Pauvre Cassandre, je t'abandonne moi aussi!

Publié le 29 Mai 2012

 

Pendant trois jours, j’étais là :

 

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Entre Moyen-âge, Renaissance, on a voyagé parmi les différentes familles royales qui ont habité les châteaux de la Loire.

Mais c’est dans une autre époque que j’ai essayé de me plonger au travers de la lecture : l’antiquité Grecque.

Quand je dis essayer, c’est avec un certain acharnement, pour plusieurs raisons :

-         J’ai toujours aimé les récits épiques d’Ulysse, Hélène de Troyes, la bataille des Dieux, la Toison d’or et… le mythe de Cassandre.

-         Christa Wolf (écrivaine de la RDA) avait une écriture magnifique, et c’était l’occasion de la découvrir pour de bon, après sa mort en décembre 2011, à l’âge de 82 ans.

-         Une amie, très connaisseuse de la littérature classique, me l’avait si fortement conseillé que je m’étais promis d’aller jusqu’au bout…

 

Mais peine perdu, je n’arrive pas à lire Cassandre. Pourtant c’est beau (et pas du tout jusqu’à l’écœurement comme pour Henry Bauchau), et l’écriture provoque un certain ravissement :

 

Maintenant je peux mettre à l’épreuve ce à quoi je me suis entraînée toute ma vie : vaincre mes sentiments par le moyen de la pensée. L’amour autrefois, à présent la peur. Elle m’a assaillie au moment où la voiture, que les chevaux fourbus avaient péniblement tirée juqu’au sommet de la pente, s’immobilisa entre les sinistre murailles.

Devant cette ultime porte. Lorsque le ciel se déchira et que le soleil tomba sur les lionnes de pierre, dont le regard va - et ira toujours - au-delà de moi et au-delà de tout. La peur, je connais, mais ceci est autre chose.

 

L’histoire est déchirante (Cassandre, condamnée par les Dieux à voir l’avenir sans que personne ne la croit, attend sa mort dans la geôle qui la voit vivre ses dernières heures), et la forme choisie très audacieuse et libre (un long monologue de notre héroïne). On prend plaisir à lire, vraiment, ne serait-ce que pour apprécier la beauté du langage et la richesse de mots diffusée par Christa Wolf.

Mais je dois avouer mon ignorance des détails des mythes de l’antiquité grecque au-delà d’un certain point. Et là, je suis sérieusement handicapée par mon manque de connaissances qui m’empêche de comprendre sous-entendus, allusions aux multiples personnages etc.

Je ne suis pas à la hauteur. Et c’est triste de devoir abandonner la lecture d’un livre parce qu’on n’a pas le niveau intellectuel et culturel requis.

Donc, ne pas offenser plus allant ce beau livre, en s’obstinant à lire quelque chose que je ne comprends pas, est indispensable.

Il faudra que je reprenne des cours d’histoire.

 

En attendant, ce beau séjour à Blois, rempli de surprises m’a fourni en lecture puisque j’ai ramené dans mon sac deux livres de Marguerite Duras. Alors que la personne qui m’a offert ces livres était justement en train de les bazarder car elle n’aime décidément pas l’écriture de Duras, il est curieux que je m’oriente sur ces bouquins pour me réconcilier avec la lecture. Mais je relève le défi.

Je viens de commencer par Hiroshima mon Amour, scénario écrit pour le film d’Alain Resnais, que, bien sûr, je n’ai pas vu. Mais cette fois, mon ignorance sert plutôt les sensations procurées par la lecture, car des images totalement libres, et très belles, me viennent à l’esprit sans que je ne pense au film. Film qu’il faudra donc visionner ensuite. En attendant, de bien jolies pages m’attendent. Parfois compliquées, souvent douloureuses, ça ne m’empêche pas de prévoir de longues heures de lecture au soleil.

 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Cercles de culture

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françoise lanby 29/05/2012 15:41

Hum, très belle introduction pour ta lecture du moment, surtout pour une amoureuse des tragédies grecques comme moi qui adore le mythe de Cassandre...bon, après j'avoue le long monologue doit être
rédhibitoire, aussi je te comprends! lecture du moment de mon coté que je te conseille si jamais tu en as le temps: Le capitaine alatriste d'arturo perez-reverte. Réjouissant, simplissime,
picaresque, bref j'ai adoré.

t-as-vu-ma-plume 31/05/2012 08:57



Merci du conseil, je retiens! Et ce n'est pas le principe du monologue qui m'a bloquée pour Cassandre. Au contraire, c'est très entrainant car on finit par se retrouver dans ce "je" désamparé.