Comment je suis revenue en arrière avec "Harry Potter and the cursed child"

Publié le 31 Août 2016

Le titre de ce billet parlera davantage à ceux qui l'ont lu, mais je ne l'expliquerai pas pour autant.

Etre de la génération d'Harry Potter représente beaucoup pour moi. La preuve par 5 :

1- J'ai lu les livres un nombre incalculable de fois,

2- Je suis allée voir tous les films dans les premiers jours de leur sortie tout en critiquant souvent leur manque de fidélité aux bouquins,

3- Je me suis jetée sur les derniers en tomes en anglais parce que je ne pouvais pas attendre (et ai donc progressé en anglais grâce à la sage),

4- Je suis allée visiter les studios à Londres...

5- J'ai dévoré la pièce Harry Potter and the cursed child en trois petits jours

Je vais pourtant essayer d'être de bon conseil quant à la lecture de ce dernier opus, et d'apporter un peu d'objectivité dans mon enthousiasme débordant pour la saga. Garanti sans spoilers!

SYNOPSIS

Employé au ministère de la Magie, le héros, éternelle cicatrice sur le front, doit faire face à une menace grandissante, et la situation n'est guère plus simple à la maison, où son plus jeune fils, Albus Severus (Sam Clemmett), a du mal a gérer le lourd héritage familial des Potter... Bien que l'on retrouve certains lieux incontournables des livres, à commencer par Poudlard, l'école des sorciers, le changement de format et l'arrivée de nouveaux personnages permettent de surprendre le spectateur, qui retrouve l'émerveillement initial lié à la découverte de l'univers d'Harry Potter.

Comment je suis revenue en arrière avec "Harry Potter and the cursed child"

QUE SONT ILS DEVENUS?

C'est un peu la grande question qu'on se pose en tant que fan quand on sait que la pièce se déroule 19 ans plus tard, en repartant de l'épilogue du septième livre. Ce dernier nous apprend qu'Harry Potter et Ginny Weazley se sont mariés et ont eu trois enfants, dont Albus Severus Potter, qui s'inquiète de finir à Serpentard au lieu de Gryffondor ; que Ron et Hermione se sont mariés aussi et emmènent également Rose pour sa première année à Poudlard ; que Drago Malefoy apparaît sur le quai de la voie 9 3/4 en même temps qu'eux pour déposer son propre enfant. Il est donc logique d'imaginer qu'il va se passer quelque chose avec ces trois gamins du même âge, aux parents liés d'une manière ou d'une autre. L'histoire s'attachera donc à eux, mais ce qui m'intéressait au plus haut point dès le départ, c'était de savoir ce que faisaient Harry, Hermione et Ron comme travail, à quoi ils ressemblaient, est-ce qu'ils étaient heureux, est-ce qu'ils avaient une vie normale...

Et je trouve que chacun correspond à ce qu'il était 19 ans plus tôt, avec donc 19 ans de plus. La maturité se conjugue aux traits de personnalité dominants connus. Je trouve Malefoy plutôt réussi. Ron un peu moins. Mais surtout, j'aurais aimé voir un peu plus de personnages anciens...

Duos de père-fils et mère-fils : Drago et Scorpius d'un côté, Albus et Ginny de l'autreDuos de père-fils et mère-fils : Drago et Scorpius d'un côté, Albus et Ginny de l'autre

Duos de père-fils et mère-fils : Drago et Scorpius d'un côté, Albus et Ginny de l'autre

MISSION NOSTALGIE REMPLIE

Le rythme du récit n'est pas le même que dans les Harry Potter précédents puisque chaque livre se déroulait sur une année scolaire. Mais on retrouve les voyages en train, les grands dîners de rentrée dans la grande salle du château, les découvertes et déconvenues des premiers cours, les frissons du Quiddith (seulement dans des dialogues, car difficile dans une pièce de théâtre de mettre en scène des joueurs sur balais volants tout de même!), les doutes sur le bien et le mal... Et c'est l'amitié qui est sacralisée, tant en faisant souvent référence au trio indestructible Harry-Hermione-Ron qu'en développant un duo attachant et solide dans cette nouvelle histoire.

