Est-ce que Sciences Po Paris se voile la face?

Publié le 26 Avril 2016

Pour moi, la réponse est non. Car les deux initiatives dont on a entendu parler récemment au sein de Sciences Po Paris n'ont sans doute attiré qu'une minorité d'étudiants par rapport à l'ensemble.

Mais tout de même, en tant qu'ancienne de Sciences Po Aix, et donc faisant partie de ces chanceux de grands écoles qui sont dans le même temps dénigrés par la haute intelligentsia parisienne, je suis assez attristée de constater la bassesse de certains débats et évènements au nom de la liberté à tout prix et de la lutte contre la pensée unique.

EVENEMENT 1 - LE HIJAB DAY

Cet évènement, sans doute en réaction aux propos de Manuel Valls sur une possible future interdiction du voile à l'université, a suscité peu d'enthousiasme, mais a fait beaucoup parler de lui. Et pour cause, de nombreuses personnes se sont exprimées dans les journaux et autres médias (au premier rang desquelles la Ministre du Droit des femmes) pour dénoncer une action qui n'a apparemment réuni que 15 adeptes à tout casser.

Ce n'est pas la légitimité ou non de cette action, son intelligence ou non, qui m'intéressent. C'est plutôt sa spontanéité stupide qui m'a interpellée. En effet, en plein débat houleux sur la loi Travail, un Premier Ministre sort la carte de la division en relançant une question vieille comme la politique des années 2000 : le voile. Tomber dans le panneau et prendre les choses comme elles viennent, cela peut paraître normal. Mais zut, vous êtes censés être l'élite de la nation, notre future classe dirigeante! Pourquoi vous vous laissez avoir comme ça?

Ce questionnement sociétal sur le voile, tout symbolique qu'il est, n'est là depuis plusieurs années que pour susciter la division et faire diversion dans des moments où des réformes de taille doivent passer (loi Travail, Retraites etc.).

Pierre-Emmanuel Barré, avec son humour très très mais alors très trash, l'avait très bien expliqué (à partir de 50s et de nouveau vers 2min10s).

Je vous avais prévenus...

EVENEMENT 2 - INVITER ALAIN DE BENOIST

Tendre le baton à un intervenant qui a pris la défense de l'OAS pour l'Algérie Française, par exemple, qui parle de races, de "grand remplacement" ou "grande transformation" (idée chère aux identitaires selon laquelle les européens de souche sont peu à peu et irrémédiablement remplacés par d'autres populations sur leur territoire), et cela au nom de la volonté de débattre et de lutter contre la pensée unique.

BRAVO, oser parler de ces sujets, ça c'est du putain de courage.

Vous savez que si vous voulez lutter contre la pensée uniqué, il y a pléthore de sujets et d'intervenants possibles? Alors pourquoi pas Alain de Benoist, certes... Mais pourquoi accorder tant de place à l'extrême droite? Il y a quand même une cellule du FN désormais dans l'école, je trouve donc la coïncidence un peu grosse au bout d'un moment.

Je répète encore une fois que je me doute bien que ces sujets obscurs n'intéressent qu'une minorité.

Enfin, celle qui dans l'article du Monde ci-dessous se définit comme "féministe égalitariste" me fait doucement marrer. FEMINISTE = EGALITARISTE. Si une étudiante de Sciences Po n'est pas foutue de comprendre ça, qu'elle se foute un drap sur la gueule et aille se cacher très loin. Faites venir des féministes qui ne font pas forcément d'éclats à la télévision et vous apprendrez peut-être quelque chose...

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Je prends ma plume..., #Exutoire

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Le pédagogue 30/08/2016 16:42

Le pédagogue :

Dans sa participation aux agressions contre l’Islaam, Manuel Valls, le premier ministre du révolutionnaire François Hollande, use aussi de mots pour alimenter et entretenir le faux et l’ignorance.
Pour s’attaquer, encore une fois, aux croyants et aux croyantes lors d’une réunion de Hollandais, lundi 29 août 2016 à Colomiers en Haute-Garonne, il s’est référé au sein nu de Marianne, le buste qui incarne les valeurs de la République, et à l’absence de voile, afin d’illustrer la liberté de la femme, et dénoncer donc la pudeur des croyantes qui font de leur mieux, avec les croyants, pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
Le premier ministre de gauche voulait signifier que quiconque n’approuve pas sa conne-ception de la liberté de la femme, n’est pas en odeur de sein tété (de sainteté).
En dépit de sa diction de gauche, ses soutiens ne voient pas clairement à quel sein se vouer.
Se référait-il au buste incarné par les seins d’une vedette de la cul-ture du mannequinat, ou aux nichons d’une autre ?
Parlait-il d’appâts officiels, d’attributs légaux, ou d’autres ?
Vantait-il les tétons réglementaires, les miches autorisées, les seins-bols socialistes ?