Excursions – Et Rome m’est apparue

Publié le 22 Février 2013

 

Quelques jours après l’annonce tonitruante de Benoit XVI, bien que cet adjectif ne lui convienne pas tout à fait, et quelques jours avant les élections italiennes (qui nous feront sûrement pleurer le lendemain), il était possible de profiter pleinement de Rome, ville sublime.

Que dire sans tomber dans l’étalage de cartes postales ?

 

Pierres blanches et crépis colorés

 

La grandeur passée de Rome, en tant qu’empire, partage le terrain avec l’ambiance plus populaire actuelle. Les monuments, encore entiers ou partiellement usés par les âges, s’imposent dans un habit de pierres blanches majestueux, et se conjuguent aux façades colorées des villas et commerces, et aux enseignes au style un peu rétro.

Ballades romantiques, itinéraires touristiques, virées en groupe, tout y est possible. Et quelle chance que d’avoir une ville entourée de collines, qui offrent des points de vue différents et tous aussi beaux les uns que les autres !

 

A faire, en plus du Colisée, des places et fontaines, du forum, du Vatican, des quartiers pavés (Trastevere, Monti…) et des principales églises, il faut faire un tour un peu en dehors de la ville, à Ostia Antica, pour une sortie assez bluffante qui permet de déambuler dans la première cité portuaire de Rome, aux nombreux vestiges (dont de très beaux sols en mosaïque).

 

Désorganisation dans le sourire

 

C’est une ville sans montre. Agréable pour ceux qui veulent oublier Paris, pénible j’imagine, et dixit notre hôte « pour ceux qui veulent travailler ou faire quelque chose de sérieux ici ».

On comprend… Mais on apprécie le fait voir davantage de gens sourire, d’avoir cette impression que le stress est moins omniprésent, et de vivre en étant dans un endroit moins réglé comme une horloge que Paris.

 

Des saveurs exquises

 

Ou comment apprécier les choses les plus simples, si j’ose dire. Il n’y a qu’en Italie qu’on puisse prendre au restaurant un plat de pâtes, par exemple, en espérant légitimement se régaler du résultat.

Quant à la « pizza al taglio » ou aux glaces… c’est la casse-croûte ou le goûter incontournable de la rue !

 

Roma paradoxa

 

Toute cette beauté, cette bonne humeur… se retrouvent quasiment en confrontation avec la vulgarité ambiante. Le machisme s’y voit à tous les coins de rue, ne serait-ce qu’en voyant les filles « victimes » de la tendance qui se sur-maquillent pour être appréciées. Et puis ces affiches de campagne électorale… Grrr, je ne sais pas dans quel état on sera lundi !

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Et je vous laisse avec un peu de poésie, puisque j’ai lu un recueil de Valerio Magrelli, poète italien du 20ème, pour me refamiliariser avec cette si belle langue…

 

Preferisco venire dal silenzio
per parlare. Preparare la parola
con cura, perché arrivi alla sua sponda
scivolando sommessa come una barca,
mentre la scia del pensiero
ne disegna la curva.
La scrittura è una morte serena :
il mondo diventato luminoso si allarga
e brucia per sempre un suo angolo.

 

 

Pour parler, je préfère venir
du silence. Préparer la parole
avec soin pour qu’elle aborde à sa rive
en glissant, tout bas, comme une barque
cependant que le sillage de la pensée
en dessine la courbe.
L’écriture est une mort sereine :
le monde devenu lumineux se dilate
et brûle à jamais un de ses angles.

Ora serrata retinae

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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