Ecrivain n'est pas un métier comme un autre

Publié le 19 Mars 2015

Alors que le Salon du Livre concentrera toute l'attention du monde littéraire ce week-end, plusieurs polémiques agitent l'évènement.

Je n'en choisis qu'une, mais elle démontre ceci, en tout cas pour moi : A moins d'être un auteur à succès qui peut compter sur sa plume pour vivre sans trop se poser de questions, IL NE FAUT PAS considérer cette activité comme un métier au sens d'un travail moyennant rémunération. Sinon on s'épuise, on perd son temps et surtout, on assassine toute illusion.

DE LA CRUAUTE DU MONDE DU LIVRE

Le monde littéraire est construit de telle sorte que l'argent ne rémunère pas la plume mais l'activité autour. C'est dégueulasse.

1€ en moyenne par exemplaire vendu 18 ou 20 € au total. Un travail acharné, minutieux, de longue haleine de la part de celui qui écrit, pour obtenir moins de 10%, tandis qu'éditeur et libraire se partagent la plus grande part (et ils le méritent certainement, là n'est pas le débat). Comment vivre et écrire en espérant en tirer quelque profit dans ce contexte? (A moins d'être génial ET chanceux).

L'écrivain est considéré comme le Van Gogh qui a besoin de s'exprimer et qui doit s'estimer heureux de voir que son livre est distribué. La récompense est le fait d'être lu si possible par d'autres personnes que son entourage proche.

Et on se dit écrivain à partir du moment où un inconnu nous lit.

Ecrivain n'est pas un métier comme un autre

ET NOUS, ET MOI, PAUVRES FOURMIS DANS UN MONDE TROP GRAND

Voilà pourquoi, quand on me demande si je passe assez de temps à démarcher des éditeurs pour me donner une chance de percer pour de bon, je réponds que non, et que je ne le veux pas.

J'écris quand j'en ai envie, j'écris ce qui me fait du bien, j'écris à la fréquence que je veux sans rendre aucun compte à qui que ce soit. A la fin, si ça plait, tant mieux, sinon je continue d'écrire de toute façon. Tant que j'en ai envie. Et c'est pour ça que je n'attends rien en termes financiers.

Si je dépasse ce stade qui est de l'ordre de la passion (qui m'occupe actuellement quelques heures par semaine au plus) et que je m'organise pour envoyer des dizaines de manuscrits, que je négocie avec un éditeur pour ne pas avoir à corriger tel passage, que je capitule devant une illustration toute pourrie pour la couverture, que je me fade des démarchages en pagaille pour avoir une table dans un salon littéraire et rester plantée pendant des heures en souriant aux passants gênés jusqu'à ce qu'ils viennent à moins d'un mètre de mon livre... Alors là, oui, ça deviendrait un métier, et j'en exigerai une rémunération. Sauf que même si j'en obtiens une, elle sera ridicule.

ALORS ON FAIT QUOI?

On continue par passion ou on laisse tomber. En faisant de l'auto-publication plutôt que de m'épuiser à faire de la chasse à l'éditeur, chasse qui serait peut-être vaine, si j'arrive à dépasser les 100 exemplaires vendus, cela tiendrait du miracle. Mais le chiffre est ce qui compte le moins dans cette activité de plume.

Mais en faisant ainsi j'offre mes tripes, avec un texte que j'essaie de corriger le mieux possible par moi-même, un bouquin au prix défiant toute concurrence pour ne pas me placer au-dessus de ce que je mérite en tant qu'écrivain amateur, et qui couvre simplement le coût de production.

Au lecteur éventuel, cela demandera simplement un effort supplémentaire pour se le procurer: aller sur un site plus intimiste "exprès", pas sur Amazon, pas en librairie.

A la fin, c'est de toute façon lui qui décide. Mais moi je reste à faire ce qui me plait, et pas chercher à me vendre à tout prix pour devenir désespérée.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Je prends ma plume..., #Le Canard se déplume, #Mes écrits : Poids Plume

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COURBET G. et J.L. 19/03/2015 16:21

C'est bien ce que tu fais !!!
G. et J.L.C.

COURBET G. et J.L. 19/03/2015 16:20

C'est bien-sûr un boulot d'"artiste" !!!
Tous les artistes doivent supporter les affres d'une structure névrotique plus pénible que le commun des lecteurs ....
L'art sert surtout et en premier à "ramener" la souffrance névrotique à un état "normal", c'est à dire supportable pour ses connaissances (voire acceptable). Ensuite la perversion sociale fait le reste . Elle invente de l'art (ou du cochon?) et surtout "fabrique" des zélateurs auto-satisfaits. Le reste des "amateurs" sont de petits névrosés "normaux !
Voir l'art et la folie . Voir le tableau de G.C. (L'angoisse), et sa copie de E. Munch. (Suis pas sûr de la bonne écriture ). Lire Erasme et son "Eloge de la folie").
Bisous de nous deux.
P.S.1- On va bien quand-même !
P.S.2- C'est bien ce que tu fais .