailleurs: "On n’a pas craqué, on a lancé un recours en tribunal administratif et on a gagné.", mais de quelle affaire parlez-vous donc??)
- Nous n'avons pas "donnée" des informations autres que celles que l'étudiant a communiqué publiquement. Dans notre volonté de transparence sur cette affaire nous communiquons (nous) les informations à nos lecteurs pour qu'ils puissent se faire une idée *par eux-même*.

Merci par avance de ne pas censure ce commentaire,

Le Collectif Défendons Sciences Po Aix

Passée par SPX 06/11/2014 10:53

Moi, ce sont plusieurs arguments qui me font réagir : celui de l'argent d'abord ,
"les conventions dénoncées apportaient incontestablement de l'argent à l'école (nous ne sommes pas convaincus par les qualificatifs de "beaucoup" ou "énormément", nous attendons de l'audit des chiffres précis). Cet argent rentrait manifestement exclusivement dans les caisses de l'école. Il participait alors à rémunérer nos professeurs, nous offrir nos tablettes que toutes les autres écoles nous envient, les moyens généraux, etc. Et servait aussi à nous demander les droits d'inscription les plus bas de tous les IEP. S'il n'y a plus cet argent, est-ce que l'école sera capable de continuer à nous "payer" les meilleurs profs possibles? Quand nous voyons les problèmes financiers des autres IEP (locaux vétustes, profs mal payés, vacataires qui manifestent régulièrement, hausses importantes des frais d'inscription, etc.) nous nous interrogeons sur l'avenir de la qualité de notre enseignement".
Pour la gouverne des promos actuelles, nous sommes passés juste avant ces lucratives conventions. Oui, nos locaux étaient vétustes (ahhhh les salles G. Long aux tables branlantes et sales), notre BU si pauvre qu'il fallait aller à la fac de droit pour avoir quelque chose de qualité, oui nous avions des chargés de TD vacataires...Mais comme partout . En revanche, nos enseignants-chercheurs étaient hautement qualifiés ,de renom et payés par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (c'est toujours le cas, d'ailleurs). Ce sont eux qui font la valeur de l'enseignement à SPX. Je doute que cela disparaisse du jour au lendemain. Sinon, pour le financement des tablettes et autres cocktails, gadgets, je me rappelle que pour notre part nous envions les mac de SP Point (Rien ne change donc...).
Quant au clivage Pro-Duval et anti-Duval , une chose est claire à propos de ces partenariats dénoncés : ils sont scandaleux, ont été signés massivement et de manière dérégulée par des gens pourtant bien au fait des normes en vigueur. Fin mince, ils se sont quand même faits prendre le bras entier dans le pot de confiture. La tête du président de l'université de Toulon la Garde avait sauté pour moins que ça en 2009.
Le fait de démettre de ses fonctions Boudrandi n'exonère pas de ses responsabilités l'équipe de direction.
Quant aux débouchés professionnels: le préjudice est concentré surtout pour ceux qui arrivent sur le marché de l'emploi au moment de l'affaire. Les potentiels employeurs auront peut être vaguement entendu parler d'un scandale, mais d'ici quelques mois, il n'y paraîtra plus. Fin mince, Juppé est pressenti et promu médiatiquement comme candidat de la droite aux présidentielles...Comme quoi, la foule oublie et l'on se relève de tout. Avec le temps...
En revanche, pour ceux qui souhaiteraient faire un M2 en mutualisation dans une autre université ou un autre IEP, cela m'étonnerait que les magouilles de SPX soient pardonnées de sitôt.
By the way, est-ce que Cartapanis est vraiment parti? là, ya préjudice quand même ! Ses cours sont géniaux.

