Le temps des autodafés est revenu

Publié le 3 Février 2015

L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde.

Nelson Mandela

Daesh (Moyen Orient) et Boko Haram (Afrique, surtout au Nigéria) l'ont décidément bien compris. On s'attaque s'attaque ainsi aux livres, et à l'éducation des jeunes filles. Et je reste effarée de constater qu'en dix mois (depuis mon dernier billet sur le sujet) la situation s'est considérablement empirée.

Le temps des autodafés est revenu

BOKO HARAM SIGNIFIERAIT "LES LIVRES SONT PECHES"

Au nord du Nigeria, la secte Boko Haram, créée en 2002, devient très violente après l'exécution en 2009 de Mohamed Yusuf, son fondateur. Après s'être attaqués aux «mauvais musulmans» et aux chrétiens, les hommes de Boko Haram se mettent à enlever, violer, les jeunes filles scolarisées et tuer les jeunes garçons quand ils ne les enrôlent pas de force dans leur rangs. Boko Haram serait une déformation auditive de «books are haram» (les livres sont un péché).

Si cette définition est exacte, alors cette secte islamiste a compris au moins aussi bien que les autres le pouvoir que la connaissance et l'éducation peuvent procurer. Et s'empare elle-même du pouvoir par la peur et l'interdiction d'accès à l'éducation.

L'AUTODAFE DE RIGUEUR POUR DAESH

C'est une tristesse infinie d'observer ce genre d'actualités sur notre planète. Désolée, je ne suis qu'un bisounours qui ne veut vivre qu'avec des bisounours tolérants les uns envers les autres.

C’est une information d’Alarabtv (lien en arabe), qui relate avec force détails ce qui pourrait être le plus grand autodafé de l’Histoire. Cette information Associated Press mise en ligne le 1er février n’a pas été encore confirmée par les autorités. Selon Alarabtv, courant janvier, des combattants de Daech auraient pris possession de la Bibliothèque centrale pour «assainir» les fonds documentaires. Selon les habitants, ils auraient emmené avec eux dans six pickups plus de deux milles livres pour les détruire. Etaient concernés, les livres pour enfants, de poésie, de philosophie, de santé, de sport et de sciences, ainsi que les journaux datant du début du XXe siècle, des cartes ottomanes et des collections privées offertes par les vieilles familles de Mossoul. Seuls les livres traitant de l’islam auraient été épargnés.

Désobéissance à Dieu
Un homme en tenue afghane aurait harangué la foule : «Ces livres appellent à la désobéissance à Dieu, ils doivent être brûlés.» Les assaillants auraient ensuite mis le feu aux documents devant les étudiants. «Les extrémistes ont déjà commencé à détruire les livres dans les autres bibliothèques publiques de Mossoul le mois dernier (janvier, NDLR) », témoigne un professeur d’histoire de l’Université de Mossoul. Selon lui, les préjudices touchent les archives d’une bibliothèque sunnite, celle de l’Eglise latine et le monastère des Dominicains.

Les combattants de Daech s’en sont ensuite pris à la bibliothèque du Musée de Mossoul et ont détruit des œuvres datant de 5.000 ans avant Jésus Christ. Daech «perçoit la culture, la civilisation et la science comme des ennemis féroces», remarque le député irakien Hakim Al Zamili.

Les bibliothèques de Mossoul avaient déjà subi deux pillages : en 2003 avec la chute de Saddam Hussein et en juin 2014 lorsque les djihadistes ont pris le contrôle de la ville. De nombreux manuscrits ont été exportés clandestinement.Les Dominicains, eux, avaient comme
ncé à numériser les manuscrits dans les années 90.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

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COURBET 03/02/2015 17:17

En effet Boko vient de "BOOK" (Anglais) et Haram signifie " INTERDIT ...
Voilà ! j'ai participé ....
Bisous de nous deux.
G. et J.L.C.