Les mots, les maux et les bleus de l’hiver

Publié le 5 Avril 2013

Il y a ce vent, persistant, froid, qui devait nous amener un souffle nouveau (mise en examen de Sarko), et qui a commencé à apporter des rumeurs menaçantes (ca-ca-huzzzzac).

Il y a eu des tempêtes, essuyées tant bien que mal par les uns et les autres d’en haut, des averses, et puis le coup de tonnerre d’il y a quelques jours.

La température est alors baissée d’encore quelques crans, en même temps que la confiance qu’on pouvait espérer accorder à ceux qui défendent les moins riches (mais pas les pauvres non plus, faut pas exagérer).

Dans cette maison présidentielle, on espérait que la gueule de bois serait courte, mais ce n’est que la première averse de mauvaises révélations et la grêle continue de tomber, avec cette enquête journalistique mondiale sur les fuites de capitaux aux Iles Caïman (oups, le trésorier de campagne d’Hollande), et une nouvelle douche froide pour ceux qui donnaient la Justice en grande dame ce matin : un non-lieu risque d’écarter Sarko de toute poursuite.

 

Quand viendra le printemps ?

 

La Bretagne est sous la neige, nos bottes s’usent et les jupes restent bien au fond des armoires. Les médias nous demandent si on en a marre… et ma main dans ta gueule, tu la veux ?

 

Et puis ce matin, sur le quai de métro à la Station la Fourche, il y a des sacs de couchage remplis de gens miséreux.

Parmi ces gens, il y a deux jeunes. Un homme, une femme, sans doute de mon âge, serrés l’un contre l’autre, visage contre visage, yeux dans les yeux, dans un même sac de couchage. L’homme tient une de ces roses que d’autres miséreux tentent chaque soir de nous vendre.

L’image aurait pu être dans les journaux, ou à la télé. Mais elle est devant nous, derrière une vitre de métro. Et nous tous passagers on tourne les yeux vers cette image.

En ces instants c’est cette musique qui résonne dans mon MP3.

 


 

Le métro s’arrête plus longtemps qu’à l’accoutumée. Comme pour nous faire voir ce spectacle, que tous ceux de là-haut nous infligent, trop occupés à compter leurs sous. Pour nous faire voir ce spectacle auquel je ne veux jamais m’habituer.

Il repart et il y a une atmosphère lourde dans la rame. On sait pas trop ce qu’on fout là. Les mots de ceux d’en haut sont des mensonges infectes, des vipères. Le Ministre du Budget fraude, les moralisateurs de son camp ont au moins autant de casseroles et ont oublié le sens des mots « vérité », « justice », « responsabilité », « confiance », les opposants ne sont pas si virulents car ils savent ce qu’on trouverait en fouillant dans leurs passés et leurs comptes en banque. les Gérard Filoche, tout sincères qu'ils soient, ne font qu'entretenir l'illusion que nos gouvernants pourraient en avoir quelque chose à faire de notre sort.

 

Les vrais mots, c’est peut-être dans la rue qu’on les trouverait. Venant d'en bas. Bien en bas.

 

Et le printemps, j’aimerais qu’il vienne juste pour ce couple à la rose. Pour qu’ils puissent s’aimer autrement que pour se réchauffer.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

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