Mia madre : le journal intime de Nanni Moretti

Publié le 15 Décembre 2015

Quelques mots sur un film très intimiste, assez caractéristique de l'oeuvre de Nanni Moretti. On y retrouve l'idée du deuil, même si en l'occurrence c'est l'approche du deuil, le cercle familial comme théâtre, et les réflexions existentielles comme un sujet largement sous-entendu.

UNE HISTOIRE VRAIE

Nanni Moretti a perdu sa mère pendant le tournage d'Habemus papam, et raconte donc dans Mia Madre son histoire. Ici, pas de suspense, on sait que la mère de la narratrice va s'éteindre peu à peu. L'important, c'est comment chacun le vit. Pour une fois, le réalisateur a choisi de déplacer légèrement sa caméra pour la centrer sur un personnage féminin, au lieu de lui-même. Pourtant, c'est réellement son témoignage à lui qui respire dans le film, à travers le métier de cinéaste du personnage principal, de quelques anecdotes et références...

DE L'EGO ET DE L'HUMILITE

C'est plutôt rare, de retrouver ces deux traits de caractère chez un réalisateur. Mais il faut déjà bien reconnaître que pour pouvoir raconter au cinéma une histoire aussi intimé que la perte de sa mère, seulement deux ou trois ans après les faits, un certain niveau d'égocentrisme est demandé. Cela, Nanni l'a, sans problème. C'est tellement proche de sa sphère qu'en tant que spectateur, on peut se demander quel est l'intérêt de ce double-récit (le premier à l'hôpital et le deuxième à ce point ancré au plus près du tournage de film assuré par le personnage principal).

En même temps, pour une fois justement, c'est une femme qui joue à sa place le personnage qui doit se remettre en question, qui est au centre de tout et qui est sur le point de perdre pied devant la "fin d'une ère" que peut représenter la perte de sa mère. Une façon de prendre un peu de distance avec ce sujet si délicat? Je trouve par ailleurs l'affiche très belle et vraiment représentative de ce que le film entend faire passer.

L'humilité se retrouve dans le ton, très juste, du film. Ce sont des sentiments profonds (venant moins facilement que des sentiments immédiats) qui sont véhiculés : la tendresse au lieu du pathos, la mélancolie au lieu de la comédie, l'appréhension au lieu de la peur, le ressenti plus que la colère...

C'est peut-être pour ce dernier point que je vous le recommanderai.

Mia madre : le journal intime de Nanni Moretti

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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Bernieshoot 15/12/2015 16:56

j'ai particulièrement aimé ce film