Féministes : essayez de l’être au lieu de chercher sans cesse à en donner une définition !

Publié le 11 Mars 2013

 

Des combats, des causes pour les femmes, il y en a de multiples, à travers les cultures et les aspects de la société.

Comment, alors, oser uniformiser le discours féministe actuel, comme tente par exemple de le faire L’Express de cette semaine qui assimile les féministes pro-sexe et les Femen, sous prétexte qu’elles ont un rapport avec des revendications concernant la sexualité des femmes (trop vaste sujet pour constituer une étiquette) ?

 

Je fais très vite, car mon mois de mars est tourné vers un enjeu important qui m’oblige à arbitrer un peu mon temps, au détriment de l’écriture.

Aussi, c’est l’occasion de vous faire partager les articles et messages de personnes autour de moi, au moins aussi intéressants que mes contributions personnelles.

 

Lister les combats féministes serait 1/ trop long, 2/ pas très productif. Contentons-nous de faire allusion à quelques-uns des thèmes qui agitent notre petit monde actuellement.

 

Non, ma fille, tu ne seras pas une princesse

 

Au bout du conte… on perd nos illusions de pauvre fille qui attend le prince charmant. C’est un peu le message d’Agnès Jaoui dans ce film, qu’il faut aller voir tellement il est fin, drôle, ironique, et bien joué. Le duo Bacri-Jaoui fonctionne à merveille, et les jeunes acteurs de la distribution jouent très bien les personnages finalement blasés que nous-mêmes interprétons dans la vie réelle en se basant sur les promesses de contes de fées.

 

 


 
 


Non, madame, il ne suffit parler de ta sexualité pour être vue comme une intellectuelle intéressante

 

Pas de commentaire de mon côté, l’article assez provoc de Virgnie Despentes est suffisamment éloquent.

 

Oui, même si nous sommes encore dans une société inégalitaire (personne ne peut prétendre le contraire), nous sommes très chanceuses

 

C’est triste, de se retrouver le cul entre deux chaises, à devoir se battre d’un côté pour que l’égalité des salaires ne soulève même plus de débats, et dans le même temps à nous lamenter sur le sort d’une population tellement brimée qu’on a du mal à se croire au 21ème siècle.

Je relaie donc ici un message de Nina, impliquée dans la cause des afghanes.

Visitez ce site, ciblé sur le sort réservé aux femmes dans ce pays, partagez, à défaut de pouvoir faire plus.

 

Pour terminer, un des derniers articles de Nina, que j’ai choisi car il met en avant une femme admirable, active, et battante :

 

Quand Azra Jafari est devenue, il y a quatre ans, la maire de Nili – petite ville de 40 000 habitants de la province du Deykandi située au centre de l’Afghanistan – elle savait que la tâche serait rude. Avec un salaire mensuel de seulement 76 dollars, une petite fille de 4 ans à élever, une ville nécessitant des investissements importants, aucun budget réel pour réaliser lesdits investissements et l’opposition d’une partie influente de la population, il est vrai qu’Azra Jafari avait une montagne à gravir.

Un mollah important de la province lui avait d’ailleurs rendu visite, suite à son élection, pour la prévenir que la ville de Nili n’allait pas accepter une femme maire qui pensait qu’elle pourrait user de sa féminité pour « réaliser quelques projets et influencer les femmes ». Trois mois plus tard, le même mollah revenait la voir pour la remercier de son engagement en faveur de la population de Nili et la féliciter de son travail. Il est aujourd’hui l’un de ses plus fidèles soutiens.

En quatre ans, Azra Jafari a beaucoup fait pour Nili : notamment en faisant construire des routes. Un détail loin d’être anodin lorsque l’on sait l’importance de ces dernières pour le développement du commerce local et de l’agriculture et pour faciliter la délivrance de l’aide humanitaire et la venue de personnel médical.

Grâce à un travail acharné et son engagement en faveur des habitants de Nili, Azra Jafari a gagné le surnom de « Monsieur le Maire », un honneur pour cette jeune femme de 34 ans, seule femme parmi les 180 maires que compte le pays.

Comme des milliers d’Afghans, elle avait fui la guerre civile du début des années 90, prenant refuge en Iran. Elle est revenue en septembre 2001 pour siéger au sein d’une jirga pour la paix. Mariée à un réalisateur afghan, Azra Jafari est actuellement l’un des sujets d’une série documentaire sur le travail extraordinaire qu’accomplissent des femmes afghanes ordinaires en temps de guerre.

« Ce que j’ai appris est que cela ne fait aucune différence si l’on est un homme ou une femme. Ce qui est important est que l’on fasse correctement son travail, que l’on travaille dur et le degré de sérieux avec lequel l’on choisit de prendre ses responsabilités ».

 

[Cet article est basé sur des informations continues dans un article publié en anglais sur le site de The Guardian le dimanche 24 février 2013.]

 

PS : Et si vous voulez savoir ce qu’est le féminisme pro-sexe, RDV demain à 17h avec David Courbet à Sciences Po !

 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Je prends ma plume...

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Jérémie J 11/03/2013 18:05

Merci pour cet article.
David est-il à Aix-en-Provence ou à Paris ? Tu évoques de Sciences Po... comme j'en connais plusieurs j'aurais besoin d'un peu plus de précision, merci.

t-as-vu-ma-plume 13/03/2013 14:15



c'était à Paris, et à Sciences Po Paris, du coup.


Ce n'était effectivement pas précisé dans cet article mais dans le précédent.


A bientôt et merci de ta curiosité