Dernier Tarantino - on n'a jamais autant aimé les salopards

Publié le 14 Janvier 2016

Je te préviens lecteur, c'est du Tarantino pur jus. Si tu n'as aimé que Django Unchained auparavant, passe ton chemin.

Tu as aimé Reservoir dogs et Pulp Fiction? Alors voici 8 raisons pour foncer. Car ce film n'est pas un réchauffé des films précédents au simple motif qu'on retrouve les mêmes acteurs, et n'est pas non plus le film facile qui décline la recette miracle de Tarantino. Les ingrédients sont les mêmes mais la recette, toujours différente, est un régal.

UN CASTING DE REVE

Tarantino a réuni ses copains, et c'est ce qui me faisait peur en voyant la bande annonce. Mais ils jouent des personnages différents, et différemment. Donc je reprends avec plaisir la diligence avec ceux là : Samual L Jackson (Pulp Fiction) et Kurt Russel (Boulevard de la mort).

Quant à Jennifer Jason Leigh, elle assure face à ces sept gars dont plus d'un s'avèrent liés à elle.

Et puis Michael Madsen, avec sa voix... Rien que pour sa voix, il faut voir le film en VO.

Dernier Tarantino - on n'a jamais autant aimé les salopards

MUSIQUE

Ennio Morricone a signé une bande originale pour ce film, et c'est une première pour Tarantino qui a décidé de ne pas recycler cette fois de vieux titres en les utilisant à contre-courant.

Et le compositeur de 87 ans (!!!) n'a rien perdu de sa superbe.

AMBIANCE

Western, western, western. C'est le genre préféré de notre réalisateur. Les paysages grandioses, et pour une fois enneigés ; la tension palpable entre des truands pas forcément trop méchants mais faciles de la gachette et provocateurs ; la longueur de certaines scènes et l'attente de la confrontation ; le profil de personnages dont la réputation les précède tous ; l'idée de voyage interminable pour retrouver le monde civilisé ; la réflexion sur ce qu'est la justice (livrer un coupable à des bourreaux officiels ou se venger directement?)... Tout ça, c'est le western et tout ça, c'est dans Les 8 salopards.

8 CLOS

On en a deux. Un dans une diligence, où on finit par se rendre compte des conséquences de la promiscuité entre des personnages qui ne s'entendent guère au fil des heures. L'autre dans une auberge, où la méfiance s'ajoute à cette haine de la promiscuité forcée. Forcément, c'est tendu. Forcément, ça va mal finir.

Mais avec Tarantino, la question n'est pas de savoir qui survit et qui meurt, mais plutôt d'essayer de deviner dans quel ordre est-ce que chacun finit avec une balle (ou s'il meurt d'une autre façon, notre réalisateur est plutôt imaginatif en la matière).

Là, on rejoint des films comme Inglorious Basterds avec cette fameuse scène dans l'auberge entre espions américains et nazis, ou encore Reservoir Dogs, dont le huit-clos dans le garage qui fait quasiment tout le film se révèle d'un suspense rarement égalé.

Dernier Tarantino - on n'a jamais autant aimé les salopards

REPLIQUES

Nombreuses d'entre elles seront cultes, à n'en pas douter. Et chaque personnage je crois a son lot de gourmandises de vocabulaire, de malice et de grossièreté.

Mais il me faudra un peu de temps pour me souvenir des pépites en la matière.

SCENES INTERMINABLES

C'est le propre des western, quelque part. Mais dans les western, le silence (et sa musique) devient alors un personnage à part entière. Souvenons-nous des fameuses regards entre Clint Eastwood et Eli Wallach... Avec Tarantino, même si la musique est importante, les personnages n'arrêtent tout simplement jamais, mais JAMAIS, de parler.

Et j'avoue que j'ai une ou deux fois trouvé le temps long, en me disant que sur 2H45 de film, 10 ou 15 minutes de moins, ça aurait peut-être été mieux.

Mais en même temps, j'imagine que la plupart des fans ont savouré chaque minute.

HUMOUR ET HORREUR

Etre une personne saine d'esprit tout en riant aux éclats alors qu'un type se fait littéralement exploser la cervelle et que la nana d'à côté se retrouve avec le visage plein d'éclaboussures de son sang, c'est possible?

Oui, mais qu'avec Tarantino, qui peut aller très très loin sans jamais dévier de son but initial, nous divertir, et pas nous faire passer des messages glauques ou angoissants.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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