Rester vigilant, mais s'accorder le droit de sourire... a-t-on la berlue?

Publié le 6 Août 2013

Berlu..... porte plutôt bien son nom.

Il aura bercé d'illusions tout un pays, tout un peuple. Et ceux qui ne le croyaient pas espéraient sans cesse le voir tomber, sans que ce voeu soit exaucé.

Alors, où est-ce qu'on en est?

C'est pas tout à fait gagné.

Ca fait au moins deux ans qu'on entend parler de quelques procès (Ruby, Mediaset), qu'on entend parler de condamnations.

Mais ces dernières sont reportées jusqu'à prescription, ou alors annulées, car le Cavaliere a réussi un bon tour de magie avec les juges, avocats, politiques, mafieux, chaines de télé...

La preuve, c'est que sans lui (puisqu'il est condamné pour de bon à un an de prison dans le procès Médiaset, et en l'occurence d'assignation à résidence, en attendant le cas Ruby), tout le monde politique panique.

Ainsi,un gouvernement, un parti, un parlement, dépendent de lui. Il suffit d'une belle mise en scène et d'une hypocrisie majestueuse (en n'appelant pas ses partisans à démissionner par exemple) pour qu'il apparaisse, encore une fois, comme un sauveur clément et amoureux de son pays ("pays de merde", c'est ce qu'il a dit au téléphone il n'y a pas si longtemps).

J'avais déjà évoqué mon écoeurement vis à vis de cet homme politique, qui fait le parfait combo pour moi entre Sarkozy (pour les scandales politiques), DSK ( pour les scandales sexuels), et Tapie (pour les scandales économiques).

Et là, on dirait qu'il y a un petit air frais qui vient. Est-ce que j'ai la berlue?

Peut-être. On me reproche parfois d'être dans une vision bisounours de la vie. Où on pourrait forcer les gens à se respecter les uns les autres, et où la justice, à défaut de la politique, peut faire son travail.

Mais bon, les trois personnes évoquées pour faire une comparaison avec la momie italienne, sont tout de même inquiétées par la justice. Peut-on parler de véritable espoir de voir la "justice triompher"?

Et chacun use de ses armes pour faire croire à un complot, appeler à sauver la démocratie en préservant l'opposition, ou encore à prétendre être d'une pureté envers l'autre sexe.

Peut-être que 2013-2014 sera une année nouvelle.

En tout cas, si vous me permetter cette métaphore, dégommer un par un ces enfoirés ne nous ferait pas de mal pour nous remonter un peu le moral au milieu de ce chantier qu'ils nous ont laissé.

Marco Travaglio, journaliste italien exemplaire (je cherche son équivalent français)

Marco Travaglio, journaliste italien exemplaire (je cherche son équivalent français)

Et pour finir, un écrivain que j'avais déjà cité dans le précédent article sur Berlus (oups j'ai failli craqué et écrire son nom pour de bon!), Niccolo Ammaniti, dans la Fête du siècle (qui illustre la décadence italienne amenée par Berlustucru et comparses) :

"Ils s'assirent dans les petits fauteuils en cuir noir. Les haut-parleurs du wagon diffusaient la voix de Louis Armstrong qui chantait What a Wonderful World. Derrière eux vint s'installer Paco Jiménez de la Frontera, cheveux longs peroxydés et mâchoire carrée dont raffolaient les femmes. Pour l'occasion, le footballeur portait un smoking chatoyant et dessous, un t-shirt en satin blanc. Sa compagne, le sculptural top model de Montopoli di Sabina, Taja Testari, était couverte des pieds à la tête d'une robe d'organdi noir qui voilait son corps nu. (...)

Son coéquipier Milo Serinov, flanqué d'une ex-bimbo de la télé, les rejoignit, laissant derrière lui un sillage nauséabond d'after-shave.

Simona Somaini continuait à babiller en se serrant au bras de Fabrizio et en plaquant ses nichons contre lui. L'écrivain soupçonnait qu'elle faisait tout ça parce qu'elle savait que les droits de La Fosse aux lions avaient été vendus à la Paramount et Dieu sait ce qu'elle espérait."

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Je prends ma plume...

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