Il est de retour... après le livre, le film

Publié le 11 Octobre 2016

Il y a déjà deux ans, je faisais un compte rendu de ma lecture d'Il est de retour de Timur Vermes, que javais beaucoup aimé. J'ai également bien aimé le film. Cinématographiquement parlant, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais les acteurs servent très bien un scénario fidèle au livre. Le film est arrivé chez nous via Netflix, et est donc resté un peu confidentiel, tout en ayant provoqué un raz de marée outre-Rhin.

Un extrait synthétique de ma chronique sur le livre en juillet 2014 :

"Ranimer le fantôme d'Hitler en 2014 par l'humour, et ce dans tous les sens du terme : l'idée est brillante et rend le roman très agréable à lire. Le récit montre que chaque personne qui croise Hitler, avec la tête d'Hitler, le costume d'Hitler et ses propos racistes, antisémites, machistes, d'un autre temps, pense immédiatement à un imitateur très doué et ne se pose pas une seule fois la question de savoir s'il est sérieux dans ses intentions ou pas. D'où, en plus des situations cocasses, des quiproquos savoureux.Hitler vit cette ascension médiatique non comme le parcours glorieux d'un humoriste mais comme une reconquête politique.Le problème, c'est que sur le fond, il parviendra à rallier suffisamment de déçus de la société. En face de ce phénomène, les partis politiques de la scène allemande semblent bien impuissants..."

Le film, s'il est très fidèle au livre et à l'esprit de l'auteur, se permet une autre fin, tout aussi inquiétante.

Je ne ferai pas d'amalgame entre Hitler et n'importe quel candidat aux élections américaines ou françaises aujourd'hui, mais dans notre contexte médiatico-politique puant et manipulé, il est bon de s'interroger à la lecture du livre et/ou à la vision du film sur deux choses :

- ça ne s'invente pas, quand le peuple est déçu par des politiciens qui touchent le fond, la passion peut l'emporter sur la raison, et parfois dans la direction des extrêmes. Il faut donc faire la différence entre vouloir "punir" la classe dirigeante actuelle en ne votant pas pour elle, et finir par se punir soi-même en s'attribuant des responsables politiques dangereux

- au nom de la liberté d'expression, on peut tout dire, certes. Il y a de nombreux débats. A défaut d'interdire tel ou tel propos, tel ou tel livre, c'est à nous d'avoir un esprit suffisamment critique pour rejeter des propos qui, bien emballés dans un style humoristique, de chronique, d'esprit de provocation et j'en passe, sont avant tout des déclarations haineuses et nauséabondes.

PS : je vous encourage grandement à être curieux en lisant les premières pages de mon 4ème roman sur le site de La journée du Manuscrit, et à partager/commenter/mettre des coeurs pour qu'il se fasse un peu remarquer parmi les 250 romans en lice pour être publiés et primés! Merci d'avance ;)

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture, #Le Canard se déplume

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