Dexter fait son cinéma!

Publié le 22 Janvier 2015

C'est le titre du septième et dernier tome de la série des livres Dexter.

Car oui, Dexter, ce sont d'abord des livres, puis une série.

"Expert en médecine légale spécialisé dans l'analyse de traces de sang dans la police le jour, tueur en série la nuit, Dexter Morgan n'est pas exactement un citoyen américain comme les autres. Il porte, en effet, un lourd secret. Traumatisé dans sa plus tendre enfance par le meurtre de sa mère, il a été ensuite recueilli par un officier de police de Miami. Il se dit incapable de ressentir la moindre émotion. Incapable, si ce n'est lorsqu'il satisfait les pulsions meurtrières que son père adoptif lui a appris à canaliser : de fait, Dexter ne tue que des criminels qui échappent au système judiciaire. Bien que sa soif de tuer lui pèse, il parvient à mener une existence relativement normale et à sauver les apparences auprès de ses collègues, amis et petite amie."

LA SERIE FIDELE AUX LIVRES JUSQU'AU BOUT DES ONGLES?

Pas si sûr...

Je n'en suis qu'au deuxième tome pour le moment. Et en faisant les choses dans le désordre (j'ai d'abord vu les saisons de la série), je ne peux pas m'empêcher de faire sans cesse des comparaisons entre les deux supports.

Dans un premier temps, on est impressionné par la ressemblance très frappante entre ce qui est écrit et ce qui est transposé à l'écran.

Comme si le moindre regard, la moindre goutte des sang, était l'incarnation directe des mots qu'on pourrait lire. Ainsi, je pense que si j'avais lu les livres en premier, j'aurais été séduite par la série d'emblée et l'aurais trouvée très fidèle dans l'adaptation. Notamment pour les personnages (Masuka, Deb, Laguerta, Doakes...)

A titre d'exemple, voici le générique, qui regroupe toute l'ironie du ton de l'histoire, et montre un acteur très bien choisi pour incarner ce beau gosse sans émotions et énigmatique.

Par contre, dès le premier livre, on constate que les scénaristes ont pris des libertés (et de sacrées libertés d'ailleurs) pour arranger l'histoire à leur façon.

Ce n'est donc peut-être pas pour rien qu'à partir de la saison 5 (quand les concepteurs ont été remplacés), ça part un peu en vrille, non seulement dans l'histoire, mais dans l'évolution des personnages. Tout est poussif dans le ton, peu crédible dans les rapports entre Dexter et les autres personnages, et invraisemblable dans les nouvelles histoires...

Image qui montre selon moi l'invraisemblance de la série au fur et à mesure...

Image qui montre selon moi l'invraisemblance de la série au fur et à mesure...

Même l'acteur de Dexter reconnaît qu'il y a eu 4 saisons de trop!

Du coup, lire les livres présente un intérêt certain : il y a une autre histoire à suivre et sans doute une autre fin.

BON MAIS SINON, LE LIVRE?

Pendant ma lecture, j'ai essayé de me concentrer sur le livre, et non sur les images plus ou moins fidèles qui me venaient à l'esprit en guise de réminiscences de la série.

Le ton ironique est pour beaucoup dans l'intérêt qu'on peut avoir à suivre l'histoire. Et la soeur de Dexter est un personnage secondaire très intéressant à suivre par rapport à ce qu'on peut voir habituellement dans des romans policiers/thrillers. Au-delà du cynisme et de l'humour noir prépondérants (un peu obligé, avec ce profil d'histoire), le récit est plutôt original. On a un anti-héros qu'on ne sait pas trop comment appréhender. Doit-il nous être sympathique? Doit-on le détester et espérer qu'il se fasse arrêter ou meure le plus vite possible? L'écrivain lui accorde en effet moins de crédits que les scénaristes de la série (bigre, voilà que je compare de nouveau!).

Petit bémol (on verra si ça se confirme car il me reste 5 livres 1/2 à lire), l'écriture s'appuie trop sur le ton ironique je viens de vanter. Et ça donne des passages un peu lourdingues à mon goût, un peu comme les quelques pages que j'ai lues du roman de Hugues Laurie (l'acteur qui incarne Dr House à la perfection).

Par exemple, la phrase ci-dessous est jubilatoire quand on la lit, mais au bout du troisième passage du même acabit en trois pages, j'ai un peu de mal:

"Qu'est-ce que le sommeil, en définitive, sinon le moyen de reléguer notre démence au fond de la trappe sombre de notre subconscient pour nous réveiller le lendemain prêt à manger un bol de céréales et non les gosses des voisins."

Autres extraits :

"Je réfléchis au contenu de ma garde-robe. Effectivement, j'étais toujours élégant. Je mettais un point d'honneur à être le monstre le mieux habillé de tout le comté de Dade. Oui, c'est vrai, il a découpé en morceaux ce gentil Mr Duarte, mais qu'est-ce qu'il était bien habillé! Une tenue appropriée à chaque circonstance. Au fait, que fallait-il porter pour assister à une décapitation de bon matin? Une chemisette colorée un peu cracra et un pantalon, bien sûr! J'étais dans le vent. Mis à part, donc, le choix hâtif du jour, j'étais toujours méticuleux. C'était un des leçons de Harry: être soigné, bien s'habiller, rester discret."

"Je ne peux même pas avoir un animal de compagnie. Les bêtes me détestent. Un jour, j’ai acheté un chien ; il m’a aboyé et hurlé après avec une telle violence pendant deux jours d’affilée que j’ai été obligé de m’en débarrasser. Plus tard j’ai essayé une tortue. J’ai eu le malheur de la toucher une fois ; elle n’a plus jamais voulu sortir de sa carapace et au bout de quelques jours elle a fini par mourir. Tout plutôt que de me voir ou de me sentir la toucher à nouveau.
Personne d’autre ne m’aime, ni ne m’aimera jamais. Moi-même y compris (surtout moi-même d’ailleur
s)."

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #A la croisée des arts

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Commenter cet article

COURBET 22/01/2015 16:04

Pas mal !!!!