Chronique d'un grand pays - Des Raisins de la colère à nos jours, une fascination californienne

Publié le 20 Octobre 2011

En ce moment je lis Les Raisons de la colère, en anglais (donc The grapes of wrath), un roman de John Steinbeck.

Ce roman est paru en 1939 et relate les péripéties malheureuses de la famille des Joad, agriculteurs, qui quitte l’Oklahoma pour aller chercher une vie plus facile en Californie. Cet état fait office d’eldorado à l’époque pour tous ceux contraints à l’exode.

 


 

 

Les descriptions sont longues et emblématiques, avec le trajet pénible d’une tortue qui tente tant bien que mal de rejoindre l’autre côté de la route, le voyage de retour de Tom Joad vers chez après sa sortie de prison, les longues discussions sur les buts de la vie, mettant en scène patriarche déchu, jeune fille enceinte, futur père, et un pasteur qui n’est plus pasteur (et il le répète sans cesse pour refuser lorsqu’on lui demande de prier).

 

Je ne l’ai pas fini, du tout. Je dois en être à la moitié et je dois dire qu’en anglais c’est plutôt long et pas toujours très clair pour moi.

 

Mais je me suis attaquée là à un monument de la littérature américaine (John Steinbeck a eu le prix Pulitzer pour ce livre et le prix Nobel de littérature en 1962 pour l’ensemble de son œuvre).

 

A la lecture de ce roman, et dès le début en fait, on se rend compte que la Californie a toujours fait rêver. C’est ainsi le moment de vous parler de l’article de Marion (dont j’ai piqué les photos pour cet article), envoyée spéciale aux States, qui est partie prendre l’air de cet état si convoité – et plus précisément dans le parc « Joshua Tree », magnifique désert où poussent cactus et cailloux, sans oublier les serpents venimeux – alors que le but de ces deux voyages (le sien et celui dans Les Raisins de la colère) n’est pas comparable.

 

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Pourtant, un parallèle est possible selon moi. L’idée de road trip est un peu éternelle en somme. Et pour la famille des Joad, le voyage est une étape importante de leur vie, et le trajet prend ainsi énormément de place dans le roman, entre panne, fatigue due au trajet, relais pour les conducteurs, campements de fortune et cohabitation dans la nature avec d’autres migrants… Tout ça sur la route 66.

 

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Un prochain article sera consacré à l’aspect central du livre – réactions des individus, instinct de survie, mécanismes sociaux à l’œuvre – mais il me semblait important d’évoquer d’abord la place centrale de la nature, dont la sauvagerie et la lenteur (par exemple avec la tortue) symbolisent l’échec de la société en pleine période de Grande dépression.

Et cette terre, autrefois faisant partie intégrante de la vie de ces agriculteurs en tant que gagne pain, est envahie par les tracteurs et devient plus un objet de nostalgie qu’un enjeu de conquête.

« Cette terre est notre terre, on y a enterré nos morts... »

 

« Le soleil se leva derrière eux, et alors... Brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. Al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. 
- Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il.

Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d'arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit :

- Dieu tout-puissant !. ..J'aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau. »

 

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Ainsi, quel que soit le contexte et comme le précise Marion citant Aristote (on est de Sciences Po ou on ne l’est pas !) : "le spectacle de la nature est toujours beau"

 

Et pour finir, un extrait trouvé par ses soins en guise de conclusion (qui sera aussi la mienne) :

 

There is pleasure in the pathless woods, 

There is a rapture on the lonely shore,

There is society, where none intrudes,

By the deep sea, and music in its roar:

I love not man the less, but Nature more,

From these our interviews, in which I steal

From all I may be, or have been before,

To mingle with the Universe, and feel

What I can ne'er express, yet cannot all conceal.

Lord Byron

 

 


 

 

 

 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Je prends ma plume...

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lizagrèce 21/10/2011 20:46


"les Raisins de la Colère" ont été écrits en 1939 - ce roman pourrait 'presque) s'écrire maintenant - le rêve américain est en perdition .
Je l'avais aussi lu en anglais - pas facile -


t-as-vu-ma-plume 21/10/2011 21:49



Effetivement ce n'est pas facile! Mais c'est diablement intéressant. Ca méritera un autre article quand je l'aurai fini car ce livre est un monument pour comprendre les fondements de la société
américaine