Toc toc toc à la Ligue de l'Imaginaire

Publié le 6 Juin 2012

 

Sur le site de la Ligue de l’Imaginaire (regroupement d’auteurs tels que Franck Thilliez et Henri Loevenbruck, présents au festival Plume de Glace), des écrivains bénéficient de temps en temps d’une page qui leur est consacrée. Toujours les mêmes questions, souvent des réponses originales ou qui tentent de l’être. J’ai essayé d’être à la hauteur et viens d’envoyer le mien. J’ignore totalement s’ils sélectionnent les QLDI (questionnaire de la ligue de l’imaginaire) ou s’ils les publient tous. Nous verrons bien.

 

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Et pour ceux qui me connaissent bien, vous verrez que certaines questions m’auront désarçonnée. En effet, elles insinueraient que l’écrivain qui y répond est expérimenté, très cultivé, et a beaucoup de succès… Hum hum.

C’est long, alors je vous laisse plonger dans cette interview dès maintenant !


 

1 - Les premières dédicaces sont toujours un moment... éprouvant. Quel est ton pire souvenir ? Ton meilleur souvenir ? Anecdote.

Exaltant plutôt qu’éprouvant. Surtout que pour le moment je ne compte qu’une séance (enfin, disons une série de séances) à ce jour. Le meilleur souvenir ne peut donc être qu’à Serre-Chevaliers, pour le festival Plume de Glace. Des moments de partage très enrichissants avec des lecteurs, des échanges avec les autres écrivains présents… Sur ces trois jours, mon pire moment aura été l’appréhension lorsque j’ai appris qu’on m’avait placée à côté de Bernard Werber pour les dédicaces. Bien entendu, ça a été plus de peur que de mal, et c’était assez drôle de le regarder vers des dessins gigantesques en guise de dédicaces.

 

2 - Cinq livres favoris ? détestés ?

Pas dans l’ordre de préférence puisque mon top 5  met tous les bouquins sur un plan d’égalité (de génie) : Colline de Jean Giono, pour le rapport de l’homme à la nature. Puis Eldorado de Laurent Gaudé, pour le rapport de l’homme à lui-même cette fois. En plus, j’ai lu cette histoire de garde-côte italien (à Lampedusa) en plein dans les actualités dramatiques qui voyaient les africains se noyer en tentant de se rendre sur cette île. Comme Dieu le veut, de Niccolo Amaniti, qui s’affirme comme l’équivalent littéraire de ce qu’est Tarantino au cinéma : du trash, du provoc, du poisseux. Et ce livre est une merveille. L’Homme caché de Pierre Cendors, bouquin très poétique que j’ai dévoré en ayant l’impression de flotter dans un autre monde. Enfin, un autre italien, Dino Buzzati pour Le Désert des tartares. Il ne s’y passe rien, et ce rien prend une ampleur démesurée qui étouffe notre héros pris dans ce vide et ce temps qui file pour rien. Et nous, pauvres lecteurs, on veut lui crier de se réveiller mais on est finalement pris dans cette torpeur à notre tour.  Je crois que c’est le livre le plus angoissant que j’ai lu. Si je pouvais en rajouter un sixième (s’il vous plait ?) ce serait La Tempête du siècle de maître Stephen King.

Livres que j’ai détestés ? J’ai peu de mémoire dans ces cas-là. Mais il y en a qui me vient en tête, dont j’ai oublié le titre mais pas l’auteur : Musso. D’une convenance, d’un calcul,  plein de fausses audaces…

 

3 - Fais-tu régulièrement un tour sur Amazon pour voir ton classement au moment de la sortie de ton bouquin ?

Moins ces temps-ci. Mais dans les premières semaines,  j’allais très souvent sur Fnac.com pour vérifier si j’étais sur la première page ou non. Aux dernières nouvelles, c’est le  cas pour Nouvelle Lune (quand on tape  Nouvelle Lune...)  qui apparaît en haut de la liste des titres concernés (beaucoup de nouvelles lunes...)


4 - Cinq séries TV marquantes ? À chier ?

