Hier encore c'était une blague

Publié le 9 Novembre 2016

La météo a compris avant nous que la planète avait un problème. Il a neigé dans les Alpes de Haute-Provence et la pluie est revenue pour de bon sur Lille.

Et puis ça pue. Franchement, les couleurs d’automne me semblent bien plus fades que la semaine dernière. il y avait encore des jours où je me disais qu’on pouvait faire quelque chose pour que CA change, et que les causes qui me motivent personnellement chaque jour puissent avancer, à savoir la cause des femmes et la protection de l’environnement.

Avec l’arrivée de ce clown orange à frange, je peux dire au revoir à un monde meilleur avant un certain temps.

Qu’est-ce que j’ai appris ou pu confirmer ?

QUE PREVISION ET REALITE NE VONT PAS SI SOUVENT QUE CA ENSEMBLE

On pourra faire toutes les anticipations que l’on veut (sondage, pourcentage de chance de gagner face à untel ou autre), mais la volonté de toute une population sur un jour J reste imprévisible. Quelque part, tant mieux, cela signifie qu’un combat n’est jamais gagné ou perdu avant échéance. Donc l’idée que Sarkozy est déjà battu par Juppé deux semaines avant les primaires… bof. Mais surtout, l’idée que le FN dépasse le stade de perdant automatique s’il est au deuxième tour est obsolète.

QUE LA MANIPULATION DE LA DEMOCRATIE PAR LES PARTIS EST DEVENUE TROP VISIBLE

Les partis politiques de manière générale sont les grands perdants depuis que je suis capable de suivre ce qui se passe (2002) voire avant (pour contextualiser à la française). Car les grands partis traditionnels n’ont toujours pas compris qu’on veut du changement et pas des candidats toujours calibrés pareils et recyclés pour la plupart (une femme d’ex président, un ancien président, un ancien premier ministre, des anciens ministres…). Ils sacrifient les idées sur l'autel des parts de marché électorales. Ils se contentent de ressortir des éléphants trainant des casseroles et appellent sans relâche en France à un front républicain de plus en plus ridicule.

De leur côté, les petits partis (en France en tout cas) n’ont toujours pas les couilles de s’engager en fonction de leur message politique, et préfèrent faire selon le bon vouloir de partis en déchéance dans l’opinion mais toujours solides pour s’assurer des alliances pour les législatives après la présidentielle (je pense à Europe Ecologie Les Verts et au PC, par exemple). Là, c’est de la manipulation de la démocratie. Au bout d’un moment, ça se paie, et de la pire des manières.

Côté US, les médias se sont déchainés en faveur de Clinton, et même les élus Républicains américains avaient pour une partie d’entre eux honte de leur candidat. Mais finalement, le peuple s’affirme bien plus décomplexé qu’eux !

Les Clinton invités au mariage des Trump

Les Clinton invités au mariage des Trump

QUE LES MEDIAS NE COMPRENNENT PLUS RIEN

Que la sphère intello-médiatique s’est éloignée des peuples à tel point qu’elle ne voit plus rien venir et se contente depuis un certain temps de tenter de décrire le « choc ». Le « choc » du FN au premier tour des régionales, le choc du Brexit, le choc de Trump. C’est grave de constater que la plupart de ceux qui sont en position de s’exprimer sur la place publique et par les médias ne représentent en fait qu’une petite partie de la population et n’ont plus conscience du reste ! Comme le dit si bien Daniel Schneidermann (voir ci-dessous), les éditorialistes du monde entier venus commenter les élections américaines se sont tous rendus à New York au lieu de s’intéresser à d’autres territoires (pourquoi pas les swing states par exemple ???)

 

Bref, le tableau est sexy. On sait maintenant qui sera l’homologue américain de notre futur(e) Président(e), on envisage Juppé pour faire barrage à Sarkozy à tout prix, on a peur du FN et on assiste aux confidences de Mélenchon et Fillon dans l’émission Une ambition intime. Je kiffe la politique de notre génération.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Exutoire

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Bernieshoot 09/11/2016 19:40

effectivement le vote nationaliste est aujourd'hui totalement décomplexé