Que retenir de Birdman? De la folie à l'état pur

Publié le 2 Avril 2015

Vous avez aimé Babel? 21 grammes? Biutiful? Du même réalisateur Alejandro González Iñárritu ?

Oui? Non ? Vous ne les avez pas vus?

On s'en fout.

Là, c'est un ofni. Avec tout dedans.

Un putain de sujet très bien exploité

Ca pourrait faire réchauffé : L'acteur Riggan Thomson s'apprête à monter sur scène dans une pièce de Raymond Carver. Un tournant important pour lui qui a connu la gloire il y a des années en incarnant Birdman, dans un film de super-héros. Riggan, qui mise sa chemise dans l'histoire, doit remplacer un des acteurs par l'incontrôlable Mike Shiner. Alors qu'il se pose des questions sur sa légitimité en tant qu'acteur, Riggan doit également gérer son entourage, Brandon, son producteur, Sam, sa fille, qui sort de cure de désintoxication et sa maîtresse Laura, qui lui annonce qu'elle est enceinte. Alors que les générales ont été cahotiques, la première approche....

En effet, les questionnements sur le métier d'acteur, c'est à la mode en ce moment. La volonté d'intellectualiser ceux qui ont incarné des personnages dans des films plus notables pour leurs costumes que leurs scénarios, aussi.

Mais là, c'est un cocktail explosif de schizophrénie, de doutes, de réparties juteuses, de scènes de coulisses, de conflits liés à l'intimité inhérente à une équipe de comédiens qui répètent chaque jour, de duels entre acteurs, de crises d'égo pour exister plus que les autres devant les spectateurs...

On est à huit clos, et les spectateurs, qui représentent l'enjeu majeur dans l'histoire puisqu'ils doivent être nombreux pour rendre crédible le projet de Riggan Thomson, sont absents de l'intrigue. On se sent dans un microcosme, ou dans la tête de notre héros, tout dépend.

Que retenir de Birdman? De la folie à l'état pur

C'est donc un film hommage sur le cinéma, même s'il traite d'un gars qui a fait toute sa carrière sur une trilogie de films de super héros qui ne valent pas forcément grand chose artistiquement parlant. Un film sur le besoin de s'exprimer, de se montrer tel qu'on est au fond de soi plutôt que tel que les autres nous voient...

Un clin d'oeil au Mickael Kaeaton qui, avant d'incarner cet ancien Bridman, a été le Batman de Tim Burton entre 1989 et 1992?

Que retenir de Birdman? De la folie à l'état purQue retenir de Birdman? De la folie à l'état pur

Une mise en scène brillante

Ca commence avec un casting d'enfer : Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton, Andrea Riseborough, Amy Ryan, Emma Stone, Naomi Watts

Et nous sommes mis direct dans l'ambiance avec une musique de film pour le moins originale. Les percussions rythment les émotions, l'action, les pas, les battements de coeur des personnages et du spectateur. C'est un pur régal.

Un hommage à Raymond Carver - l'oeuvre et l'homme

Le film traite d'une adaptation de what we talk about when we talk about love (ou "Parlez-moi d'amour", en français titre beaucoup moins parlant).

Alors j'ai cherché quelques extraits. Déjà, les scènes qu'on voit dans la film sont très difficile à l'esprit de l'ouevre de Carver, du peu que j'ai appris.

"C’est tout de même drôle de boire. Quand j’y pense, c’est en buvant que nous avons pris toutes nos décisions. Même lorsque nous avons envisagé de moins boire, nous nous installions pour en discuter à la table de la cuisine, ou devant la table de pique-nique avec six bières ou une fiasque de whisky."

Mais surtout, on peut voir dans la fin du film une sorte de référence à ce que pouvait ressentie Raymond Carver, mort en 1988, qui ne supportait pas ce que son éditeur faisait de ses derniers livres.

"Flairant en Carver l'écrivain de génie, Lish va s'emparer de ses textes et les soumettre à un traitement de choc. C'est lui, en réalité - en tout cas à cette époque -, qui coupe et taille à l'extrême. Pour certaines nouvelles ("Où sont-ils passés, tous ?"), il réduit jusqu'à 78 % le texte de Carver ! Ce faisant, néanmoins, il le lance. En quelques années, Carver devient une star. Mais cette gloire le met mal à l'aise. Aux admirateurs qui saluent en lui le "pape du minimalisme", il lâche : "Je ne sais pas ce qu'est le minimalisme. Demandez à mon éditeur !"

Olivier Cohen, l'éditeur français de Carver, compare l'intervention de Gordon Lish à une forme très particulière de chirurgie esthétique. "Imaginez, dit-il. On vous opère pour un problème de cloison nasale et on vous fait la tête de Brad Pitt. En enlevant les bandages, vous vous écriez : "Mais... ce n'est pas moi du tout !" Et on vous répond : "Non, mais vous serez beaucoup mieux comme ça. Et, en plus, vous allez devenir célèbre !"""


Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article