32 minutes pour aller "Nulle part, en France"

Publié le 5 Avril 2016

Des plans beaux ou moches, sublimés par un regard ou la lumière du soleil, enlaidis par la misère et les bottes dans la boue, crus dans la cruauté, proches géographiquement et loin dans les valeurs... Ces plans, ce sont ceux de Grande Synthe, à Dunkerque.

J'ai déjà parlé de ma visite de la jungle de Calais. Là, c'est une visite en vidéo que je vous propose. Alors certes, ce camp a depuis été remplacé par des installations en bois et dans un endroit moins boueux depuis cet hiver, mais tout de même... 4 raisons d'accorder un peu de temps à la vision de ce documentaire d'Arte, où on a l'impressin que toute la misère du monde se concentre dans un endroit tout petit, et bien ancré dans l'Europe de l'Ouest réputée pour ne pas être la plus pauvre du monde ou de l'Europe.

RAISON 1 : 32 MINUTES

C'est court et c'est suffisant pour prendre une claque ou confirmer l'idée que les hommes ont encore un long chemin à parcourir pour affirmer défendre les valeurs de l'humanité.

RAISON 2 : DES IMAGES FORTES

32 minutes pour aller "Nulle part, en France"

RAISON 3 : LA VOIX DE YOLANDE MOREAU

Elle scande des poèmes, vadrouille entre les tentes et accompagne les multiples langues qu'on peut entendre à Grande Synthe. Parmi les témoignages, cette Kurde qui demande au nom de quoi elle devrait mourir parce qu'elle est Kurde. Et cet homme, qui dit qu'il ne demande rien à la France. Pas d'argent, pas de maison, pas de boulot. Juste un peu de patience en attendant qu'il puisse partir.

RAISON 4 : LES POEMES DE LAURENT GAUDE

C'est mon écrivain contemporain préféré. Il a écrit sur Naples, sur La Nouvelle Orléans, et a donc écrit sur des catastrophes naturelles, leurs dégâts humains, la misère etc. N'ayant pas son pareil pour allier la beauté des mots et des rimes à la plus crue des réalités humaines, il fallait qu'il pose son regard et sa plume sur les camps de réfugiés du Nord de la France.

« Regardez-le s’en aller au loin, Spirit of France — l’esprit de France. La République a laissé tomber un peu d’elle-même dans la boue de Grande-Synthe. Ci-gît l’Europe et son concert d’égoïsmes. »

« La France est peureuse et l’Europe tout entière prend des airs de fossoyeur. Mais ne nous y trompons pas : ce qu’on enterre avec nos bulldozers, ce ne sont pas les tentes des migrants, c’est la passion européenne. »

Tous ses poèmes lus sont disponibles un par un ci-dessous.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Je prends ma plume...

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