Les femmes, la politique et les quiches – Des roses fanées pour commencer l’été

Publié le 20 Juin 2012

 

Certains jours, je me dis quand même que mon boulot de stagiaire est vraiment chouette (en gros, construction d’un réseau de TPE-PME dans Paris, pour contribuer au développement économique local et promouvoir certains projets d’innovation sociale). Et assister au lancement d’une entreprise qui veut amener les boites sur le chemin de l’égalité professionnelle, c’était assez intéressant… Surtout après une semaine classée sous le signe de la rose fanée et de polémiques type Desperate Housewives

 

 

C’est clair, on ne veut pas de femme à l’Assemblée Nationale, c’est donc pour cela qu’on s’est tous alliés contre Ségolène Royal lors du second tour des élections législatives, forcément*.

Le  tweet de Tweetveiler, consternante erreur de la part d’une personne qui veut profiter d’une aura qu’elle n’a pas personnellement, est interprété, de façon immédiate, comme le geste d’une femme – et non comme le geste d’une personne tout simplement mal placée, quel que soit son sexe – et suscite des réactions de deux types :

-          Que François Hollande tienne sa femme (des relents de chiraquisme ?)

-          Mais enfin, Valérie, en tant que femme, a le droit d’avoir une opinion différente de celle de son mari ! (Ca oui, merci, on le sait. Mais un(e) journaliste qui devient si proche du pouvoir et ne veut plus faire de politique a-t-il (elle) la légitimité pour balancer un truc pareil ?)

 

Tout ça pour en arriver à un constat : une femme en politique est d’abord regardée comme une femme. Parfois, elles en jouent, souvent elles en souffrent.

Dans ce climat d’indissociabilité maudite entre politique et genre, on veut faire bonne figure et rose éclatante en présentant, au nom du PS, plus de femmes que le parti de l’opposition UMP. Ainsi, on en arrive à 108 femmes à l’Assemblées nationale.

 

Un record !!!

Record ???

 

Le précédent record portait le nombre de femmes députées à 107… A ce rythme d’une femme en plus par législature, pour peu qu’il n’y ait pas de régression, je n’ose pas calculer le temps nécessaire pour qu’on passe de  18.7% de représentation (taux actuel, waouh ! moins d’un député sur 5 est une femme) à 50% ou presque.

 

Le lancement de La Jardinerie de l’Egalité professionnelle tombe donc à pic, car le sujet est brûlant. Je ne vais pas faire de pub pour cette entreprise, ce n’est pas le lieu, mais la créatrice s’était entourée de deux personnes (deux femmes) de choc : Soumia Malinbaum, fondatrice de l’Association française des managers de la diversité, et Maryse Dumas, de la CGT et vice-présidente de la délégation aux droits de la femme au Conseil économique, social et environnemental.

Cette dernière a présenté son étude, éclairante et malheureusement sans surprise si ce n’est de mauvaises, qui retrace les inégalités hommes-femmes mais aussi les inégalités sociales entre les femmes : temps partiel, salaire plus bas, législation trop timide, préjugés encore trop vivaces… Il y en a, du travail. A tel point qu’on ne sait par où commencer.

 

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C’est donc en tant que « quiche » qui ne veut pas compter pour une prune que j’attends impatiemment quelques avancées, et que j’espère fortement qu’on pourra bientôt parler des femmes, de féminismes, sans que ce soient des parenthèses dans le débat public. Ces thèmes doivent pouvoir être considérés comme ingrédients de débats généralistes.

 

Un premier combat remporté par le magazine Causette, qui s’est vu accorder le statut de « publication d'information politique et générale », alors qu’on aurait pu le considérer simplement comme un bimestriel féminin, féministe, gauchiste et j’en passe.

Une presse de qualité pour toucher le maximum de personnes et tenter de faire passer quelques messages, au travers, notamment, de la rubrique récurrente « On nous prend pour des quiches » qui inventorie publicités et décisions faisant preuve de machisme ou plus généralement de mépris envers nous, consommateurs, parents, salariés, citoyens…

 

A lire dans le dernier numéro, également, la minute de Bridget Kyoto, pessimiste sur le Rio + 20 qui se tient actuellement, ou encore le dossier intéressant qui fouille dans les déchets de guerre.

 

 

 

* Théorie qui sera vite fait balayée si Guigou est élue (j’écris et publie cet article volontairement avant les résultats). 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

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