Chroniques d’un grand pays – La Venise américaine, colorée, artificielle, folklorique

Publié le 4 Octobre 2011

 

Dans cette chronique, nous suivons Marion dans son année de stage à Los Angeles, et profitons de ses impressions et témoignages pour dessiner un portrait aussi littéraire et soigné que possible des States.

 

Les différents aspects de son article seront encadrés ici par des références au livre de James Frey, L.A. Story , et des photos de Marion aussi !

 

Le livre de James Frey (lui-même connu d’abord pour ses mémoires, Mille Morceaux puis Mon ami Léonard) s’attache à faire le récit de mille vies qui traversent le roman parfois pour seulement une page, une apparition. Dans Venice Beach particulièrement, c’est un vieil alcoolique qu’on voit, et qui rencontre une jeune toxico.

Le portrait est amer, comme si la vie grouillante de la ville était hors-contrôle, désabusée par la confrontation constante entre le rêve (de célébrité par exemple) et la réalité parfois dure à encaisser.

 

Le rêve est dans un sens, la réalité dans l'autre.

 

 

Venice Beach, c’est quoi ?

 

"On estime à cent mille par an le nombre de personnes qui viennent à Los Angeles pour faire carrière dans l'industrie du spectacle. Elles viennent de toute l'Amérique,  du monde entier. C'étaient des vedettes chez elles, tous ces gens étaient intelligents ou drôles ou talentueux ou beaux. Quand ils arrivent, ils rejoignent les cent mille qui sont arrivés l'année précédente, et ils attendent les cent mille qui arriveront l'année suivante"

 

Venice, c'est un spectacle permanent, des musiciens, des orateurs, danseurs, jongleurs, des sportifs bodybuldés vous encerclent littéralement.

Du coup, même si je m'attendais à beaucoup de superficialité, renommée du lieu oblige, je n'ai pas été déçue. Le Boardwalk n'est décidément pas fait pour moi. Ah, et en plus, en l'espace de 10 min, j'ai été approchée ET par la Scientologie ET par un "Marijuana Doctor", forcément, c'est sur moi que ça tombe ce genre de truc...

   

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Guide de voyage en main, je me mets à la recherche d'une petite librairie qui a l'air sympa. Paumée, comme toujours, je demande ma route à un américain... Et là Oh JOIE, il me répond qu'il ne sait pas et qu'il vient seulement ici pour jouer au "HANDBALL". Là, lumière d'espoir, moi qui cherche un club de hand à LA depuis 3 mois. Et en plus, d'après ce qu'il me raconte, ça se joue sur la plage, et il m'invite.

 

Me voilà toute contente, faute de hand, ça sera du SANDBALL.

 

Sauf que ben non... Le handball pour les américains, c'est ça : Une forme de squash sans raquettes mais avec ses mains... C'est quand même intéressant à regarder.

 

Je me remets à la recherche de cette librairie !

 

Et là, ENFIN, je me mets à aimer Venice... Parce que oui, Venice ce n'est pas seulement la plage et le culturisme, c'est aussi des lieux envoûtants. Dans la librairie, il n'y a quasiment personne, à l'exception du libraire et de son chat, qui aime à suivre les clients, afin d'obtenir une petite caresse à chaque rayon visité (pour les mauvais esprits, hein man, je parle du chat).

Je suis tombée sur une petite pépite : Book of my dreams de Jack Kerouac.

Et quel meilleur endroit pour cette lecture que face au Pacifique ?

 

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« Certains rêvent d’un toit, d’autres d’un lit, d’autres d’un travail, certains rêvent d’assez d’argent pour manger, d’autres d’oublier, de quitter, se cacher, se transformer, devenir, certains rêvent le simple rêve de passer la journée sans crainte de mourir, d’autres de familles ici ou là ou quel que soit l’endroit où ils les ont laissées, rêvent de les faire venir de repartir à zéro qu’on leur donne leur chance, certains rêvent d’avoir le droit de vivre parler croire et s’habiller comme ils l’entendent. Certains rêvent de célébrité mais ils sont peu nombreux comparés à ceux qui rêvent d’un endroit qui les accueille, les nourrisse, les laisse devenir la fleur ou le poison qu’ils cherchent à devenir, les laisse crier hurler décrier prier discuter conclure des marchés acheter vendre donner prendre devenir ou non ce qu’ils veulent parce que c’est possible, c’est possible ici. » 

 

Il faut savoir, qu'à l'origine, Venice n'était qu'une petite station balnéaire.

Mais après un voyage à Venise au début du XXe siècle, Abbott Kinney, le riche propriétaire des lieux décida de faire de ce quartier la Venise californienne. Le magnat du tabac entreprit alors la construction de canaux et de bâtiments rappelant l'architecture de la cité des Doges. Mal conçus, les canaux furent comblés 20 ans plus tard mais le quartier garda le nom de Venice. Mais certains d'entre eux sont encore visibles.

 

Après un long moment à chercher, je tombe enfin dessus (pour ma défense, aucune indication, et l'on ne peut pas dire que l'endroit soit particulièrement prisé par les touristes) :

Le lieu est plus que paisible, loin de l'agitation qui règne autour de la plage.

 

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En persévérant un peu plus, cette fois dans le centre, peu touristique, on découvre que Venice c'est aussi de grandes peintures murales qui bordent le quartier.

Venice est un spectable polymorphe et contrasté entre superfialité, extravagance, et haut lieu de la culture que l'on aime, dans toute sa diversité. Tellement représentatif de l'Amérique, et particulièrement de Los Angeles.  

 

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En attendant le prochain billet de cette chronique, nous nous quittons avec le générique de cette série, narrant l'épopée alcoolisée, sexuelle (sea sex and sun en somme) de l'écrivain Hank Moody, j'ai nommé Californication!

 

 


 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Je prends ma plume...

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