Finalement, l’Huma, c’est une fête banale ?

Publié le 19 Septembre 2011

 

Dans les medias, on ne parle que de l’aspect éminemment politique de la fête. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon fait figure de chef dans la fête de l’Huma, de « vedette », comme l’écrit Le Monde, qui n’oublie pas de mentionner la « cravate rouge » du méchant leader du front de gauche.

On a parlé aussi, sur fond de campagne présidentielle entamée aussi bien par la presse que par les poulitiques, des visites rendues par Royal, Aubry, et Montebourg à Mélenchon.

 

C’est bien beau tout ça, mais d’une part la fête de l’Huma, même à dix mois de la présidentielle, c’est pas que de la politique-meeting-vitrine, et d’autre part, même dans l’aspect politique, il n’y a pas que les grands leaders qu’il faut écouter. J’ai pu m’en rendre compte pour ma première visite à la Courneuve.

 

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Crédit Photo: David Courbet


Déjà, on a pu voir les Pinçon-Charlot, couple de sociologues auteurs du Président des riches et spécialistes des études sur la caste dominante dans la société, qui cumule pouvoir et argent. L’occasion par exemple d’apprendre que, selon les études de ces sociologues, ce milieu assez riche est le seul où la femme est l’égale ou presque de l’homme. Etre une femme ne change pas grand-chose, l’assise sociale est ce qui importe finalement.

 

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Crédit Photo: David Courbet


Puis il y a eu les débats, forcément. Mais, si on ne peut nier que les discussions politiques étaient focalisées, sans grande remise en cause, sur le Front de gauche et son programme avec « L’Humain d’abord », on ne peut pas dire que ça n’était pas intéressant. Les responsables des partis du Front ont tous eu la parole pour défendre à leur façon (la plupart du temps en criant) les différents points du programme (ne pas sortir de l’Europe mais refuser le traité de Lisbonne, reconstruire un système fiscal progressif, le SMIC à 1700€ et j’en passe). Et Jean-Luc Mélenchon a offert une prestation séduisante (convaincante aussi, mais cela dépend des points de vues), plus intéressante que le meeting du lendemain qui a fait l’objet de plus d’articles dans la presse.

 

Aleveque.jpgCrédit Photo: David Courbet

 

On a eu de l’humour politique, et Christophe Alévèque a été la vedette de ce samedi soir, pluvieux donc dommage pour les fans de Joan Baez. Il le dit lui-même, « je n’ai plus de limites », et sous les traits de Super Rebelle il s’improvise faux candidat à la présidentielle pour casser d’autant plus les principaux partis et personnalités politiques du paysage français. On appréciera ou non son implication, mais ici, sa gouaille, sa hargne, son indignation, et son ton acide se conjuguent parfaitement et ça fait mouche.

 

En parlant d’indignation, et on rejoint là l’aspect politisé de la fête de l’Huma, on a pu assister à un enthousiasmant regroupement des indignés espagnols (qui avaient entamé une marche en partant de Madrid et faisaient escale à Paris avant de repartir sur Bruxelles), des représentants du peuple grec bien mal en point, et des rappels sur ce qui se passe en Islande et qui pourrait servir d’exemple si on veut parler de « redonner le pouvoir au peuple ».

 

 

Noah-2.jpgCrédit Photo: David Courbet

 

Et puis et puis… de la musique ! Je n’ai pas pu assister à tout, car dans ce week-end il faut faire de nombreux choix, et c’est pas évident. Je me suis régalé de Souad Massi et de Yannick Noah. Mais il y avait aussi Patrice, Avril Lavigne, Joan Baez, Bernard Lavilliers et j’en passe. On ne peut pas parler de grand festival musical, mais l’ambiance et la niaque des artistes ont rendu les spectacles jouissifs. Et merci Yanniiiiiiiiiiiiiiiick pour ce VRAI bain de foule.

 

Noah-3.jpgCrédit Photo: David Courbet

 

 


 

 

 

Enfin, et c’est ce qui aura intéressé la partie plume en moi, la fête de l’Huma c’est avant tout une fête pour la presse. Presse engagée, presse satirique, presse indépendante. Certains sont les trois à la fois d’ailleurs. C’était un plaisir de se balader entre les dessinateurs de Siné (qui revient en mensuel), les rédactrices de Causette (qui font du bien aux femmes), de l’Huma (qui ont su diriger les débats politiques) etc.

Et mes yeux de gamine aimant les livres se sont illuminés dans le village du livre, au milieu des auteurs, de fiction ou non, des éditeurs (l’occasion de prendre quelques contacts), de ces centaines de milliers de pages qui vous supplient de les tourner, et devant des débats explorant l’histoire des écrits (que faire des manuscrits de Robespierre ?) ou « le devenir du polar français ».

 

Charlie-Hebdo.jpgCrédit Photo: David Courbet

 

Donc non, l’Huma c’est pas une fête banale, c’est une fête entière.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume.over-blog.com

Publié dans #Le Canard se déplume

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le zouave 19/09/2011 20:36


Ahlala... je ne suis allé qu'à UNE fête de l'Huma au début des années 2000 et en lisant ton article j'ai pu retrouver tout ces petits moments qui ont bien souvent le point commun d'avoir tous
(malheureusement ?) un "je ne sais quoi" d'intemporel.


t-as-vu-ma-plume.over-blog.com 20/09/2011 09:10



Une seule leçon à retenir donc, y retourner! En espérant que l'année prochaine il y ait un petit parfum de victoire ou presque, et pas des lamentations à propos du zébulon réélu...