Pour un clin d'oeil de Kevin Spacey...

Publié le 30 Mars 2015

Comment parler politique au lendemain d'élections, mais sans parler des élections? Parler d'House of cards, bien sûr!

Au moins, Francis Underwood, en politique, il gagne tout... mais à quel prix?

Kevin Spacey incarne Franck Underwood, un arriviste politique qui pourrait ressembler à tant d'autres s'il n'avait pas autant de talent et aussi peu de scrupules (disons que j'espère que peu d'hommes et de femmes lui ressemblent dans la réalité). L'histoire de la série s'inspire largement, du moins pour la première saison, des livres écrits par Michael Dobbs, sur un homme politique anglais.

"Après la démission de Margaret Thatcher, le Parti conservateur au pouvoir doit élire un nouveau Premier ministre. Le député Francis Urquhart, Chief Whip du gouvernement à la Chambre des communes, aide Henry « Hal » Collingridge à remporter la victoire, espérant ainsi une promotion au sein du prochain Cabinet. Mais après les élections générales, que le parti remporte avec une faible majorité, Collingridge — citant l'exemple d'Harold Macmillan renvoyant la moitié de son Cabinet en 1962 — ne compte pas faire de remaniement ministériel. Urquhart est donc bien résolu à se venger de Collingridge, avec le soutien de sa femme Elizabeth."

En plaçant l'adaptation à Washington, la série s'offre davantage de perspectives scénaristiques notamment pour tout ce qui concerne la vie privée, et notamment la vie de couple du héros, puisque ces aspects sont essentiels dans la vie politique américaine.

Une série que j'aime beaucoup, pour son duo d'acteurs hors-normes et pour le jeu dangereux qu'elle joue avec la réalité, de plus en plus.

Quand fiction et réalité s'entremêlent dangereusement

La saison 1 de la série démontre un complot au sommet, machiavélique à souhait et crédible en même temps, ce qui a de quoi effrayer : les personnages politiques au sommet du château de cartes ont-ils donc tous du sang sur les mains?

Ce type de considération n'a pas semblé embarrasser l'Elysée, puisque l'équipe communication s'est inspirée de la charte de la série pour faire passer certains messages. Si la manoeuvre peut paraître astucieuse, il y a un léger risque à se faire assimiler aux raclures du paysage politique de la série. Et vu la notoriété de nos politiques, dans le gouvernement comme dans l'opposition, ce n'est peut-être pas le bon moment d'en rajouter...

Pour un clin d'oeil de Kevin Spacey...Pour un clin d'oeil de Kevin Spacey...
Pour un clin d'oeil de Kevin Spacey...

Dans l'autre sens, la saison 3 s'attache davantage à l'actualité, nationale et internationale que les précédentes. Ainsi, on a un Président démocrate (!!!) qui veut mettre à bas toutes les prestations sociales afin de financer la création de 10 millions d'emplois. Le discours dans la série est on ne peut plus clair, on n'a droit à rien, et si on a un travail, on peut chacun se démerder en société... un message à faire passer aux gouvernements actuels?

Par ailleurs, la Maison Blanche travaille avec le Président russe, un certain Petrov grand, musclé et blond, sortant du KGB... Ca ne vous rappelle rien? Il se trouve qu'il est particulièrement odieux et manipulateur, alors même que le Président américain fait preuve de bonne volonté et tient à mener son opération militaire pour a paix dans le Moyen-Orient. Si on reste dans la fiction, ça passe. Mais on frôle la démagogie si on accepte de faire le lien avec la réelle actualité.

Regarder House of cards, c'est donc un exercice prenant, dans lequel on doit faire une manoeuvre inédite et inversée : ne pas trop s'identifier à ce qui s'y raconte.

Du jeu d'échecs au château de cartes - un couple mythique du petit écran

La série ne serait pas ce qu'elle est sans Robin Wright et Kevin Spacey, tout simplement prodigieux, et récompensés à juste titre.

Claire Underwood est une femme de politicien parfaite, superbe, élégante, diplomate, avec un réseau d'influence importante et de l'argent, et un manque de scrupule et une dureté qu'on ne soupçonne pas derrière son sourire de femme de...

Quant à Francis Underwood, joué par Kevin Spacey... Comment dire? C'est sans doute l'un des acteurs qui représentent le mieux l'idée du méchant... Usual Suspects, Seven, et maintenant House of cards, pour ne citer que ces trois projets, sont autant d'exemples de l'amplitude de son talent.

Hormis son jeu machiavélique, il parle parfois à la caméra, c'est à dire à nous, pauvres spectateurs qui avons envie de se ratatiner dès qu'il plante ses yeux dans les notres, avec ce type de pique "Qu'est-ce que vous regardez?" et qui nous donnent envie de nous cacher sous la table basse.

Leur relation fait tout, pour le récit et pour la réussite des personnages. Car il ne serait pas ce qu'il est sans elle, et inversement. Aussi, quand le jeu d'échecs implacable qu'il mène de main de maîtres en tant que toi et reine du plateau de jeu, se transforme en château de cartes qui s'écroule peu à peu, le spectacle est fascinant à regarder.

Pour un clin d'oeil de Kevin Spacey...

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #Le Canard se déplume

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