Hermione, Harry et Ron (sans les costumes) - une polémique ridicule a dénoncé le fait qu'une comédienne noire reprenne le rôle d'Hermione

Hermione, Harry et Ron (sans les costumes) - une polémique ridicule a dénoncé le fait qu'une comédienne noire reprenne le rôle d'Hermione

MISSION REVANCHE ACCOMPLIE

Difficile de ne pas spoiler ici mais je vais y arriver, c'est promis! L'histoire, nouvelle donc, va quand même permettre à certains personnages (morts ou vivants) de se donner une autre envergure dans la bataille qui les opposa jadis à Voldemort. Un lecteur fan qui aime les perdants magnifiques ou sombres héros qui agissent dans l'ombre se réjouira de lire d'autres aventures ou interprétations qui leur rendent pleine justice. Là, c'est vraiment vraiment difficile d'en dire plus sans dévoiler l'intrique. Surtout que le titre pourrait faire dire "c'est facile de deviner qui est l'enfant maudit" alors que... CHUT!

HARRY POTTER (ENFIN!!!) AU SECOND PLAN

Je sais que ça peut paraître étrange, d'adorer Harry Potter et la saga tout en étant soulagée de voir évoluer un autre héros. Mais c'est un peu comme le Frodon du Seigneur des Anneaux. Il souffre d'être l'élu, le centre de l'attention, il a du mal à accepter que des gens se sacrifient pour lui et le fait bien savoir en risquant sa vie parfois stupidement à de nombreuses reprises, il a des visions et sait tout mieux que tout le monde... Bref, Harry est parfois exaspérant et son attitude parfois immature n'est pas assez souvent remise en question par son entourage dans la saga à mon goût (sauf peut-être au début du 7, avec Ron qui commence à en avoir marre de devoir suivre aveuglément son ami).

N'empêche, il est très présent dans ce livre et tant mieux. La différence, c'est que ce n'est pas lui qui mène la danse la plupart du temps.

Là, on le découvre en tant que père, qui ne sait pas ce que c'est que d'être père puisqu'il n'en a jamais eu, et avec un fils qui a du mal à supporter l'héritage des Potter, ces "héros". Il voudrait être normal, ne pas être comparé, voit son père comme égoïste et avide de reconnaissance... Ca fait du bien de voir notre Harry se faire bousculer, se tromper un peu de temps en temps, et même présenter des excuses!

Comment je suis revenue en arrière avec "Harry Potter and the cursed child"

POINT NEGATIF : EST-CE QUE CA RESSEMBLE A UNE FANFICTION?

On peut lire des critiques un peu négatives, du style "agréable mais dispensable". J'étais plutôt d'accord pendant la lecture, jusqu'au 2ème tiers. Je me disais que c'était jouissif d'avoir de quoi se rassasier d'Harry Potter de nouveau et l'aurais conseillé à tous les archis fans car ça reste très fidèle à l'esprit de la saga. Dans le même temps je n'étais pas tout à fait convaincue par l'histoire, était-elle suffisamment créative pour être appréciée pour elle-même? Le dernier tiers du récit m'a convaincue que oui.

D'autant plus que c'est bien écrit et que le style (même en étant adapté pour le théâtre) est intact, avec humour, magie...

D'autres critiques mettent en évidence les facilités qui ont permis de faire avancer le récit. Telle potion qui se préparait en un mois en théorie se retrouve préparée par des élèves de deuxième année en deux temps trois mouvements ; certains objets ne s'utilisent plus tout à fait de la même façon comme ça l'histoire avance mieux ; nos petits héros se débrouillent parfois un peu trop facilement pour déjouer les obstacles (c'est peut-être la génération Z+++ allez savoir). Mais en lisant les critiques qui allaient dans ce sens, je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup plus Pottermaniaque que moi car de nombreux détails m'avaient totalement échappés. Ces critiques finissent donc par conseiller de lire la pièce mais en se débarrassant des réflexes de Pottermaniaque. Par exemple cette article du site Gazette du sorcier, qui doit donc bien bien s'y connaître, mais qui par contre contient de nombreux spoilers (attention!).

Pour terminer, Harry Potter est pour moi un compagnon de mon adolescence, qui me rend à la fois indulgente (je suis prête à lire tout ce qui concerne le binoclard à cicatrice) et exigeante (je dénoncerais toute récupération d'histoire malhonnête).

Je ne sais donc pas si vous allez vous jeter sur l'exemplaire en anglais (une astuce, broom = balai, ça peut aider) ou si vous allez attendre patiemment l'exemplaire en français (14 octobre) mais ça fait du bien de prendre un coup de vieux avec Harry.

PS : autrement, pour ceux que ça intéresse, voici mon troisième roman en accès libre (sur la course à pied et le temps de travail)

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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Bernieshoot 31/08/2016 13:27

ce dernier Harry Potter ne serait-il pas finalement le point d'orgue de cette fabuleuse aventure