L’art et la plume – C. Claudel et I. Duncan, deux forces de la nature I

Publié le 15 Septembre 2011

 

 

En ce jour nait une nouvelle chronique consacrée à l’art, et avec comme plume maitresse Pauline (sœurette), qui s’apprête à faire ses premiers pas à l’école des Beaux Arts de Marseille.

 

Comment écrire sur l’art, qu’il s’agisse d’œuvres, d’artistes ou de disciplines ? L’exercice est d’une part peu aisé, mais en plus peut sembler parfois futile.

 

Si on part des écrits de Paul Claudel (extraits de sa première pièce de théâtre, Tête d’or, c’est pas gagné :

 

«La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que du papier.»

 

"Voici ce qu'il faut penser: Comment faire tenir dans une seule minute un siècle d'embrassements?"

 

Pauline a choisi de se prêter à cet exercice en choisissant deux artistes aux disciplines et aux vies différentes, mais animées d’une même passion pour leur art. Dans le premier billet de cette trilogie consacrée à Camille Claudel (sœur du Paul cité ci-dessus) et Isadora Duncan, lire le récit croisé de leur enfance et leurs touts débuts permet de comprendre un peu ce qui anime leur feu artistique.

 Ici, trois images de sculptures de Camille Claudel illustrent comment leur âme d'artiste se réveille petit à petit, brûle d'une passion qui dévore tout, et va jusqu'à s'envoler et tourbilloner.

 

C. Claudel et I. Duncan, deux forces de la nature

 

Camille Claudel et Isadora Duncan sont deux femmes qui se donnèrent corps et âmes à leur art ; la sculpture pour la première, la danse pour la deuxième.

Toutes deux semblèrent se destiner dès le début de leur vie à l’art.


En effet, Camille très jeune s’échappait de sa maison pour vagabonder sans cesse dans la nature, à la recherche d’argile. Elle grattait pendant des heures la terre de ses doigts, « enrôlant » son petit frère Paul avec elle, et ramenait des brouettes de terre chez elle, et ce malgré les terribles colères de sa mère. Si Camille avait été moins passionnée, moins obstinée et moins forte, sans doute aurait elle été ramenée à une vie beaucoup plus « normale », par sa mère… Camille ne fut jamais soutenue, encouragée dans sa passion, par sa mère, celle-ci n’a jamais cru en elle et on peut même dire qu’elle ne l’a jamais aimée. Il faut savoir que Camille naît à peine un an et demi après le décès prématuré d’un grand frère, mort à l’âge de 16 jours. La mère ne se remit jamais de cette mort, et désirant à tout prix un garçon, elle en voulut toute sa vie à la fille qui suivit ; Camille. Faisant peser le poids de la douleur sur celle-ci, jusqu’à l’en causer responsable.

 

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Isadora Duncan quand à elle se mit très jeune à donner des cours de danse aux enfants du quartier, avec l’aide de sa sœur, afin d’aider financièrement le foyer. Ses parents divorçant peu après sa naissance, elle quitta rapidement l’école, ayant déjà un caractère bien trop indépendant et c’est ainsi qu’elle débuta dans la danse, afin de surmonter à la pauvreté de leur famille.

 

Si Camille ne s’entendait ni avec sa mère, ni avec sa jeune sœur, Louise ; la favorite de sa mère, elle entretenait une tendre relation avec son père et son jeune frère, avec qui elle resta en contact jusqu’à la fin de sa vie. Comme si, très jeune, elle était déjà prédestinée à avoir une relation intense avec les hommes. Vers l’âge de 18 ans, elle obtient de ses parents de déménager de l’Aisne, pour Paris. C’est en effet le premier professeur de sculpture de Camille ; Alfred Boucher, qui l’encourageât à migrer vers la capitale. Le plus troublant dans l’œuvre précoce de Camille, à l’époque où elle modelait toute seule avec l’argile ramassée dans la colline, et peu après quand elle commença à prendre ses premiers cours avec Mr. Boucher, fut, c’est par ailleurs ce dernier qui le constata, qu’elle possédait déjà une force et une habileté dans son travail, comparable au style d’Auguste Rodin. Avant même que Camille ne rencontre Rodin, avant même qu’elle n’est connaissance de son existence, perdue à Fère-en-Tardenois, son travail ressemblait déjà étrangement  au sien, comme si elle avait pris des cours avec lui, comme si ils étaient déjà, à l’époque, prédestinés à mêler leurs arts et à partager leurs vies.

 

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Isadora se passionna alors très tôt pour la danse, mais avec déjà une volonté novatrice.

 

Elle avait l’ambition, dès le tout début de sa carrière, de se couper des lois de sévérité, de restriction et d’austérité que le domaine de la danse classique, étant à l’époque l’unique genre de la danse, réunissait. Elle n’adhérait justement pas du tout à cette dureté et à cette absence d’émotion, de sincérité qui représentait la danse; cet art qu’elle aimait plus que tout. Elle ne comprenait pas cette façon d’exercer, elle ne se retrouvait pas, en tant que danseuse dans cette « imitation », selon elle, de la danse. La liberté d’expression par le corps n’a jamais ressemblée à cela; quelque chose de dur, de raide, d’inexpressif, de faux… Elle déclara que ces ballets classiques étaient « laids et contre nature ». Dotée d’une incroyable force de caractère, elle se fit à son instinct et se jeta à corps perdu dans sa vision de la danse, la révolutionnant ! A l’opposé du classique, elle porta la danse vers quelque chose de très pure, voluptueux, spontané et naturel…Elle libéra le corps des danseuses. Sa danse, très basée sur l’interprétation, la fluidité des mouvements, l’improvisation et l’émotion, marquait une nette opposition avec la rigidité et les lois de la danse classique, prônée à l’époque…

 

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Rédigé par t-as-vu-ma-plume.over-blog.com

Publié dans #A la croisée des arts

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