t-as-vu-ma-plume 06/11/2014 09:47

C'est dommage, je commençais à vous trouver moins antipathiques. Je ne réponds pas point par point car la plupart de mes réponses sont dans mon billet de départ, que vous n'avez lu que pour en sortir les points de désaccord. Je vous épargnerai également le "J'ai du travail donc pas le temps non plus de passer trois heures par jour sur mon blog", par contre j'assume de ne pas avoir réponse à absolument tout, et ce que j'écris, je le fais avec conviction et du recul.
Et ne venez pas avec ce type d'arguments de fils à papa "on devait être dans une boite à embauches et on a peur". A la sortie personne n'est à l'abri de la galère, grande école réputée ou pas. Et si vous faites vos preuves en stage ou par un parcours cohérent et une recherche de boulot intelligente, ce n'est pas la baisse de réputation de l'étiquette qui vous impactera.
Donc, les "nouveaux", soit vous vous battez avec "les anciens" pour que l'école reste une grande école, soit vous faites les fayots. Mais là, à part les points de débat que vous souleviez avant, vous êtes dans une dynamique répétitive et stérile.

Défendons SPX 05/11/2014 17:43

"Je ne vais pas répondre point par point."
C'est bien dommage... On reste sur notre faim.

"Pour le monde professionnel, ne vous inquiétez pas. L'étiquette Sciences Po joue mais c'est le niveau que vous aurez en sortant et votre réseau qui vous aideront. Si un employeur a déjà vu un ancien SPX passer par chez lui, ce n'est pas demain la veille qu'il dénigrera une nouvelle embauche."
Ouf, avec ces arguments nous n'aurons aucun mal à rassurer nos familles, inquiètes pour notre avenir, et qui viendront avec des questions par millier à Noël. Merci les anciens, vous nous gâtez...

t-as-vu-ma-plume 05/11/2014 13:57

Je ne vais pas répondre point par point.
Simplement trois choses:
- L'affaire qui m'aura concernée n'est certainement pas la seule, mais d'une je n'ai pas assez de détails sur d'autres polémiques passées pour en parler moi-même, de deux ce n'est pas sur celle-là que je me base pour demander une démission... Disons que j'ai une opinion plus que sceptique sur la gestion de l'IEP avec l'équipe actuelle depuis cette affaire là (son curieux sens des priorités, à mettre en avant des partenariats extérieurs mais à être clairement défectueux dans la gestion interne), et que le scandale actuel, bien plus gros, ne fait que la renforcer.
- Oui, il faut défendre l'IEP. Mais défendre l'IEP et son équipe sont deux choses totalement différentes, justement. A partir du moment où un scandale pareil éclate au grand jour (je parle des étudiants et enseignants, même pas des médias), il faut remettre en question le fonctionnement interne. Pour moi, il est nécessaire de parler, de ne pas céder au chantage de "faisons front ensemble pour l'honneur et la réputation de SPX", pour justement mettre en valeur les qualités de SPX qu'il faut sauver en bousculant la direction. C'est ce chantage, ajouté aux censures (commentaires sur le site de l'association des anciens supprimés etc.) qui m'a poussé à faire un article de mon côté. Pour le monde professionnel, ne vous inquiétez pas. L'étiquette Sciences Po joue mais c'est le niveau que vous aurez en sortant et votre réseau qui vous aideront. Si un employeur a déjà vu un ancien SPX passer par chez lui, ce n'est pas demain la veille qu'il dénigrera une nouvelle embauche.
- Enfin, je vous conseille de faire gaffe avec votre site car vous semblez avec ce dernier commentaire tout à fait aptes à débattre mais je trouve (ça n'engage que moi), que la rédaction de vos articles fait très "petits soldats". Et je persiste pour le billet sur Thibault Thomas et ce même s'il communique lui-même ses coordonnées, ça fait vraiment "fichage".

Bon courage pour la suite

Défendons SPX 05/11/2014 13:04

Merci pour votre réponse.

