Lost River - Est-ce qu'on a perdu Ryan Gosling?

Publié le 23 Avril 2015

Les critiques sur ce film sont mitigées.

On s'émerveille de voir un beau gosse s'emparer de la caméra au lieu de jouer devant elle (en même temps, en quoi un beau visage dispense d'être créatif et d'avoir quelque chose à raconter?) et dans le même temps on parle d'un film boiteux, avec les défauts du premier film : le réalisateur a peut-être voulu trop en faire, trop dire avec un seul long métrage.

Alors, Ryan s'est perdu? Nous a-t-il perdus?

Une humanité perdue?

Ca se passe dans une ville un peu sans nom (Lost River...), mais le film est tourné à Détroit.

On devient une crise économie violente qui a eu lieu, a forcé les trois quarts de la population à partir, laissant à l'abandon des baraques cossues et typiquement américaines.

Une mère se bat comme elle peut pour conserver sa maison, où elle vit avec ses deux enfants. L'aîné cherche du cuivre mais s'attire les foudres de celui qui s'est auto-proclamé roi de la ville. Une jeune fille attend que quelqu'un la sauve. Des habitants vont se défouler dans un club mêlant spectacles sordides et séances sado-masos avec des prostituées (protégées par des caissons)...

On se demande ce qu'il y a à sauver.

Lost River - Est-ce qu'on a perdu Ryan Gosling?

Ryan ne s'est pas perdu...

Il sait exactement ce qu'il veut raconter et comment, et avec qui. Ses personnages sont touchants, son récit est poignant. Il ne prend rien avec des pincettes et c'est tant mieux. Des scènes nous marqueront en tant que spectateurs par leur délicatesse, d'autres par leur atrocité.

Les acteurs jouent une partition exemplaire, avec notamment notre Frenchie Reda Kateb (qui est je dois le reconnaître l'une des raisons pour lesquelles j'ai voulu voir ce film).

... Mais il nous perd un peu nous, malheureusement.

N'étant pas une critique professionnelle de cinéma, je ne peux qu'émettre des suppositions et des avis de simple spectatrice. Mais je me dis que les critiques viennent de là.

Ryan Gosling met certainement beaucoup d'intentions dans son film, mais en termes de réalisation et montage, ne serait-ce que sur les effets visuels particulièrement recherchés à chaque seconde (les coiffures, les lumières, les décors, le feu qui prend partout, le lac inquiétant...), on a plutôt l'impression de regarder un long clip (servi par contre 'une superbe bande son), ou un album photo de tout ce qui a pu influencé Ryan Gosling depuis qu'il baigne dans le cinéma.

Pour appuyer mon argumentation, des extraits d'analyses un peu plus "pros", qui permettent quand même de dire que Lost River est un bon film, à voir :

Voulant sauter le pas vers la réalisation, Ryan Gosling met fait foi de toutes ses inspirations un peu trop référentielles. Nommé Lost River, son premier film, est alors une sorte de synthèse de toutes les influences artistiques que Ryan Gosling a pu côtoyer durant sa carrière protéiforme. Sans crier au génie comme la quintessence d’un Eraserhead, où l’on décèle chez Lost River une pointe d’opportunisme, l’exercice de style donne un résultat singulier, à la fois glam et gothique, quoiqu’un peu lisse pour être tout à fait marginal.

Beaucoup diront, sans doute, que le tout jeune cinéaste reste encore sous l'influence de ceux qui l'ont fait tourner : Derek Cianfrance (The Place beyond the pines) et, bien sûr, Nicolas Winding Refn (Drive, Only God forgives). Quelques ralentis pas vraiment indispensables, deux ou trois cadrages inutilement sophistiqués pourraient leur donner raison. Mais sous la lutte candide, au romantisme adolescent, entre le bien et le mal que filme Ryan Gosling, perce une inquiétude existentielle que l'on ne voit guère dans le jeune cinéma américain.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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