Docteur House pour l’aspect jouissif qu’il y a à regarder Hugh Laurie s’en prendre avec autant de sarcasmes et aussi peu de scrupules à n’importe qui. J’ai beaucoup aimé Six Feet Under aussi. Pour ce qui est des séries avec des enquêtes policières : Dexter jusqu’à la saison 4 (ensuite c’est à classer dans les séries à chier), FBI portés disparus.

Une série inclassable, au-dessus de tout pour moi et dont j’attends la dernière saison avec la plus grande impatience : Breaking Bad.

Séries à chier ? Je ne les regarde pas assez pour aller jusqu’à ce jugement… Bon, allez, Grey’s Anatomy est quand même costaud dans le genre.

 

5 - As tu éprouvé des moments de découragement- pendant l’écriture d’un des tes romans ?

Oui, pour le premier ! De nombreuses fois, je me suis dit que ça ne valait rien, et que je perdais peut-être mon temps. Puis, je revenais à l’écriture et persévérais en me disant que finir ce premier roman serait déjà un grand pas dans l’écriture. Finalement, j’ai bien fait. Pour mes autres projets, j’étais plus sûre de moi : soit j’étais sûre que c’était nul et j’ai laissé tomber très vite pour passer à autre chose, soit j’ai écrit sans baisser d’un cran jusqu’à la fin.

 

6 - Cinq films cultissimes ? A fuir ? Réalisateurs fétiches ?

De battre mon cœur s’est arrêté (Jacques Audiard), 3H10 to Yuma (avec Russell Crowe, qui m’enthousiasme tellement que j’ai oublié le nom du réalisateur), Les Infiltrés (Scorsese), Seven, Pulp Fiction.

Films à fuir ? Je vais me faire des ennemis mais j’ai été très déçue par Fight Club, qui est apparemment LE film de ma génération. De la provoc pour pas grand-chose selon moi. Pourtant, les acteurs jouent très bien et j’ai adoré Seven (que j’ai justement mis dans la première liste) du même réalisateur.

Les réalisateurs auxquels j’adhère direct : Ken Loach, Tarantino, Audiard, Clint Eastwood, Benoit Jacquot, Woody Allen, Chabrol…

 

7 - Comment qualifies tu le couple auteur/éditeur ?

Je suis encore dans ma première expérience auteur/éditeur, alors c’est un peu compliqué. J’aurais tendance à dire que c’est du donnant-donnant.

 

8 - Ton défaut principal ?

Un besoin de tout cadrer. Par exemple, je divise ma journée en heures pour répartir ce que j’ai à faire et je me fais un vrai planning dans ma tête. Pour ceux qui vivent au plus près de moi, c’est un peu stressant…


9 - Un resto et un bar où on peut te croiser.

Si c’est à Manosque, plutôt la Barbotine. Si c’est à Paris, comme en ce moment, ça change tout le temps ! c’est tellement grand, ce serait dommage de se fixer toujours dans le même lieu.


10 - Tes révoltes du moment (si tu en as) ?

Ne pas en avoir est justement révoltant. Pour ce qui me concerne, la place dominante accordée systématiquement à l’économie, pour arbitrer des sujets qui touchent à l’être humain, me désole. Le peu de place qu’on donne à une réflexion écologique (une vraie, pas juste la question pour ou contre le nucléaire, qui n’amène pas à grand-chose). Ensuite, on va dire que je suis paresseuse, mais l’obsession du travail pour en faire le centre d’une méritocratie sociétale me gonfle particulièrement. Comme si, entre la vie et le travail, on avait échangé les rôles.


11 - Musique : ce que tu écoutes en ce moment et que tu conseilles.

Gotye, Etta James, Muse, Mos Def (Yasiin Bey maintenant), Eminem, Arthur H, Camille.

 

12 – Es-tu accro à facebook ? fréquence ?

Je suis accro, c’est un fait. Mais j’ai mis une limite : je ne communique sur Facebook et sur les plateformes publiques que pour ce qui concerne mon blog et l’écriture. Pour les échanges plus personnels, je me garde de mettre des statuts débiles et échange en message perso avec ceux que je ne vois plus assez.


