Un trublion à l'Académie Française - Pour que le livre vive

Publié le 3 Avril 2012

L’heure est grave et l’entrée en campagne s’impose. Pas la campagne que 65% des Français jugent inintéressante, mais celle pour l’élection au siège vacant de Jean Dutourd à l’Académie Française.

L’heure est grave car le livre pèse plus lourd pour le porte-monnaie en une époque qui n’a pas besoin de ça. Le livre, qu’il soit en vrai papier ou en numérique, devrait rester un produit taxé au minimum, 5.5%. Monter ce niveau de taxe à 7% fait bien peur à nos libraires, qui, même question pratique (re-étiquettage de tous les livres déjà reçus), vont avoir du mal à avaler cette mesure, prise en catimini par le gouvernement en octobre ou novembre dernier et appliquée depuis le 1er avril (la bonne blague hein?) Pour que le livre vive, et que le lecteur lise, la culture doit rester épargnée financièrement.

 

10 mars (2)

 

L’heure est grave, aussi, car certains qui se prétendent écrivains n’hésitent plus à se mettre au premier plan et à fanfaronner en se présentant à une élection aussi prestigieuse.

En écrivant ces mots, je pense bien sûr à PPDA (même pas envie de le nommer en entier), qui s’est permis d’être un écrivain coûteux (les ventes sont sûrement trop faibles pour compenser ses droits d’auteur), malhonnête (l’affaire du plagiat d’une biographie d’Hemingway, l’utilisation de sa vie privée pour se faire lire comme un héros qui a raison face à une maîtresse qui lui a brisé le cœur, ce qui lui vaut une condamnation en justice etc.). Et je ne fais allusion qu’à l’année 2011.

 

Mais nous pouvons remonter plus loin pour constater qu’il a également déshonoré la fonction de journaliste, notamment avec cette fausse interview de Fidel Castro. Pourtant, ce sont des candidats comme lui qui prennent de la place dans les médias lorsqu’on parle de l’Académie Française.

Vous me direz que les sept autres candidats pour le fauteuil de Jean-Pierre Rémy ne sont pas vraiment connus du grand public et ne l’intéresseront pas. Vous n’aurez peut-être pas tort. D’ailleurs, je ne connais même pas Jean-Pierre Rémy, et je ne vais pas tricher avec Wikipédia.

 

Néanmoins, il est un candidat qu’il est intéressant de suivre. Car il se place en tant qu’amoureux de la littérature, critique littéraire acéré, libraire sans compromis, et représentant des libraires dans un temps de lutte pour ce secteur qui peine à survivre.

J’ai nommé Gérard Collard donc, candidat pour un autre siège que PPDA.

 

 


 

 

On se demandera à quoi cela peut bien servir… Car que fait l’Académie Française à part réformer le dictionnaire ? Et bien, elle a un rôle dans la langue française et la littérature non négligeable, par ses actions de mécénat et ses soixante prix littéraires.

Là, on comprendra l’enjeu que représente la candidature d’un homme plus jeune que la moyenne, au franc parler très moderne, libraire indépendant et proche des petits éditeurs.

 

 

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La panoplie de l’académicien lui sied bizarrement. Mais on en a peut-être besoin: est-ce la tenue ou le candidat qui doit s'adapter?

 

Je vous laisse revenir aux vraies préoccupations quotidiennes et à la campagne présidentielle, importante même quand elle n'est pas intéressante et pour laquelle on va voter pour de vrai.

 

L’élection à l’Académie Française, fixée au 26 avril pour PPDA et au 10 mai pour Gérard Collard, n’est pas une occasion de voter pour nous, mais doit être surveillée quand même.

 

 

 

 

PS : Jusqu’à la  clôture des votes pour le prix PLUME DE GLACE, vous pouvez me soutenir, avec mon roman Nouvelle Lune sélectionné pour le festival de polar , en me mettant une bonne note (de 1 à 5). C’est ici que ça se passe. Si vous souhaitez me soutenir même sans voir lu…faites quand-même et FAITES PASSER. Merci d’avance ! 

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume

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