Objectif Terre – Les avocettes élégantes nous offrent une magnifique chorégraphie

Publié le 8 Mai 2013

Une nouvelle aventure de volatiles signée Laurent Dumas :)

Objectif Terre – Les avocettes élégantes nous offrent une magnifique chorégraphie

Cette période de bouleversements au sein de l’hexagone ne semble déranger en rien nos oiseaux dans leur migration, et c’est tant mieux !

Et ainsi, nous retrouvons comme chaque année tout le long de nos côtes (plus quelques marginales égarées en Dordogne), les très populaires et attachantes (disons le) avocettes élégantes, portant bien leur nom. De véritables damiers évolutifs en vol, elles se comportent à terre comme les plus gracieuses des danseuses de ballet, opérant des pas latéraux dont on ne saurait manquer d’inspiration à leur vue.

Qui a dit que les chorégraphes des premiers temps avaient tout inventé ? ;)

Ici donc une population stable, très prometteuse (dont les effectifs semblent être conséquents), et qui chaque année nous revient d’Afrique de l’Ouest à la fin de l’hiver (ici, en partie du Mali je crois). Pour le plus grand bonheur de ceux qui auront la chance de croiser leur chemin…

Splendides en tout point, ces oiseaux se reconnaissent par leurs pattes bleues (ici, la photo est en noir et blanc, de plus celles-ci sont le plus souvent souillées de vase), leur bec recourbé vers le haut (diagnostique), comme pour venir souligner une fois de plus leur aspect unique. De loin, ces charadriiformes peuvent éventuellement être confondus, mais de près, la confusion demeure impossible ! Fréquentant les vasières en groupes souvent nombreux, leurs vols collectifs en sont d’autant plus impressionnant. C’est alors un incroyable tableau qui s’offre à qui sait l’apprécier, porté par les sifflements d’alarmes flûtés. La femelle se distinguant très peu du mâle (longueur de bec+noirceur de la tête et des contours de l’œil), les vols sont en tous points semblables à des échiquiers, se tournant et se retournant dans un même élan hypnotique.

Ce petit échassier, une fois isolé, peut en revanche être difficilement repérable au sein de bancs de laridés (mouettes, goélands…).

Hiver oblige, ce jour là au Teich (que je retrouvais après un an d’absence), il faisait froid, un léger rideau de pluie nous arrosait par moment, le temps était gris, et les embruns nous rappelaient sans cesse que l’océan n’était pas loin (bien qu’invisible, à quelques centaines de mètres seulement). Si j’ai surexposé ainsi l’image (en post-traitement), c’est précisément pour dissimuler ce gris monotone qui rendait trop ternes les oiseaux.

Première observation de l’année pour moi des échassiers venus tenir la retraite en France, à l’observatoire, les amateurs comme les professionnels profitent du spectacle : des limicoles en tous genres chassant puces de mer, vers, et petits invertébrés. Splendide, les chevaliers les plus téméraires s’approchent de nous sans craindre quoi que se soit.

Néanmoins, je tiens tout particulièrement à l’œil les bancs d’oiseaux, en rangs serrés, au repos (barges rousses, et avocettes, plus quelques bécasseaux). Je le sais, à un moment, l’un d’entre eux, dans le vacarme qui leur est propre (chaque oiseau ou presque peut être reconnu par son cri, quand on sait le reconnaître), s’envolera, entraînant avec lui une masse de ses compagnons. Et ainsi, après de courtes minutes d’attention, ça ne manque pas, et ce sont les avocettes qui se lancent les premières, bientôt suivies des barges, puis des bécasseaux (sanderling notamment) mais qui eux préfèrent un vol au ras de l’au à un vol d’altitude. Les barges se posent rapidement, mais les avocettes, offrent aux observateurs captivés, 3, 4 puis 5 passages. Impressionnant, stupéfiant. Une nouvelle preuve qu’au contact de cette si vulnérable nature, chaque vision nous semble nouvelle. J’ai beau observer ces danses depuis quelques années maintenant, je n’en demeure pas moins soumis au respect de ce qui m’est ici offert.

NIKON D7000, 300mm, f/6.4, 1/250s, ISO 400.

Ps : Je conseille à chacun un passage dans ce parc, qui pour moi, demeure l’un des mieux imaginés pour l’observation, parmi les meilleurs en Europe, et l’un des mieux fréquentés, toute l’année.

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #A la croisée des arts

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