13 - As tu une passion incongrue ?

Le chocolat est-il incongru ?

 

14 - Qu’avais-tu comme poster pour décorer ta chambre d’ado ? Quel tableau ou oeuvre d’art as tu mis dans ton appart, villa ou manoir (poster de Bart Simpson, calendrier Pirelli, Picasso, Degas, etc) ?

J’ai eu pendant des années l’affiche de Matrix. Puis j’ai opté pour une superbe photographie d’un paysage de Mongolie, que j’ai toujours. Sinon, le poster de la sculpture La Valse, de Camille Claudel, et Le Désespéré  (ou La Peur selon comment on l’appelle) de Gustave Courbet.

 

15 - Dans une histoire, le personnage le plus- dur à créer c’est le héros (héroïne) ? Le salaud (salope) ? Les personnages secondaires ?

Le méchant (pour ne pas être vulgaire). J’ai du mal à lui donner beaucoup de place, en tant que personnage. Je m’attache davantage à ce qu’il fait qu’à ce qu’il est.

 

16 - L’endroit où tu aimes écrire ?

Je me sens dans un cocon dès que je suis plongée dans l’écriture. Alors j’écris aussi bien lorsque je suis confortablement installée chez moi que dehors ou dans une salle de cours (lorsque j’ai décidé de ne pas écouter le prof…)


17 - L’endroit qui te fait fuir ?

Un endroit sans aucun bruit. J’ai besoin de chants d’oiseaux, musique, de conversations, de radio…


18 - La personnalité historique que tu admires (Mussolini, Mandela, Charles Manson, etc) ?
Alexandra David Neel. Mes écrivains et réalisateurs préférés sont des hommes pour la plupart, par contre mes héros sont des héroïnes.


19 - Qu’est ce qui fait, pour toi, la richesse de la littérature de l’imaginaire ?
On va au plus profond des entrailles du personnage, et, si on y arrive, du lecteur. On provoque une réaction qui n’est pas attendue, et qui peur être angoissante, heureuse, haineuse… On plonge dans un univers, réaliste ou non, qui nous emmène très très loin du fauteuil où on est confortablement installé. L’imaginaire fait se poser des questions, fait transpirer, habite les heures de lecture (ou bousille une soirée si on a des invités), et accélère le temps (je crois que c’est à Paris que les gens lisent le plus, pour mieux supporter le métro). Surtout, l’imaginaire développe l’imagination du lecteur.


20 - Un con c’est quoi pour toi ?

Quelqu’un avec l’esprit fermé. Après, il y a les boulets. Mais eux, ils sont plutôt drôle (j’en suis une par moments d’ailleurs).

 

21 - Ton meilleur souvenir d’interview ? Le pire ?

Mon pire souvenir était lors de ma toute première interview radio (Radio Gapeau). Tout s’est très bien passé, mais j’ai été complètement désarçonnée par l’insistance de la journaliste sur le fait que j’avais fait de mon héros un homosexuel. J’avais envie de répondre « Et Alors ? », mais ai eu des scrupules et me suis contenté de dire que pour moi, ça n’avait en fait pas d’importance qu’il soit homo ou non. Ca faisait partie de l’image que j’avais de lui, point.

Mon meilleur souvenir a été à Fréquence Mistral, là aussi pour une radio. J’ai bien apprécié les sujets qui sont venus avant la critique de mon bouquin (notamment sur le film Les Nouveaux chiens de garde), la discussion que j’ai eu avec le journaliste en off, et la chanson qui passait en clôture de l’émission (Selah Sue)

 

22 - En matière de BD, tes héros favoris quand tu étais ado ? Et maintenant ?

Ado : Tintin, Blake et Mortimer, Astérix et Obélix… Aujourd’hui ? Hum…Malheureusement, je lis beaucoup et de plusieurs genres littéraires, mais suis très démunie en matière de BD. Il m’arrive de relire des Tintins ou Blake et Mortimer quand même.

 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Mes écrits : Poids Plume

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