Faire vivre le livre est un combat permanent

Publié le 3 Juin 2016

Dans l'actualité littéraire ces jours-ci, deux faits marquants. L'un méprisant, l'autre résistant.

Commençons par le méprisant. Si je vous dis Laurence Parisot... que penserez-vous? Moi, je n'aurais en tout cas jamais songé qu'elle prendrait la défense des intermittents pour étayer un discours aveugle et condescendant vis-à-vis de la création artistique des des écrivains.

Faire vivre le livre est un combat permanent

LAURENCE PARISOT, PAS L'ENCLUME MAIS LE MARTEAU SUR LA PLUME

Fin mai, l’ancienne présidente du Medef expliquait son refus de signer l’appel à limiter la rémunération du Cac 40 : « un cadre dirigeant d’une entreprise non cotée et qui gagne 10 millions d’euros passerait sous le radar ; un artiste qui gagne 20 millions par an et qui utilise tout au long de l’année sans vergogne les services d’intermittents ne serait pas concerné ; un écrivain à succès qui empoche 1,8 million de droit d’auteur et qui ne fait travailler personne ne serait pas concerné ; etc. ».

Extrait de la réponse brillante d'Actualitté:

"Des auteurs ont signé une contre-tribune dans les pages de L’Humanité des débats de ces 27, 28 et 29 mai, pour souligner que « l’écrivain n’est pas un acteur économique, ses prétentions à l’être sont au mieux risibles ». Toutefois, rappellent les signataires, le livre est la première industrie culturelle en France, « représentant 3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 , et 80.000 emplois sur les 430.000 de l’ensemble du secteur culturel — écrivains non compris, évidemment, qui ne sauraient être considérés comme des acteurs économiques ».

La contre-tribune se fait également fort de rappeler la répartition du prix du livre entre les différents acteurs de la chaîne : l’auteur ne touche que 8 % sur celui-ci, au mieux entre 16 et 18 % pour les auteurs de best-sellers, et le chiffre s’approche plutôt du 6 % pour les poètes et souvent moins les auteurs et illustrateurs de livres jeunesse, qui se partagent les pourcentages..."

AMAZON, LE GOLIATH A ABATTRE

Ci-dessous la lettre ouverte au monde de l'édition du Président des Editions du Net, qui tente apparemment de faire vivre le livre sur le net autrement que par cette plateforme qui tue éditeurs et libraires, armée notamment de sa tablette Kindle.

Faire vivre le livre est un combat permanent

Cet appel me tient à coeur puisque mon deuxième roman, Requiem à 4 mains gauches, a été édité par cette maison.

Il vient d'ailleurs d'être ajouté sur Babelio.

Bref, écrire et vouloir éditer des livres, c'est une vocation qui se conjugue rarement avec la volonté de "devenir milliardaire". La plupart du temps, cela restera de l'ordre de la passion, du loisir, du partage, mais ne fera pas gagner son pain. Parfois, ça marche. Mais si ça marche, ça profite à tout un écosystème dont l'écrivain n'en ramasse qu'une partie.

Parisot, Amazon, vous n'avez rien à faire dans ce monde là.

PS : j'ai déjà évoqué ci-dessus mon deuxième roman, mais mon petit Marathon de Paris est toujours dispo!

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #Je prends ma plume...

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Bernieshoot 03/06/2016 17:24

Les lecteurs ont les clés de ce combat