Ecrire le cinéma - Django : « I like the way you die, boy ! »

Publié le 11 Janvier 2013

 

Hé ouais, j’ai vu un film 9 jours avant tout le monde, au Grand Rex, et ça ça déchire!.

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Le débat, ici, ne sera pas de savoir si c’est un bon film ou non. Mais plutôt de donner les pistes pour la question suivante : est-ce le meilleur film de Tarantino ?

Que les réticents du genre ne se fassent pas d’illusion : s’ils s’attendent à une critique un peu négative, qu’ils fassent place nette.

Il serait difficile pour moi d’être objectif, et c’est pas mon job.

Mais même, en toute objectivité, ce film est excellent et confirme que nous devrions inventer l’adjectif « tarantinesque ».

 

Une histoire pas tellement originale…

 

Ça commence mal, me direz-vous. Mais c’est peut-être LE point qui me ferait dire que ce n’est pas forcément le meilleur film de Quentin – je l’appelle par son petit nom depuis que je l’ai vu en vrai – car le pitch ne casse pas trois pattes à un canard.

 

USA. 1858. 2 ans avant le début de la Guerre de Sécession (le Nord progressiste contre le Sud esclavagiste). Django est un esclave, libéré par un chasseur de primes qui, en échange de son aide pour traquer les méchants en échange de biffetons, va l’aider à son tour à libérer sa femme, achetée par le gérant d’une grande plantation.

Voilà.

Par rapport à Pulp Fiction, Reservoir Dogs ou Inglorious Basterds, on est dans une histoire qui pourrait être inventée par n’importe quel réalisateur qui veut faire un western.

Sauf que Quentin, quand il veut faire un western, il y met le temps qu’il faut (quelques mois de retard et pas de sortie à Cannes pour 2012 puisque le film est bouclé en juillet) et écrit des répliques cultes (dont celle citée en titre).

Et c’est le scénario qui fait la différence. Il y a quelques répliques en français, de l’allemand, et une confrontation culturelle, civilisationnelle même, entre un type venu du vieil occident qui ne comprend plus rien à l’esclavage à cette époque et un pays qui sur certains côtés s’avère arriéré.

Ce dernier aspect (le côté arriéré de certains amerlocks) est très très bien traité, et dans une vision à pleurer de rire.

Il y a une scène durant laquelle les ancêtres du Ku Klux Clan essaient de se faire à la cagoule blanche avec deux trous… « on voit rien dans cette merde »… « ne pleurnichez pas alors que ma femme s’est emmerdée à trouer trente draps pour les mettre sur vos tronches »… « pourquoi on doit les avoir sur nous d’ailleurs ? »… « ca fait stylé ! »… « bon l’idée des cagoules est brillante, je vous l’accorde, mais on pourrait reporter l’application de cette idée à la prochaine action parce que là on va merder complet ».

 

Une musique et une mise en scène du tonnerre

 

Je veux la musique du film ! Il y a de tout, de la musique d’époque western (Ennio Morricone), au Hip Hop en passant par quelques grands morceaux de musique classique.

La bande originale est vraiment splendide, et fait honneur à la réputation de Tarantino en la matière, qui ne bascule pas dans la « facilité » en reprenant le genre musical déjà exploité auparavant dans ses films.

Voir une ballade de cow-boys à cheval, avec un beau soleil couchant, sur du bon vieux rap américain, ça a de la gueule, grâce à Quentin.

Et d’une histoire presque simpliste, on en fait une savante recette bien dosée entre quelques allers et retours entre deux scènes, des ralentis utilisés à bon escient, des images un peu gores (toujours assez pour nous faire craindre le pire mais jamais au-delà de la limite).

Je ne suis pas pro en mise en scène, mais dans ces moments-là, on sent qu’on a affaire à une bête de cinéma qui sait ce qu’il fait et qui manipule tout aussi facilement qu’un jouet.

 

Des acteurs bluffants

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Jamie Foxx, peut-être le moins impressionnant (mais y a une très forte concurrence), joue parfaitement son rôle de Django, esclave à l’esprit vengeur.

Kerry Washington, la seule fille du film (si on excepte un ou deux mini-rôles), est délicieuse et ne tombe jamais dans la caricature de la pauvre éplorée qu’il faut sauver. Car les femmes, chez Quentin, elles ont des couilles. Et ça, ça fait du bien.

Ensuite, que dire… Samuel L. Jackson (affreusement drôle dans le rôle d’un serviteur Noir encore plus ignoble avec les Noirs que son propre maître), Christophe Waltz (Merci Quentin d’avoir révélé un mec pareil, qui parle toutes les langues, et manipule l’ironie mieux que Dr House !), et…

 

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Mon préféré est Léo. Di Caprio. Celui de Titanic s’est embelli avec l’âge, s’est endurci en tant qu’acteur, a fait presqu'oublier Titanic tellement ses films sont bien, et touche l’or en jouant son premier méchant.

Tout le monde n’est pas de mon avis, puisqu’il n’est pas nominé aux Oscars et que c’est Waltz, justement, qui lui vole la vedette en la matière. Mais si on fait l’inventaire du parcours de Léonardo, en dehors de La Plage, on (ou en tout cas moi) peut affirmer que c’est le meilleur acteur actuel, tous pays et toutes générations confondues.

 

Notamment pour lui, et pour le trio infernal qu’il forme avec Waltz et Jackson (et quatuor si on inclut Foxx), on pourrait dire que c’est le meilleur film de Tarantino.

 

Faudrait le revoir, pour en être sûre…

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #A la croisée des arts

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