Pourquoi est ce que n'est pas taré d'avoir Le goût de courir

Publié le 28 Octobre 2013

Après ma performance (pas top top) d'hier au semi-marathon de Vincennes (je l'ai quand même terminé en 2h11), je repense à tous ceux qui me disent "mais comment tu fais pour aimer courir"?

J'ai l'impression que c'est LE sport, soit adulé comme une drogue, soit totalement incompris.

En fait, tant qu'on n'a pas commencé à courir, on trouve cela chiant (on court après quoi? on est seul, il n'y a pas d'enjeu, de victoire, de score, de règles...). Justement, la course, c'est le sport qui nous met face à nous-mêmes, avec nos propres règles, nos propres objectifs (je voulais faire le semi-marathon en 2h max et c'est loupé). On est seul dans cette démarche, on est dans une bulle à part.

Cela, on s'en rend compte quand on se met vraiment à courir et qu'on en prend un peu l'habitude.

Pourquoi est ce que n'est pas taré d'avoir Le goût de courir

Personnellement, comme j'aime écrire autant que de faire du sport (course et autre), je pense qu'il y a un lien entre les deux. L'un nourrit l'autre, et cela va plus loin que la simple complémentarité entre le corps et l'esprit, le cerveau et les muscles.

En courant, l'imagination court aussi, les réflexions s'enchaînent et des idées viennent. L'esprit se calme aussi et relativise de nombreuses choses qui me prennent la tête.

Inversement, quand j'écris, je ressens un besoin de vivre à fond comme mes personnages et de ne pas rester seule assise sur ma chaise et devant mon ordinateur. L'adrénaline est là et le coeur subit l'enchainement des mots autant que l'enchainement des pas d'une course.

Tous les coureurs ne sont pas écrivains, et vice et versa. Mais la course est un sport non pas vain, comme le pensent de nombreuses personnes qui n'y ont pas encore goûté (ca fait un peu secte, ce que je raconte), mais inspirant.

Je vous joins un article sympa de Rue89 sur la littérature à propos de la course:

C’est un petit livre bleu qu’on a découvert avec beaucoup de plaisir. Dans « le goût de courir », Antoine de Gaudemar a réuni une trentaine d’extraits de la littérature sur le thème de la course à pied.

On passe d’Hérodote qui raconte la bataille de Marathon à Joyce Carol Oates pour qui courir, c’est écrire, dans « La foi d’un écrivain » :

« Courir ! S’il existe une activité plus réjouissante, plus euphorisante qui nourrisse davantage l’inspiration, j’ignore laquelle. Lorsqu’on court, l’esprit file aussi vite que le corps. »

Jean Echenoz décrit, lui, dans « Courir » :

« Il y a des coureurs qui ont l’air de voler, d’autres qui ont l’air de danser, d’autres paraissent défiler, certains semblent avancer comme assis sur leur jambes. Il y en a qui ont juste l’air d’aller le vite possible où on vient de les appeler. »

La juxtaposition des textes force le questionnement : pourquoi court-on depuis si longtemps ? Quel sens donne-t-on hier et aujourd’hui à ce mouvement du corps ?

"C’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Je suis moi-même coureur depuis des années, je cours une heure le samedi et le dimanche.

J’ai vraiment ressenti en courant ce que dit Murakami dans son « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond ». La course est, pour moi, à la fois un moyen de réfléchir et une évasion. C’est un rapport au monde particulier.

Quand on court, on voit des paysages, des plages, des arbres. On entend des bruits qu’on entend pas normalement.

Partout où je vais dans le monde, je cours. C’est une autre manière de découvrir une ville que d’y courir. Je peux comprendre les gens qui, en voyage à New York, vont courir à Central Park ou les touristes qui courent sur une plage de Rio. Je ne pourrai jamais courir en intérieur.

Il y a une dimension intérieure dans la course. C’est un geste stimulant intellectuellement. Personnellement, aussi paradoxal que cela puisse paraître, courir me repose. C’est aussi un sport qu’on peut faire, seul, dans un grand dépouillement. Une paire de baskets suffit.

On ne peut pas non plus oublier qu’on court parce que ça fait du bien. On peut difficilement nier qu’il y a un effet d’addiction à la course. Mais au delà de ça, elle éclaircit les idées."

CA C'EST BONUS

On aborde également le lien entre les femmes et la course. Ou comment se rendre compte que Rousseau n'était décidément pas un homme si emprunt d'égalité (mais il n'était pas le seul à son époque évidemement).

Dans son « Emile », Jean-Jacques Rousseau moque les femmes qui « ne sont pas faites pour courir. » Il ne se contente pas de déclarer les femmes inaptes à la course, il dit aussi :

« Quand elles fuient, c’est pour être atteintes. La course n’est pas la seule chose qu’elles font maladroitement, mais c’est la seule qu’elles fassent de mauvaise grâce : leur coudes en arrière et collés contre leurs corps leur donnent une attitude risible, et les hauts talons sur lesquels elles sont juchées les font paraître autant de sauterelles qui voudraient courir sans sauter. »

Rédigé par t-as-vu-ma-plume

Publié dans #Le Canard se déplume, #Je prends ma plume..., #Exutoire

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COURBET J.L. 28/10/2013 18:45

Tu peux toujours courir pour que je cours !!!
Merci pour cet article...
J'ai toujours eu horreur de la course!!!
Minime, je "faisais" : 6,9 au 60 m.
Cadet: 9,1 au 80 m.
Et mon -pas mal !- record : Junior: 11 s. au 100m.
Après j'ai eu la "trouille de mouru" !
Bisou. C.J.L.