Un: et merci aussi pour la liberté que vous assurez aux personnes qui commentent votre blog
Deux (qui va avec Trois si nous comprenons bien): "du lien fait entre deux affaires pour établir qu'il y a un problème avec la Direction". Nos avons clairement un manque d'information sur cette affaire (pauvres 1A). Nous allons nous renseigner (si vous avez vous-même des éléments nous sommes preneurs). Est-ce là l'essentiel des motivations des anciens ou est-ce que d'autres affaires de ce type incitent à demander la démission du Directeur? Notre motivation est l'investigation, pas le parti-pris.
Enfin merci aussi pour vos précisions concernant M Duval et la demande de "nettoyage du système".

La valeur de notre diplôme est liée à la qualité de notre enseignement, le dynamisme et l'efficacité du réseau des anciens, l'image de la Maison, et les débouchées professionnelles qu'il offre. Nous sommes inquiets sur tout ces points:

- la qualité de l'enseignement: les conventions dénoncées apportaient incontestablement de l'argent à l'école (nous ne sommes pas convaincus par les qualificatifs de "beaucoup" ou "énormément", nous attendons de l'audit des chiffres précis). Cet argent rentrait manifestement exclusivement dans les caisses de l'école. Il participait alors à rémunérer nos professeurs, nous offrir nos tablettes que toutes les autres écoles nous envient, les moyens généraux, etc. Et servait aussi à nous demander les droits d'inscription les plus bas de tous les IEP. S'il n'y a plus cet argent, est-ce que l'école sera capable de continuer à nous "payer" les meilleurs profs possibles? Quand nous voyons les problèmes financiers des autres IEP (locaux vétustes, profs mal payés, vacataires qui manifestent régulièrement, hausses importantes des frais d'inscription, etc.) nous nous interrogeons sur l'avenir de la qualité de notre enseignement.

- le réseau des anciens: nous sommes inquiets de l'image que donne la prise à parti publique du président des diplômés face à certains anciens. Nous sommes aussi inquiets des propos tenus contre l'école, ou du clivage entre les pro-Duval et les anti-Duval, alors que, comme vous l'avez souligné, le débat ne se situe pas là. Pourtant la pétition en ligne demande bien la démission de M. Duval. Pourquoi les anciens n'ont-ils pas fait une pétition pour une meilleur représentation des anciens, ou demander à ce que les diplômés non-élus puissent avoir un pouvoir consultatif, ou autre? En supposant que M. Duval ne soit pas reconduit, en quoi ce mouvement garantira que son successeur sera plus transparent (en dehors de sa parole)? Les événements politiques récent dans le monde montrent que c'est pas en changeant une tête que la démocratie s'installe.

- l'image de la Maison: inutile d'argumenter le fait qu'elle est entachée...

- les débouchées professionnelles: en étudiant les conventions qui ont été dénoncées nous avons vu qu'une d'entre elle, entre autre, était signée avec le syndicat CFE-CGC qui semble représenter les cadres de grandes entreprises françaises. Que vont penser ces entreprises lorsqu'elles recevront nos CV dans quelques années? Quelle image tout ceci donne de notre école au niveau international? Nous n'avons pas envie de l'étiquette d'une formation corrompue, malhonnête, ou de paraître comme des étudiants "peu fiable", capables de mettre sur la place publique les moindres dysfonctionnements qu'ils pourraient rencontrer. Oui c'est bien de dénoncer, mais notre formation ne nous incite-t-elle pas à toujours orienter nos choix et nos actes par une vision stratégique, en contextualisant et pesant tous les tenants et aboutissants. C'est en tout cas les raison qui nous ont conduit à suivre cette formation. Nous craignons qu'elle ne nous apporte pas ce que nous cherchions à en observer la restitution faite par les anciens. Et croyez-nous, nous sommes les premiers à le déplorer, car c'est nous qui devrons convaincre nos futurs employeurs de nous engager.

(Nous sommes désolés de squatter votre blog…)
Au plaisir de continuer à débattre sur ces points.

Le Collectif Défendons SPX