Chronique pour le Mouv'In - Léo, le cinéma et les ours blancs

Publié le 4 Mars 2016

Il y a un peu plus de 15 jours, les résultats des Oscars n'étaient pas encore tombés. J'avais peur pour notre cher Léo, tout en étant plutôt confiante. Je n'avais pas pu m'empêcher, alors, de faire un parallèle entre une campagne pour obtenir un prix et une campagne électorale en politique, entre le candidat parfait pour une récompense (avec des qualités qui doivent dépasser le simple jeu d'acteur) et celui pour une élection, entre l'influence d'un poids lourd d'Hollywood et celle d'un Ministre européen...

A ce jeu-là, pas de suspense, à la fin, c'est Léo qui gagnera toujours.

Voici ma chronique. Et une prochaine fois, je vous parlerai du film The Revenant.

Chronique pour le Mouv'In - Léo, le cinéma et les ours blancs

Quand le cinéma éclipse le politique

Cinéma et politique sont souvent liés. De différentes manières. Ok, des films sont régulièrement consacrés à des personnalités marquantes ou des épisodes majeurs de la vie politique. Mais qu’en est-il de l’influence qu’exerce un monde sur l’autre ?

Quand la rencontre entre le pouvoir et l’image survient, ces deux univers présentent quelques similitudes troublantes.

LEO PRESIDENT ?

Il figure en Une de tous les magazines culturels du monde, et chacun s’accorde à dire que c’est le moment où jamais pour lui d’avoir enfin l’Oscar entre ses mains.

Léonardo DiCaprio a déjà tenté 4 fois de le remporter : une première fois pour Gilbert Grape, puis par la voie des airs (Aviator), en s’engageant dans le trafic de diamants (Blood Diamonds) ou dans l’arnaque financière internationale (Le Loup de Wall Street). Pour cette dernière nomination, on y croyait et on disait déjà « cette fois, c’est la bonne », mais c’était sans compter la prestation époustouflante de Matthew McConaughey dans Dallas Buyers Club.

Alors, pour The Revenant ? Là encore, les concurrents sont de taille. Pour ce type de compétition, davantage d’ailleurs pour les Oscars que pour les Césars ou les Palmes cannoises, la campagne auprès des votants semble avoir au moins autant d’importance que le film lui-même.

Cette campagne implique la construction d’une image d’un acteur impliqué, ambassadeur parfait du septième art. Car le cinéma, surtout à Hollywood, ce n’est pas qu’une histoire d’art, chacun le sait. L’argent représente un enjeu de taille, et se trouve derrière toute récompense honorifique, donnant du pouvoir aux protagonistes du système. Un nom bankable augmentera les recettes d’un film et deviendra un argument à part entière pour obtenir un rôle, occultant l’analyse de la qualité de jeu ou de la correspondance entre l’acteur et le rôle. Derrière, le business suit son cours, avec parfums, marques de vêtements, contrats publicitaires etc. A tel point que certains acteurs, de même que des chanteurs, figurent parmi les personnalités les plus influentes du monde. Juste derrière Obama, cherchez l’erreur. D’ailleurs, l’Amérique est le terrain politique préféré des acteurs. Verra-t-on un George Clooney (son père a déjà été candidat malheureux pour être gouverneur) accéder à une fonction d’élu, après Reagan et Schwarzenegger ?

LE SACRE DE LA POLITIQUE SPECTACLE

Ministres et élus se sont rarement autant mis en scène que depuis trois ans. Des émissions du samedi soir, réputées pour jouer sur la provocation, accueillent ni plus ni moins que le Premier Ministre, bien maladroit dans ce genre d’exercice.

Les marches de Cannes deviennent une scène de lutte d’influence entre des femmes Ministres qui veulent s’afficher plus que d’autres (entre Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin).

Leur vie intime est décortiquée avec aussi peu de soin que le moindre people. Comme si le statut de l’élu, l’institution de la Présidence de la République, ne suscitait plus aucun respect, ce qui est au moins autant de leur faute que de celle de nos médias. L’image domine tout, et le scénario est désormais la clé de n’importe quelle stratégie politique lorsqu’elle est confrontée à l’opinion publique, au risque de perdre toute crédibilité.

A trop vouloir jouer sur la communication et le faire-valoir, nos politiques tombent malheureusement dans le discrédit le plus profond, ce qui donne le résultat que l’on connait aujourd’hui.

Par contre, et heureusement, les acteurs qui sortent récompensés dans les principales cérémonies restent des monuments incontestables du cinéma. Au final, en se rapprochant l’un de l’autre, la politique traditionnelle perd et le monde du cinéma et du show-biz rafle la mise.

Quelqu’un comme Leonardo DiCaprio a au moins le mérite de ne pas se disperser dans toutes les opportunités de gagner de l’argent. Privilégiant le cinéma pour étendre son pouvoir, notamment en tant que producteur, il profite de son image pour promouvoir une politique respectueuse de l’environnement… De quoi influencer ceux qui auraient dû se saisir pleinement de ce sujet depuis déjà longtemps ?

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Mes écrits : Poids Plume, #Compagnons de route, #Cercles de culture

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