Xavier. Dolan. 5 films. Bientôt le 6ème.

Publié le 19 Juillet 2016

Le révélateur aura été cet extrait, diffusé pendant le festival de Cannes.

Extrait du prochain film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde.

J'ai été happée et était prête à être dithyrambique à l'encontre de ce réalisateur qui a le même âge que moi (!!!). Mais il y avait un hic. Je n'avais jamais vu aucun de ses films... Depuis deux mois, j'ai donc réparé mon erreur et ai avalé ses 5 premiers films comme on mangerait une tablette de chocolat (ma drogue à moi), lentement mais consciencieusement.

Et pour moi, les films vont par deux.

DEUX FILMS SUR LA MERE

J'ai tué ma mère est son premier film, écrit à 17 ans et réalisé à 19. C'est dire le niveau de précocité du gars. Il joue lui-même le type qui dit qu'il aimerait tuer sa mère, face caméra, comme on écrirait dans un journal intime. Il dit qu'il aime sa mère, mais qu'il n'aime pas le fait de l'aimer. Elle l'exaspère, l'énerve, l'empêche de vivre, selon lui. Et pourtant l'attachement est là. Plus il cherche à s'éloigner d'elle, à la blesser, plus ce lien est visible. Il souffre de malmener leur relation. Et sa propre mère n'est évidemment pas un ange non plus.

Quelques années plus tard, c'est Mommy qui bouleverse. Cette fois, ce n'est pas lui qui joue le fils mais un jeune blond impressionnant dans le rôle d'un adolescent TDAH impulsif et violent. Elle-même n'a pas le costume de la mère parfaite, et leur relation tumultueuse fait des ravages.

Dans ces deux films, la mère est malmenée et magnifiée en même temps. Et c'est Anne Dorval les deux fois.

A gauche dans J'ai tué ma mère, à droite dans MommyA gauche dans J'ai tué ma mère, à droite dans Mommy

A gauche dans J'ai tué ma mère, à droite dans Mommy

Dans ces deux films, c'est aussi Suzanne Clément, qui joue une sorte de mère de substitution. Prof de français attentionnée dans J'ai tué ma mère, elle tente d'apporter de la sérénité entre l'ado turbulent et sa mère dans Mommy en donnant des cours de soutien. Je suis tombée sous le charme de cette actrice.

DEUX FILMS SUR L'AMOUR FACE AU RESTE

Dans Les Amours imaginaires, Xavier Dolan et sa partenaire interprètent les deux meilleurs amis du monde qui tombent amoureux, par un simple regard, du même gars. Triangle amoureux imaginé et fantasmé, j'avais l'impression de regarder un superbe clip tant le visuel et la musique ont leur importance.

Dans Laurence Anyways, c'est un triangle confus entre l'homme interprété par Melvil Poupaud, la femme qui sommeille en lui, et sa petite amie, qui garde ses sentiments pour l'homme qu'elle a rencontré, soutient le compagnon qui veut s'affirmer, mais voit apparaître une autre personne... Comment leur relation d'amour fait face? Melvil Poupaud est bluffant et s'appuie aussi sur Suzanne Clément (encore elle). Là aussi, les effets visuels (j'emploie cette expression à défaut d'avoir un terme technique approprié) et la musique nous embarquent dans un univers créé avec minutie.

Xavier. Dolan. 5 films. Bientôt le 6ème.Xavier. Dolan. 5 films. Bientôt le 6ème.
Xavier. Dolan. 5 films. Bientôt le 6ème.

DEUX FILMS SUR LA FAMILLE, LE DEUIL, LA JEUNESSE?

Je mets un point d'interrogation parce que je me demande si, tout comme les 4 premiers films que j'ai vécus comme deux duos, Tom à la ferme pourrait trouver des échos dans le prochain, Juste la fin du monde. Tom à la ferme est une sorte de thriller, dans lequel Xavier Dolan semble pris au piège de la famille qui l'héberge. Venu pour l'enterrement de son petit ami, il se confronte au frère du défunt, qui tente de maîtriser ses propres pulsions sexuelles par la violence, et une mère un peu à côté de la plaque.

Maintenant, j'ai donc le droit d'être dithyrambique puisque j'ai beaucoup aimé voire adoré ces 5 films.

Bref, Juste la fin du monde, c'est le 21 septembre prochain, et j'ai hâte.

PS : envie d'une lecture cet été? Je vous propose mon dernier écrit, en accès libre en PDF, sur une jeune coureuse qui s'interroge

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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