Les féministes et les gourdasses

Publié le 29 Août 2013

Il y a sans aucun doute beaucoup de catégories de féministes, et heureusement. Car les groupes dont on entend parler (La Barbe, les Femen…) sont souvent assez extrêmes dans leur manière de faire valoir une cause.

Cela a le mérite de montrer au grand jour les problématiques encore actuelles et touchant à l’inégalité des sexes. Mais dans le même temps, cela peut apparaître comme contreproductif envers ceux qui n’ont pas l’esprit assez ouvert pour comprendre qu’être féministe ce n’est pas nécessairement se foutre à poil et taper sur la cloche de Notre Dame de Paris.

Etre féministe, est-il nécessaire de le rappeler (oui ? ah mince alors…) ce n’est pas forcément combattre ou servir une cause, c’est en premier lieu être pour l’égalité des sexes.

Cette fin, ce but, est souhaité par pas mal de monde.

Nous sommes donc beaucoup de féministes, hommes comme femmes. Sur les moyens, par contre, nous divisés.

Les autres ? Des gourdasses. Qui pensent qu’il n’y a pas plus de problème, qui trouvent cela normal, ou qui considèrent les idées féministes comme un seul et même discours esclave d’une pensée unique et contemporaine, et qu’il faudrait dénigrer au nom du complot. « Ah non je ne me ferai pas avoir ».

Un peu comme le Claude Allègre avec la cause environnementale.

Ainsi, parfois, ce sont des femmes qui desservent carrément toute idée et volonté d’égalité des sexes.

David Courbet avait fait une très bonne chronique sur le sujet, en partant d’une publicité réalisée par Pénéloppe Cruz et qui entendait montrer des femmes à l’image de ce que signifiait son parfum : Provocantes.

Or, au lieu d’être provocantes et dominatrices, les femmes en sous-vêtements se vautraient pour le plaisir des mâles.

Un autre exemple, plus récent que l’article de David, sur France Inter, avec la remplaçante de Pascale Clark pour l’interview qui se veut impertinente, à contre-courant quelque soit le sujet, et qui en l’occurrence fait preuve d’un grand manque de discernement.

Questions posées et remarques acides (sans trucage) :

"Attention, il y en a qui disent que la parité, c'est le biologique qui prime sur la compétence...

Cela dit, si on doit choisir entre un homme compétent et une femme incompétente, la parité fait qu'on va choisir la femme incompétente...

"Alors, Osez le féminisme, c'est un féminisme qui est contre les hommes ou tout contre les hommes?

"C'est un féminisme qui ne compte pas émasculer les hommes. C'est une bonne nouvelle, je vois tout le monde qui se détend dans le studio. Vous partez donc du principe que l'homme est un allié et non pas un adversaire?

"Vous ne pensez pas que les nouveaux féministes aujourd'hui, c'est souvent les hommes?

"Enfin, dernière question : est-ce qu'on peut être féministe et avoir de l'humour?

Voilà, c'était l'info du jour, il faut appeler l'AFP. Ca mérite au moins une dépêche."

Remarque : le décorticage de cette interview scandaleuse m’a permis de découvrir un blog très bien écrit et très intéressant.

Ca c’est du France Inter ? Du journalisme ??

A se demander si la chroniqueuse n’a pas été embauchée au nom de la parité dans le sens où elle la définit (l’incompétence).

Et dire que la représentante d’Osez le féminisme (qui n’a pas le même style de communication mais qui défend des causes en commun avec les Femen d’ailleurs), venait sur le plateau pour faire valoir le mérite de quelques grandes femmes qui devraient entrer au Panthéon…

Dont Olympe de Gouges, qui avait écrit notamment ces quelques phrases dans la Déclaration des droits de la Femme (Révolution Française).

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

Article XIII

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

Mais il paraît que ça évolue, tenez, l’Arabie Saoudite veut désormais condamner les violences domestiques… avec ce genre de campagne de communication (sarcasme) :

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Je prends ma plume..., #Exutoire

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CC 29/08/2013 14:55

Auditrice fidèle et dévouée de France Inter, j'ai moi même été choquée par les propos tenus; pourtant, on ne peut pas dire que leur auteur ne soit pas féministe ; pour le coup, elle faisait de l'humour nul à chier... bref, je ne sais pas ce qui lui a pris.